DEBAT SUR L'ETHNISME

J'ai pensé que cette rubrique était nécessaire, parce qu'on m'écrit souvent et q'un débat pour et contre l'ethnisme est salutaire. Vous pouvez m'écrire à ego@ben-vautier.com. Je trie les lettres et Jean-Louis Veyrac ou moi répondrons.

Il s'agit surtout d'un espace théorique.

- 2013-06-16

LE NATIONALISME POUR OU CONTRE ?

LE NATIONALISME
Peut-on opposer un nationalisme réactionnaire et belliqueux à un nationalisme éclairé et pacifique ? Est-il vrai que le nationalisme hitlérien (national-socialiste) différait sensiblement du nationalisme de Léon Blum (chef du gouvernement français sous le Front populaire - 1936), ou encore le nationalisme de Maurice Duplessis de celui de René Lévesque ? Y a-t-il une différence entre le nationalisme de droite et le nationalisme de gauche et l’un serait-il supérieur à l’autre ? Voilà les questions que des lecteurs ont soulevées suite à notre éditorial de la semaine dernière (1).

Ces questions nous plongent au cœur de la « question nationale » quel que soit le pays visé, quelles que soient les forces économiques et politiques en présence et les classes sociales en conflit.

Le nationalisme est une idéologie, un corps de concepts idéologiques et politiques d’origine bourgeoise. Cette idéologie structure la société capitaliste depuis trois siècles, de l’époque du capitalisme marchand vers la fin du féodalisme, puis au cours du capitalisme industriel et financier (XVIIIe au XXe siècle). Comme cette idéologie est quelque peu ancienne, les historiens et les politicologues patentés croient qu’elle a toujours existé et qu’elle existera pour l’éternité.

Le nationalisme est une idéologie et une orientation politique et sociale essentiellement bourgeoise et petite bourgeoise cultivées par ces classes qui sont les chiens de garde médiatiques et intellectuels du régime capitaliste. Le nationalisme, quel que soit le visage qui l’incarne, n’est pas et ne peut pas être une idéologie ouvrière, encore moins une idéologie de la gauche marxiste. Le fait pour les marxistes de reconnaître le droit des nations à disposer d’elles-mêmes jusqu’à et y compris la sécession ne constitue pas un serment d’allégeance au nationalisme bourgeois; il en constitue au contraire le rejet, une façon de tirer le tapis sous les pieds de la bourgeoisie nationaliste et une opposition au sectarisme et aux guerres fratricides nationalistes chauvines.

Historiquement, le capitalisme primitif, sous libre concurrence intérieure, exploitait la classe ouvrière nationale ainsi que différentes catégories d’employés non prolétarisés à l’abri des barrières douanières nationales. Voici que ce capitalisme primitif a connu au cours du XXe siècle une mutation « transgénique ». Le capital privé marchand et le capital privé industriel fusionnèrent, via le système bancaire et le réseau des institutions financières, pour se muer en capital financier, bancaire et spéculatif parasitaire.

Cette mutation fit naître une nouvelle couche sociale sous la forme d’un nouveau contingent de la classe capitaliste qui se décline dorénavant en trois variétés : les capitalistes nationaux marchands, les capitalistes nationaux industriels et les capitalistes monopolistes financiers internationaux. De ce jour, la couche des capitalistes monopolistes financiers internationaux contrôle l’appareil d’État par le truchement d’une confrérie de thuriféraires et de sous-fifres politiques à leur solde.

À CHEVAL ENTRE DEUX MODES DE PRODUCTION
Dans les pays au développement économique retardataire, une couche de compradores, de propriétaires terriens latifundiaires et de capitalistes locaux, sert d’intermédiaire entre les différentes classes sociales – prolétaires, paysans, employés, petit-bourgeois - et les grands capitalistes monopolistes internationaux. Cette structure sociale transitoire, à cheval entre deux modes de production – le système capitaliste national et le système impérialiste international – complexifie l’analyse économico-politique et laisse subodorer qu’une couche de bourgeois nationaux serait anti-impérialiste, alors que ces compradores tentent parfois de faire monter les enchères et jouent une alliance impérialiste contre une autre. Les peuples locaux servent alors de chair à canon dans ces luttes inter-impérialistes pour le contrôle du territoire, de sa main d’œuvre, de ses ressources et de son marché.

Le fait qu’une guerre de rapine pour le partage des zones d’influence entre l’OTAN, Moscou et Pékin se déroule en Syrie ou en Libye ne lui confère pas un caractère anti-impérialiste pour autant, puisqu’une fois les massacres terminés la société nationale contrainte à cette guerre fratricide demeurera sous le joug impérialiste de l’une ou de l’autre alliance, tout comme le peuple syrien (ou libyen, ou irakien, ou égyptien) continuera de peiner pour le compte de l’un ou l’autre de ses geôliers.

C’est la raison pour laquelle les marxistes ne soutiennent jamais un Comité de larbins de ‘libération’ financé par un camp impérialiste (Washington ou Moscou). Nous dénonçons farouchement et sans équivoque toute intervention impérialiste étrangère dans les affaires internes d’une nation qui ne peut espérer que la mort et la misère de toutes ces guerres « humanitaires » sur ses terres.

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LE NATIONALISME A-T-IL UN AVENIR INTERNATIONAL (2em partie) ?
(deuxième partie : Nationalisme bourgeois et internationalisme ouvrier)
20.06.2012
robertbibeau@hotmail.com <mailto:robertbibeau@hotmail.com>


http://les7duquebec.com/2012/06/20/le-nationalisme-a-t-il-un-avenir-international-2em-partie/ <http://les7duquebec.com/2012/06/20/le-nationalisme-a-t-il-un-avenir-international-2em-partie/>


(1) Robert Bibeau (2012). Le nationalisme a-t-il un avenir international (1ere partie)? http://www.politicoglobe.com/2012/06/le-nationalisme-a-t-il-un-avenir-international/ <http://www.politicoglobe.com/2012/06/le-nationalisme-a-t-il-un-avenir-international/>

(2) http://etienne.chouard.free.fr/Europe/ <http://etienne.chouard.free.fr/Europe/>

(3) http://etienne.chouard.free.fr/Europe/ <http://etienne.chouard.free.fr/Europe/>

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LE CAPITAL FINANCIER INTERNATIONAL



Revenons à nos capitalistes monopolistes internationaux qui ne sont pas du tout nationalistes. Ces banquiers et ces requins de la finance ont inféodé l’État national-bourgeois. Ils imposent la réduction des services sociaux visant à assurer la reproduction de la force de travail. Ils réclament l’élimination des taxes et des impôts qui grugent leurs immenses profits. Ils exigent la levée des barrières douanières et imposent un développement économique orienté vers l’exportation pour certains pays, et vers la consommation désordonnée pour d’autres. C’est-à-dire un développement essentiellement mu par les flux de marchandises, de capitaux et de services. Puis, ils placent toutes les classes ouvrières nationales en concurrence les unes avec les autres de façon à réduire mondialement la valeur globale de la force de travail et ainsi augmenter d’autant la valeur globale de la plus-value, source unique de profit.



Les capitalistes frappent si fort pour réduire la valeur de la force de travail – les salaires – et le coût de sa reproduction élargie qu’ils mettent cette reproduction en péril. Ainsi la classe ouvrière mondiale n’a pas d’autre choix que de résister à son extinction. Les révoltes récentes et récurrentes des ouvriers grecs et des étudiants, fils et filles de la classe ouvrière, ne font que refléter cette résistance désespérée.



La petite-bourgeoise subit aussi les affres de la récession et des mesures d’austérité. Parfois cette classe instable en vient à s’associer temporairement à la classe ouvrière, espérant ainsi effrayer la classe capitaliste monopoliste et lui imposer un arrangement intermédiaire à son avantage. Ceci était encore possible avant la grande crise rédhibitoire; ce n’est maintenant plus possible sous la crise systémique du régime impérialiste : la petite bourgeoisie devra bientôt choisir son camp, celui de la réaction et de l’austérité budgétaire pour sauver l’impérialisme, ou celui de la révolution et du socialisme. Pour la classe ouvrière et ses alliés, il importe de rallier de larges détachements de petit-bourgeois dans son camp



Cette évolution inéluctable du capitalisme industriel primitif vers l’impérialisme, que d’aucuns appellent la mondialisation néo-libérale, entraîne la destruction des États-nations comme les différents traités internationaux le laissent entendre, l’Union européenne étant le modèle le plus achevé en ce domaine. Les pseudos analystes financiers, économistes et spécialistes experts comme l’économiste Chouard qui spécule sur l’effondrement de l’euro et l’implosion de l’Union européenne sont des charlatans qui n’ont strictement rien compris à l’économie politique contemporaine (2). L’Union européenne et l’Euro ne peuvent que survivre jusqu’à sa destruction totale par le prolétariat européen.



L’EXPULSION DES RÉCALCITRANTS POUR SAUVER LES MONOPOLES



Il se peut que quelques pays européens récalcitrants soient chassés de la zone euro de façon à donner l’exemple et mâter les pays qui voudraient résister au diktat de Bruxelles. Rien à craindre. Le résultat de la récente élection grecque (juin 2012) n’aura aucun effet sur l’expulsion de la Grèce du cercle de l’Euro. La grande bourgeoisie grecque a voulu, en gagnant ces élections, résister à son expulsion mais comme elle ne pourra livrer un prolétariat grec obéissant et soumis, prêt à payer sans sourciller, ce pays sera expulsé de la zone euro quoi qu’il arrive. Il est impératif pour les pontifes de Bruxelles de faire un exemple retentissant de façon à ne pas avoir à expulser l’Espagne ou l’Italie par la suite.



L’impérialisme européen n’a pas créé l’Union européenne et l’Euro par accident ou innocemment. L’économie politique impérialiste exige le maintien de ces deux instruments et la suppression des dernières barrières nationales bourgeoises en Europe pour amener les capitalistes monopolistes financiers européens au diapason de leurs concurrents de l’ALÉNA états-unienne et de ceux de l’Alliance de Shanghai.



Toute bourgeoisie nationale européenne récalcitrante, abouchée aux aristocrates ouvriers privilégiés, aux ex-communistes défroqués, aux gauchistes illuminés et aux fascistes lepénistes ou autres sera broyée par le rouleau compresseur impérialiste européen qui n’a pas d’autre choix pour survivre que d’effacer les frontières nationales de façon à forger un seul vaste marché européen (500 millions de contribuables) à la dimension du marché concurrent nord-américain (450 millions de consommateurs) ou de celui de la Chine impérialiste (1,3 milliards de producteurs). Sachant que ce dernier bénéficie de l’immense avantage d’exploiter un nouveau prolétariat tout neuf dont l’aristocratie ouvrière est encore embryonnaire.



Dans tout ce brouhaha économique et politique, au cœur des crises de surproduction, des crises monétaires, des crises de crédit et d’insolvabilité des consommateurs des pays riches, à qui on demande de dépenser aujourd’hui le salaire qu’ils ne gagneront jamais demain, les différentes bourgeoises industrielles, marchandes et d’affaires qui œuvrent à l’échelle locale, régionale, ou même nationale, se hérissent, résistent à leur élimination de la scène économique, à la délocalisation de la production, et à leur faillite inéluctable. C’est d’elles que provient cette résurgence rétrograde de voix et de voies nationalistes chauvines dont la mort lente du nationalisme québécois est un exemple.



LA CONCURRENCE INTERIMPÉRIALISTE EST INÉVITABLE



Cette mise en concurrence internationale des contingents ouvriers de chaque État-nation entraîne la délocalisation des entreprises d’une aire nationale vers une autre à la recherche du coût minimum de reproduction de la force de travail. La bourgeoisie et la petite-bourgeoise nationale de chaque pays en crise subit les contre coups de cette désindustrialisation de l’Ouest, garante de l’industrialisation accélérée de l’Est (Chine, Inde, Taiwan, Corée, Bengladesh, Vietnam). C’est alors que ces classes « nationalistes » parasitaires lancent des cris d’alarme à propos de leur « Patrie en danger », invitant le prolétariat « national » à de plus grands sacrifices pour sauver l’économie et les profits des riches attaqués par le grand capital international et leurs États-majors gouvernementaux fantoches.

Le prolétariat dit « national » n’a aucun intérêt à voler au secours de sa bourgeoisie nationale en faillite, sauf de prolonger son propre état d’esclavage salarié, l’agonie du système d’exploitation capitaliste et celui des capitalistes nationaux et de la petite-bourgeoise parasitaire. Tout au long de cet affrontement les aristocrates ouvriers et la petite bourgeoise déguisés en gauchistes s’avancent enveloppés du drapeau national pour porter assistance à leurs capitalistes « patriotes » sur le dos des ouvriers.





Le Plan C de sortie de crise de monsieur l’économiste Chouard s’abreuve de cette eau (3). En amont, il prend sa source dans le processus d’asphyxie de la bourgeoisie nationale et de ses alliées alors qu’en aval il coule vers la petite-bourgeoise cléricale, professionnelle, intellectuelle et altermondialiste – qui trouve emploi et bénéfice chez ses maîtres les « nationaux aux jolis oripeaux » – afin de la mobiliser pour stopper la roue de l’histoire. Au nom du Contrôle de la démocratie et de la Constitution d’origine citoyenne.



Si un jour le petit capital non monopoliste et la petite-bourgeoise cléricale, représentés par le Front de Gauche et par le Front National français, s’approchaient par la magie des urnes un tant soit peu de l’hémicycle du pouvoir – ou si leurs équivalents au Parlement canadien ou encore leur équivalent américain flirtaient avec le Bureau ovale à Washington, dans chacun de ces pays un coup d’État militaire mettrait fin à ces menaces intolérables. Soyons sans crainte, le grand capital monopoliste et bancaire internationalisé veille au grain et cette éventualité ne surviendra jamais.



En conclusion, l’idéologie nationaliste est désormais une idéologie bourgeoise réactionnaire, même si ce sont des « has been » communistes sur le retour, des gauchistes hystériques ou des nationaux-socialistes malveillants qui défendent ce système économique archaïque qui mérite d’être éradiqué et remplacé. Non, il n’y a pas d’avenir international pour le nationalisme quel qu’il soit.



La semaine prochaine - dernière partie : LA QUESTION NATIONALE AU CANADA


MA REACTION (BEN)
TRES BON TEXTE QUI POSE LA QUESTION MAIS DONNE PAS LA REPONSE
LA VOICI

A MON AVIS
voici un texte reçu sur le net de Jean Pierre Hilaire que je trouve bon
« SUR LA NATION »
« Le fait d’aimer sa nation ça s’appelle du nationalisme
Le fait d’aimer sa patrie (un synonyme de nation)
ça s’appelle du patriotisme
Le fait d’aimer sa nation ou sa patrie
n’est pas une preuve de haine de celles des autres.
Nous sommes occitans parce que nous ne sommes pas catalans,
nous ne sommes pas espagnols,
nous ne sommes pas français, nous ne sommes pas italiens,
nous ne sommes pas basques etc …
ils sont eux et nous sommes ce que nous sommes.
Ça s’appelle le respect de la diversité et de la dignité humaine de chacun.
C’est ce qui permet les meilleurs échanges interculturels, inter-ethniques
et donc internationaux.
Et ça s’appelle d’un mot : Ethnisme.
Dans toutes les luttes de libération nationale qui se déroulèrent
ou se déroulent encore, ceux qui luttaient ou qui luttent ne se posent pas la question
de savoir s’ils sont nationalistes ou patriotes.
Ils haïssent un système qui nie l’existence de leur pays et de leur peuple.
Ils sont nationalistes parce qu’ils veulent libérer leur patrie.
Et ils sont patriotes parce qu’ils veulent libérer leur nation.
Libérer le peuple de son pays de quelque chose de
pesant est un acte d’Amour des siens et de soi. »

MAIS VOUS POUVEZ EN LIRE PLUS SUR LETHNISME DANS CE SITE

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- 2013-06-16

POUR SAVOIR CE QUI SE PASSE AU CONGO


DROLE DE MONDE QUI NOUS ATTEND
Si vous cherchez à comprendre de qui se passe au Congo
il faut savoir que
« 36 millions de Congolais utilisent le LINGALA
comme première ou seconde langue,
il est également parlé au Congo-Brazzaville,
en Centrafrique et en Angola,
ce qui peut faciliter les communications vers ces pays.
Le lingala est ainsi une des grandes langues africaines,
bien qu'il soit largement méconnu en dehors du continent.
Le lingala, parlé initialement par les Ngala,
s'est répandu car il était la plus parlée par les militaires et les missionnaires pendant la colonisation belge.
Il a connu son apogée sous Mobutu
car il était la langue du pouvoir et
de la très populaire musique de Kinsasha.
Le SWAHILI, qui compte 10 millions de locuteurs au Congo
mais qui est aussi parlé dans de nombreux
pays d'Afrique de l'Est, a été introduit au Congo
avant la colonisation par le biais du commerce, en particulier
celui des marchands d'esclaves.
Les Kabila ont favorisé
cette langue parlée dans leur région d'origine
et elle est la seule avec le français à figurer
sur les billets de banque.
Le KIKONGO (2 millions de locuteurs) est la langue des Bakongo des deux Congo, en Angola et Gabon. C'est la première langue d'Afrique centrale à avoir disposé d'une grammaire écrite lorsque le royaume de Kongo est entré en contact avec les Portugais en 1645 » (extrait de wikepedia )

MA REACTION :
ON PEUT PREVOIR LES NOUVELLES NATIONS
EN CARTOGRAPHIANT LES TERRITOIRES LINGUISTIQUES
DES PEUPLES EN PRESENCE
CECI DIT L'IMPERIALISME EXISTE ENTRE PEUPLES NOIRES COMME IL EXISTE ENTRE PEUPLES BLANC

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- 2013-06-16

POUR UNE GRANDE BERBERIE LIBRE


UN NOUVEL ETAT EN AFRIQUE : L’AZAWAD
Le Parti de la Nation Occitane prend acte de la déclaration d’indépendance du nouvel Etat du nom d’Azawad par Billal Ag Acherif, Secrétaire Général du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) ce 6 Avril 2012.
Le Parti de la Nation Occitane souhaite que les différentes populations composant cet Etat ( Touareg-Arabes-Songhaï-Peulhs-Dogons ) puissent s’exprimer en toute liberté dans un cadre laïque et démocratique.
Le Parti de la Nation Occitane souhaite qu’une structure de type fédéral se mette en place afin que tous ces peuples puissent s’épanouir dans leurs différences.
Le Parti de la Nation Occitane reconnaît l’Etat de l’Azawad qui représente une brèche dans le stupide dogme de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation en Afrique et souhaite entretenir des relations d’amitié et d’échange avec toute ses composantes.

MA REACTION ;
BRAVO LA FRANCE DEVRAIT FAIRE DE MEME
A LONGUE ECHEANCE C'EST SON INTERET
LES PEUPLES EXISTENT
PREVOIR LEUR ESSORT EST UNE MEILLEURE POLITIQUE QUE DE CHECHER A LE RETARDER

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- 2013-06-16

3 nov 2012 le pays basque

LU SUR LE NET
Le Pays Basque en ligne de mire
Le gouvernement français considère le Pays Basque, artificiellement divisé entre l’Etat espagnol et l’Etat français, avec la plus extrême méfiance.
Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, rejette la création d’une collectivité territoriale basque en France, ce qui dans son esprit serait une prime versée à l’ETA, alors que la majorité des élus, toutes tendances confondues, y est favorable.
La militante basque, de citoyenneté française, Aurore Martin, a été arrêtée par la gendarmerie et livrée à la police espagnole. L’Espagne avait émis un Mandat d’Arrêt Européen à son encontre pour appartenance à Batasuna, mouvement illégal en Espagne mais légal en France. Cette arrestation a d’ailleurs provoqué la colère des élus du Pays Basque.
Alors que l’ETA a renoncé à la violence et que les élections autonomiques au Pays Basque sous administration espagnole se sont déroulées sans violence, c’est un bien mauvais signal adressé aux Basques par les autorités françaises.
Le gouvernement espagnol confronté à la montée de l’indépendantisme au Pays Basque et en Catalogne se crispe et le gouvernement français s’inquiète visiblement des retombées possibles sur son territoire.
Le Parti de la Nation Occitane est en faveur de la création d’une collectivité territoriale au Pays Basque « français » et dans la Catalogne Nord sous administration française pour les Catalans. Le jour viendra où la Catalogne et le Pays Basque de l’Etat espagnol seront indépendants et ces collectivités auront alors vocation à se rattacher à eux. N’en déplaise aux rodomontades de notre ministre de l’Intérieur qui attise l’incendie qu’il prétend combattre.
Le Parti de la Nation Occitane s’associe également à toutes les voix qui s’élèvent pour réclamer le retour d’Espagne d’Aurore Martin dont le seul délit est un délit d’opinion.
3 novembre 2012

MA REACTION
UN PAYS BASQUE INDEPENDANT
ET PROSPERE aALLIE DE LA FRANCE
EST PREFERABLE AS UN PAYS BASQUE
ANTI FRANCAIS ANGOISSE
ALLIE DES USA (ANGLOSAXON )
PREVISIBLE SUR 20 ANS

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- 2010-06-25

LES STATISTIQUES ETHNIQUES EN FRANCE


LES STATISTIQUES ETHNIQUES
Jean-Baptiste de Montvalon et Laetitia Van Eeckhout
Article paru dans l'édition du 02.07.06

Compter les minorités visibles ? A l'inverse de certains pays anglo-saxons, la France s'y est jusqu'à présent refusée, au motif - gravé dans le marbre constitutionnel - que la République ne connaît que des citoyens, "sans distinction d'origine, de race ou de religion". La Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) l'a rappelé, dans un avis du 8 juillet 2005 : si le droit français autorise la collecte de données sur la nationalité et le lieu de naissance d'un individu et de ses parents, il interdit de "recueillir des données relatives à l'origine raciale ou ethnique réelle ou supposée".

La controverse, qui n'agitait guère que les démographes, a pris de l'ampleur à partir de la fin des années 1990, lorsque les pouvoirs publics français - sous la pression des instances européennes - ont affiché leur volonté de combattre les discriminations. En mettant en évidence les failles du "modèle français d'intégration", ce combat a indirectement contribué à nourrir des plaidoyers pour la reconnaissance des minorités dites "visibles". Jusque dans l'outil statistique, où elles sont justement invisibles : "Il existe une source spécifique d'inégalités, qui est liée à l'origine ethnique et raciale. La stratégie française d'indifférenciation compromet l'observation et l'analyse des discriminations", souligne ainsi Patrick Simon, chercheur à l'Institut national des études démographiques (INED).

Le sujet divise au sommet de l'Etat. Dans le prolongement de son plaidoyer pour la discrimination positive, Nicolas Sarkozy s'est clairement prononcé pour le comptage ethnique. "Je n'ai toujours pas compris pourquoi certains trouvent choquant que l'on répertorie en France les catégories de populations selon leur origine. (...) Si l'on refuse de reconnaître la composition de la société française, comment pourrons-nous intégrer ceux à qui l'on nie leurs spécificités et leur identité ! Cela n'a aucun sens !", s'est exclamé le ministre de l'intérieur, mardi 2 mai, lors de l'examen par les députés de son texte sur l'immigration.

Se posant en défenseurs du "modèle républicain", le chef de l'Etat et le premier ministre ont rejeté toute initiative en ce sens. Ainsi ont-ils obtenu, début mars, le retrait d'un amendement sénatorial - adopté par les commissions des lois et des affaires sociales - visant à ce que soit établi "un cadre de référence comprenant une typologie des groupes de personnes susceptibles d'être discriminées en raison de leurs origines raciales ou ethniques". Ce "cadre de référence" devait être destiné à "mesurer la diversité des origines" dans les administrations et les entreprises de plus de 150 salariés. Le débat, qui est intervenu à l'occasion de l'examen du projet de loi sur l'égalité des chances, a tourné court.

Par l'entremise du sénateur (UMP) de Paris, Roger Romani, l'Elysée a fait connaître son veto. Quant aux velléités du ministre de l'emploi, Jean-Louis Borloo, et du ministre délégué à l'égalité des chances, Azouz Begag, qui s'étaient montrés ouverts sur cette question, elles ont été balayées par un arbitrage de Matignon.

Pour freiner ce mouvement, Jacques Chirac peut aussi compter sur Louis Schweitzer, qu'il a nommé à la présidence de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde). Pour l'ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius, le comptage ethnique est une méthode "lourde de risques", parce qu'elle " nourrit une logique de séparation de communautés". "C'est l'histoire de la poule et de l'oeuf", réplique Jean-René Lecerf, sénateur (UMP) du Nord et coauteur de l'amendement sur le "cadre de référence". "Ce sont les discriminations qui nourrissent le communautarisme, et non l'inverse", affirme-t-il.

"Ignorer la réalité des discriminations est un danger bien plus redoutable pour la France que le communautarisme", renchérit Roger Fauroux, ancien président du Haut Conseil à l'intégration et auteur d'un rapport sur "la lutte contre les discriminations ethniques dans le domaine de l'emploi". Pour lui, le testing et le CV anonyme - des "outils majeurs", selon M. Schweitzer - ne sont que des "méthodes détournées", que l'on utilise parce qu'"on ne veut pas regarder la réalité en face".

Certains des plus fervents partisans du modèle républicain en viennent eux-mêmes à douter. "Lorsque le type d'application de modèle conduit à l'inefficacité et fabrique des exclus, je ne suis pas sûr que la fidélité aux grands principes ait un sens", affirmait le premier président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, dans un entretien au Monde du 23 février, où il se montrait ouvert à une forme de recensement par origine ou nationalité, sous réserve de confidentialité.

Le débat est également ouvert au sein des communautés religieuses. Alors que le souvenir des fichiers juifs de l'Occupation pèse lourdement sur ce débat, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Roger Cukierman, s'est dit favorable à l'instauration de catégories religieuses dans le recensement français. "J'estime que nous avons besoin d'informations. L'ignorance est mauvaise conseillère et favorise les préjugés", a-t-il affirmé dans un entretien au Figaro Magazine du 2 juin, tout en précisant que ce "sujet complexe divise la communauté juive de France". A l'inverse, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Dalil Boubakeur, s'est déclaré résolument hostile à une telle réforme : "Vouloir caractériser les gens par leur religion, c'est se tromper de temps et de République."

Président du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), créé le 26 novembre 2005, Patrick Lozès entend pour sa part se définir haut et fort comme "Noir". "Refuser de prendre en compte la population noire dans les statistiques de l'Insee, c'est faire comme si elle ne comptait pas", soutient-il. Si la couleur de la peau apparaît bien comme un facteur de discrimination, les Français d'outre-mer ne semblent pas prêts pour autant à se ranger dans la même "catégorie" que leurs concitoyens d'origine africaine.

Ce sujet très sensible est l'un des obstacles à l'instauration d'un comptage ethnique. Il en existe d'autres : "Quel sort réserver aux métis, dans une société marquée par la mondialisation et le métissage ?", s'est interrogée Bariza Khiari, sénatrice (PS) de Paris, qui redoute, elle aussi, qu'une telle réforme entraîne "une communautarisation de la société". Le projet du Parti socialiste promet la mise en place d'"un bilan de l'égalité" dans les grandes entreprises et les administrations. Mais ce dernier n'intégrerait que "des statistiques en fonction du domicile des salariés".

Compte tenu des fortes résistances et réticences que susciterait une éventuelle réforme, ses partisans revoient leurs ambitions à la baisse. "On ne peut pas aller plus vite que la société", relève Patrick Simon, qui se "contenterait" désormais d'un avis de la CNIL permettant de "systématiser le recueil des données sur le pays de naissance des parents dans tout l'appareil statistique".

Jean-Baptiste de Montvalon et Laetitia Van Eeckhout
Article paru dans l'édition du 02.07.06


À la Une < Société


LIBERTES
La CNIL contre
les statistiques ethniques

"Ce n'est pas une solution pour notre pays", estime son président Alex Türk, en considérant que ce modèle anglo-saxon ne s'inscrivait pas "dans notre vision de la protection des droits en France".
Après avoir auditionné des chercheurs et des responsables associatifs, laCommission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) s'est prononcée mercredi 16 mai contre la production de statistiques ethno-raciales.
"Ce n'est pas une solution pour notre pays", a déclaré son président Alex Türk, en considérant que ce modèle anglo-saxon ne s'inscrivait pas "dans notre vision de la protection des droits en France".
La CNIL estime que l'analyse du prénom, du nom, de la nationalité, du lieu de naissance d'une personne et de ses parents suffit actuellement pour mesurer la diversité, au sein d'une entreprise par exemple, et détecter d'éventuelles pratiques discriminatoires.
"Statistiques de la diversité" et "comptage ethnique"
Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) réclame la mise en place de "statistiques de la diversité". En revanche, de nombreuses associations s'opposent à cela. SOS-Racisme refuse le "comptage ethnique", une mesure qui serait à ses yeux discriminante et stigmatisante.
En février dernier, plusieurs universitaires et chercheurs ont lancé une pétition contre les statistiques ethniques, qu'ils jugent "inutiles" et "dangereuses".
Le nouveau président Nicolas Sarkozy estime pour sa part que "les statistiques de la diversité sont une manière d'appréhender la réalité de la discrimination". Dans un réponse adressée au CRAN avant son élection, il les jugeait "nécessaires et utiles (...) dès lors qu'elles sont basées sur le volontariat des personnes interrogées et que toutes les garanties d'anonymat sont données". (AP)

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- 2009-08-30

VIVE LE PEUPLE ROM



LES ROMMS OU SI VOUS PREFEREZ LES GITANS
En Italie on se livre à des pogroms, en Tchéquie on fait campagne en proposant la « solution finale », un peu partout en Europe centrale et Orientale on place les enfants rroms dans des écoles pour handicapés mentaux, en France on déchire les tentes de familles qu'on met dans la rue, maintenant, au tour de l'Irlande du Nord, où epuis quelques jours, des groupes extrémistes prennent pour cible des familles rroms
originaires de Roumanie. Où va l'Europe ? Adolf Hitler avait un projet européen. Aux lendemains de la Deuxième Guerre Mondiale les Etats européens ont mis en route
l'Union européenne justement pour éviter le retour de ce projet-là. Il est encore temps pour éviter ce retour.
La voix des Rroms appelle les institutions européennes à adopter rapidement le Statut-cadre des Rroms dans l'Union européenne , proposé par le Réseau rrom des activistes sur les questions juridiques et politiques (RANELPI)*. L'adoption immédiate de ce statut-cadre qui vient de recevoir l'appui de la présidence de l'Union rromani internationale (ONG à statut consultatif auprès de l'ONU) et sa mise en œuvre devient désormais une urgence.

* le projet du Statut-cadre est disponible en anglais, français,
hongrois, italien, polonais et roumain sur le site
http://www.rroma-europa.eu <http://www.rroma-europa.eu/>

LIEN : ...

- 2009-07-25

QUESTIONS QUE JE ME POSE

CETTE REPETITION D'ANALYSE SCHEMA EQUATION
DOIT ME SERVIR A DEMONTRER QUE ON NE PEUX ACCORDER AS UN PEUPLE CE QU ON REFUSE AS UN AUTRE
ET QUELLE DEVRAIT ETRE VALABLE POUR
LES 3000 AUTRES MOUVEMENTS DE LIBERATION PARTOUT DANS LE MONDE
MAPOUCHE - ASSAM - TAMOULS ETC ETC

CECI ETANT :
EN PARTANT DU PRINCIPE QUE NOUS CHERCHONS TOUS A AVOIR POUR RESULTAT LE MOINS DE MORTS POSSIBLES DUS A DES CONFLITS ENTRE NATIONS (COMMUNAUTES HUMAINES)
VOYONS UN PEU TOUT CE QUI POURRAIT CONTREDIRE CE SHEMA
JE VAIS PROCEDER PAR QUESTIONS ET DOUTES
ET POUR COMMENCER
UNE SERIE DE QUESTIONS/ QUE J'AURAIS AIME POSER A FONTAN 50 ANS
APRES SA REDACTION DELA THEORIE ETHNISTE
ET QUE JE ME PROPOSE DE POSER
AUX FONTANIENS :
HILAIRE, RAISSERE, VEYRAC BARRAL

QUESTION
Pour éviter des conflits après la deuxième guerre mondiale
il fut décidé qu'on ne toucherait
pas à l'intégrité des Etats Nations c'est-à-dire à leurs frontières.
Est-ce que cela fut une bonne chose ou une erreur
N'aurait-il pas été préférable de proposer un droit à l'autodétermination par référendum de toute population linguistique sur son territoire ?

QUESTION
Nous sommes d'accord sur le fait que les langues et cultures existent et aussi leur droit imprescriptible à l'autonomie mais
la refonte des frontières étatiques, comme le proposait Fontan, est-elle un passage obligatoire ?
Ne peut-on pas concevoir une situation de libération des peuples à l'intérieur des frontières actuelles
à partir d'accords internationaux pris dans le cadre de regroupement des Etats nations (fédération Europe etc)
et par la réalisation d'une charte des droits des peuples etc

QUESTION
Que fait-on en ce qui concerne l'envie de retour de populations sur des territoires linguistiques qui leur appartenaient ?
est-elle légitime ? qui décide ?

QUESTION
Si l'explication suivante : 90% de tous les conflits ethniques
découlent de rapports de forces (impérialisme) entre nations (peuples et langues) la solution ne serait-t'elle pas l'observation stricte dune charte des "droits de l'homme" qui prendraient en compte le droits des peuples ?

QUESTION
A quel moment décide-t-on si un peuple a le droit
de revendiquer son autonomie face à une situation d'assimilation qu'il a subie et qui semble pour le dominant réussie ?
Exemple : l'Occitanie doit-elle se considérer comme assimilée ?

QUESTION
François Fontan semble avoir réalisé en 1962 une théorie arrêtée de la situation d'un monde composé de peuples et langues distincts oeuvrant chacun pour leur survie.
Il a nommé cette théorie "ethnisme".
Ma question sera : 50 ans après
cette vision arrêtée est-elle toujours valable ou est ce que la réalité de la mondialisation avec internet, transport, les flux migratoires, le communautarisme la rende caduque ?

QUESTION
L'USAGE DE L'ANGLAIS
Pourquoi l'anglais gagne-t'il du terrain sur les autres langues ?
Est-ce parce que l'espèce humaine sent la nécessité d'une ou de plusieurs langues de communication internationale ?
Est-ce parce que c'est une langue qui s'impose d'elle-même parce que pratique etc ou bien s'impose-t'elle parce qu'accompagnée d'une puissance militaire ? Si c'est la dernière option qui prévaut, l'Anglais ne représente-t'il pas une facette de l'impérialisme ?
Faut-il combattre l'Anglais ou être pragmatique et se dire :
on n'y peut rien il faut laisser faire.

QUESTION (DEMOGRAPHIE ET TERRITOIRE)
Que fait-on en ce qui concerne les territoires sous-peuplés
et d'autres territoires surpeuplés ?
Exemple - surpopulation au Bengladesh
et - sous population en Australie
Y a t'il droit légitime d'immigration
et si cette immigration était refusée
est-ce une forme d'impérialisme ?

QUESTION (LOI DU PLUS FORT)
Sommes-nous dans un monde
qui est et sera toujours régi par la loi du plus fort ?
Et si cela est le cas les peuples faibles sont-ils voués à disparaître par la force des choses ?
Et dans ce cas, si la force des choses représente l'impérialisme,
c'est-à-dire la disparition du faible par le plus fort,
n'y a t-il pas justification de la guerre
même violente du plus faible pour survivre
et du plus fort de le conquérir ?

QUESTION
Dans la mesure où la situation humaine sur terre
est composée de milliers d'engrenages de dynamiques de survie : nations - langues - cultures - climat - économie - argent - - flux migratoires-, pétrole - armement - la puissance nucléaire
Mafia - Camorra -etc
tous reliés entre eux,(les dents des engrenages des uns entrant dans les dents des engrenages de l'autre)(voir dessin)
ma question sera : cette situation d'engrenages ne rend t'elle pas les situations de guerre inévitables ?
Exemple : Le génocide au Rwanda, engrenage de survie de l'ethnie française.

QUESTION
En ce qui concerne la situation des peuples présents aujourd'hui sur le territoire hexagonal de l'Etat Nation France, bien qu'il manque des statistiques pour tirer des conclusions précises, la question que je me pose est : vu leur poids démographique et si nous acceptons le point de vue de Fontan que tout peuple ou partie de peuple a le droit de gérer son destin culturel sur son territoire linguistique, un jour prochain
Sera t-il ou pas légitime de considérer une revendication territoriale de la communauté Arabe ou Berbère d'une partie du territoire de l'hexagone comme légitime ?

QUESTION
La vision de Fontan supposait après la période des grandes invasions une sédentarisation des populations (des peuples) sur des territoires linguistiques stables.
Ma question est : et si Fontan s'était trompé ? et que pris dans un engrenage climat, moins d'énergie, surpopulation, crise économique nous ne soyons aujourd'hui qu'au début d'une nouvelle période de grandes migrations ?

QUESTION
Peut-on déceler et appeler impérialisme inconscient un flux migratoire de populations fuyant une situation économique désastreuse issue d'un colonialisme impérialiste passé et s'installant sur le territoire de populations autochtones qui perdent le contrôle de leur identité au profit de ces nouveaux migrants ?

QUESTION
Y a t'il impérialisme condamnable lorsqu'un peuple ayant subi un effet colonialiste est obligé d'immigrer, de quitter son propre territoire linguistique (flux migratoire)
pour survivre économiquement ?

QUESTION
La langue et la culture Occitane, presque entièrement assimilées et détruites par la langue et la culture française pourraient-elles un jour être menacées de disparaître au profit de la culture Arabe ?

QUESTION (DROIT A LA DIVERSITE CULTURELLE ?)
Quel rapport entre art contemporain et ethnisme ?
Au premier abord on pourrait croire qu'il n'y en a pas
pourtant si on part du principe qu'en 2008 est à considérer
comme art contemporain le produit des innovateurs de tous
peuples en vie sur cette terre (Claude Lévy Strauss) en étudiant et en inventoriant la situation
par exemple d'une ethnie Papoue ou Indo Européenne,
il faudrait reconnaître comme art contemporain le produit novateur pour ce peuple, pour sa propre culture, de tous les peuples.

QUESTION CULTURE ET ETHNIE
Dans la mesure où on définit et rattache la notion de "culture" à celui de "recherche d'un bien être"
le lien entre culture et ethnisme devient apparent.
Ma question sera donc :
n'y a t-il pas impérialisme culturel répréhensible de la part d'un Etat nation
s'il refuse ?

QUESTION
Dans la mesure où Fontan n'avait pas prévu les flux migratoires,
quelle aurait été sa solution lors de situation telle que celle des Tamouls du Sri lanka ?
Aurait-il opté pour l'expulsion, l'intégration, l'assimilation ou le communautarisme ?
ou le droit à l'indépendance sur leur propre territoire linguistique

QUESTION
Si dans le cadre de ce monde en changement (climat, flux migratoires etc )
la règle de la survie pour sa propre communauté (langue et culture) restant une donnée primordiale ;
se peut-il qu'à un moment, consciemment ou inconsciemment, peu à peu, l'espèce humaine change son optique humaniste pour adopter une vision plus darwinienne
incluant, au nom de la survie, le droit de génocide envers son ennemi ?

QUESTION
Si demain, à cause du changement climatique
il s'avérait nécessaire et urgent de déplacer la population du Bengladesh soit 20 millions d'habitants
et que la solution la plus simple fut de les transférer en Australie mais que l'Australie refusait leur installation sur leur territoire, l'attitude de l'Australie pourrait-elle être considérée comme impérialiste ?

QUESTION (SUR LE PRAGMATISME)
Certains croient qu'une alternative à l'impérialisme est le pragmatisme c'est-à-dire une politique internationale essayant de se débrouiller pour survivre "en faisant avec"
Ma question est : le danger du pragmatisme en politique internationale
n'est-il d'être incapable de prévoir une stratégie à longue échéance ?

QUESTION
La charte des Nations Unies et la charte de l'Unesco stipulent toutes deux que tous les individus du monde ont des droits inaliénables leur permettant de parler leurs langues et d'appartenir à des associations défendant leurs cultures etc
Pourtant, bien que la majorité des Etat nations, pour faire partie des nations unies et de l'Unesco ces nations aient signé ces chartes, ils refusent de les appliquer pourquoi ?

QUESTION : CARTES
François Fontan a tracé entre 1958 et 1962 ses cartes et les frontières entre nations à partir de ses lectures d'ouvrages dans la bibliothèque de Nice. Entre autres à partir de l'ouvrage "langues du monde" de Millet. Ma question est "si Fontan était en vie et travaillait aujourd'hui avec l'internet et google n'aurait-il pas amélioré ses cartes ?
Si oui ne peut-on pas entreprendre ce travail à sa place ?

QUESTION : SEXE
La nature n'a pas mis des barrières sur le plan de l'attraction sexuelle
entre groupes ethniques humains. Une femme Dogon peut être attirée sexuellement, tomber amoureuse et copuler avec un Norvégien (valable pour tous les ethnies)
Ils auront un enfant mais cet enfant aura une mère parlant le Dogon et un père parlant le norvégien
Cela ne donnera pas une troisième langue
mais un enfant avec la connaissance du Dogon et du Norvégien.
La question est : ce métissage naturel va-t-il à l'encontre de l'ethnisme ?

QUESTION
Quand il y a crise économique cela produit-il un resserrement des liens entre les individus d'une même communauté ou au contraire un phénomène de survie individuelle (chacun pour soi)?

QUESTION
La réalité des flux migratoires met-elle en question la théorie ethniste ou la renforce-t'elle ?
ou encore on maintient l'ossature mais avec des amendements (urbanisme et flux migratoires) ?

QUESTION
Dans la mesure où l'instinct de survie des peuples adopte, pour ne pas disparaître, d'autres stratégies que la lutte armée, ne peut-on pas considérer que certains peuples, (tout en défendant le plus possible leurs personnalité langue, culture, etc) opte pour une forme d'intégration et d'assimilation ?

QUESTION : COMMUNAUTARISME ETHNIQUE
Face à la situation actuelle que je définirais comme du "pragmatisme impérialiste"
face à la rigidité schématique de "l'ethnisme" de Fontan (langue, frontière, peuple)
ne pourrait-on pas imaginer que nous nous dirigeons plutôt vers un "communautarisme ethnique "
c'est-à-dire de respect de la diversité et des identités partout dans le monde
solution que l'ONU, rédigerait, réclamerait et imposerait ?

QUESTION
Dans la mesure où il ne faut pas se faire d'illusions :
aucune solution communautariste ne résoudra, comme avec une baguette magique,
l'antagonisme entre communautés,
ma question sera : ne faut-il pas opter pour
pour des assises mondiales "de la population "ou "des peuples"
assises qui définiraient une politique mondiale des populations et des peuples
contenant une suite de règlements et sanctions
a) sur leurs territoires linguistiques
b) en situation d'immigrés ?

QUESTION
suivant la façon dont on interprète ce qui se passe dans le monde (puissances militaires et puissances économiques des uns par rapports aux autres etc)
on peut aujourd'hui en conclure que sur les derniers 100 ans l'impérialisme (la loi du plus fort) reste présent et gagne même du terrain.
En ce qui concerne, par exemple, le rapport entre économie et "croissance économique"
il est facile de le démontrer.
Ma question sera donc :
dans la mesure où il y a toujours dépendance économique
d'un peuple par rapport à un autre, peut-il y avoir "croissance" des uns sans impérialisme ?

QUESTION
Tout en restant attaché à l'idée qu'il faut déceler et combattre toutes les oppressions et tous les impérialismes, cela ne m'empêche pas de poser la question :
l'impérialisme est-il inné à l'homme ?
et, question encore plus perverse :
Est-ce que combattre l'impérialisme n'est pas une autre forme d'impérialisme ?

QUESTION
Dans le cadre d'un monde darwinien
ne vaut-il pas mieux accepter la loi du plus fort ?

QUESTION
OK Il y a des minorités qui, partout dans le monde, se réveillent,
qui se battent, et même pour certaines, conquièrent leur indépendance
Cela entend-t'il que l'impérialisme perd
ou que tout est pour le mieux dans un monde de lutte où le plus fort gagne toujours ?

QUESTION
L'histoire montre qu'il y a des peuples et des ethnies (langues) qui ont disparu
certains après s'être battus pour survivre, d'autres pour ne pas s'être battus ont été éliminés et ont perdu leur territoire.
Ma question sera donc :

QUESTION
Quelles prévisions en politique internationale pour les prochains 20 ans - 50 ans - 100 ans ?
Toute prévision doivent elles entreprise à partir de l'axiome de départ
que nous avons affaire à un monde où les rapports de forces entre individus et ethnies peuples sont la règle. ?

QUESTION
Quand on se met à disséquer, autopsier les notions et politiques d'intégration de communautarisme, d'assimilation, de nationalisme,
ne se rend-t'on pas compte qu'à un moment elles contiennent toutes la même chose :l'instinct de survie

CONCLUSION

VOILA JE M'ARRETE
Je pourrais continuer sur des pages
mais je m'arrête
Tout en restant ethniste pour le droit des peuples à gérer leur propre destin.
j'opte pour le communautarisme

LIEN : ...

- 2008-08-07

LETTRE RECU DE JEAN LOUIS VEYRAC JUIILET 2008

JEAN LOUIS VEYRAC m'écrit
ET JE ME PERMET DE RENTRER SA LETTRE SUR CETTE RUBRIQUE PARCE QUE JE LA TROUVE PATIONANTE

CHER BEN
Enfin une petite place dans la constitution française pour les langues régionales
ce n'est pas trop tôt mais les projets du gouvernement ne s'inscrivent pas vraiment dans le sens de la protectio du patrimoine ; dans l'éducation il est question desupprimer au Lycée les enseignements subalternes notamment celui des langues régionales !
Le démantèlementde l'audio visuel public au profit des opérateurs privés ne peut que porter préjudice aux émissions en langue régionale (Vaqui, Viure al Païs...)

* La Belgique agonise, la Belgique est morte ! Certains députés et juristes Wallons préparent déjà le rattachement à la France, sur le plan juridique. Les plus surpris seront, encore une fois, les politiciens français qui n'auront rien vu venir.
Les logiques impérialistes du début du XIXème siècle avaient amené à la création de la Belgique, la logique des ethnies couplée à l'intégration européenne, auront eu raison de cette monstruosité politico-culturelle deux siècles après. Cela ouvre de magnifiques perspectives pour toutes les ethnies de l'Europe de l'Ouest.

* C'est sûr à 95 % l'aviation Israèlienne va bombarder les sites nucléaires Iraniens, d'ici à l'élection présidentielle Américaine. Cela pourrait arriver pendant les jeux Olympiques, à un moment où l'opinion sera tournée vers Pékin. On va bien sûr vers une crise internationale majeure. En France on pourrait assister à une vague d'antisémitisme pas vue depuis les années Trente. La haine des Maghrébins s'ajoutera à la haine des classes moyennes en voie de paupérisation qui se focaliseront donc contre Sarkozy, lui même d'origine Juive par son père, et qu'on tiendra pour responsable à cause de son rôle (celui qu'il a et celui qu'il croit avoir) dans la politique moyen-Orientale.
Bon été et bien des surprises. Jean Louis

LIEN : ...

- 2008-08-07

euro minority (debat sur le net )

Le débat sur les « langues dites régionales », à savoir les langues minorisées en Alsace, Bretagne, Catalogne nord, Corse, Flandre, Pays basque ou Occitanie … est un film sans fin. On imaginait un épilogue du type « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants… polyglottes. » Mais après un maigre espoir insufflé par les députés qui souhaitaient que les langues régionales fassent partie du patrimoine de la nation, ce que certains appellent la « géronto-génération » siégeant au Sénat en a décidé autrement. Pour prendre une décision pareille, ils ont certainement évalué le pour et le contre. Le pour est simple : « Toutes les langues naissent et demeurent libres et égales en droit. » C'est vrai, existe-t-il des langues supérieures et des langues inférieures, des langues élues et des langues vouées à disparaître, des langues transcrivant parfaitement les principes d'universalité et des langues communautaristes ? Toute personne sensée répondra rapidement à cette question.

Partant du principe que toutes langues sont égales, comment expliquer qu'il existe encore des opposants aux « langues régionales » ?

Pourtant, les pires clichés circulent dans la presse. Peut-être agacé par le récent sondage de Ouest-France, estimant que 68 % des sondés sont favorables aux « langues régionales », une presse très conservatrice, le Figaro, a emboîté le pas, laissant ses colonnes à l'expression des clichés les plus caricaturaux qu'on puisse trouver. Ces interventions, fortement imprégnées de ce qu'on appelle l'anti-communautarisme, ne sont autres que l'expression la plus simpliste d'un nationalisme d'un autre âge. Celui qu'on hait souvent pour son intolérance et sa bêtise, et qui parfois a eu des effets désastreux. L'analyse de différents articles parus dans la presse nationale (Figaro donc, mais aussi l'Express ou le Monde) ces dernières semaines de juin permet de prendre conscience des maigres arguments développés par ces éditorialistes attitrés ou d'un jour.

- Premier argument : les langues régionales ne sont pas des langues mais de vulgaires patois
Lorsqu'on lit Paul-Marie Coûteaux, député européen, proche des milieux souverainistes et villiéristes, on s'aperçoit immédiatement du dédain qu'il exprime envers les langues autres que le français. Relatant ses vacances en Occitanie, il nous dit avoir « assisté un soir d'été à une représentation théâtrale jouée par une compagnie d'amateurs du canton entièrement en patois » (Le Figaro, 24/06/2008). L'occitan est en effet immédiatement qualifié de patois. Pourquoi parlerait-il de langues parce qu'il estime apparemment qu'il ne s'agit que de sous-langues, le terme patois étant utilisé de manière évidemment volontaire et péjorative. Il s'agit souvent d'une façon dévalorisante d'écarter tout débat sur la place des langues régionales dans nos sociétés.

- Deuxième argument : il y a 73 langues minoritaires en France et elles sont trop nombreuses pour toutes les protéger
Le même auteur voit « un autre problème : les minorités linguistiques sont si nombreuses en France, 73 selon le rapport de l'ancien délégué à la Langue française, M. Cerquiligni, que leur protection serait infinie » (Paul-Marie Coûteaux, Le Figaro 24/06/2008). En effet, les opposants aux langues régionales avancent le fait qu'il y aurait 73 langues minoritaires en France, selon le rapport officiel et très contestable de Bernard Cerquiglini. Il s'agit en effet d'une longue liste de langues et de leurs variantes, comme si, pour le français, on comptait les variantes du Québec, et celles parlées en Afrique ou ailleurs. Il s'agit pourtant de la même langue prononcée parfois de manière différente. Un autre rapport, rédigé par Bernard Poignant pour le Premier ministre (Lionel Jospin à l'époque) était plus pragmatique et recensait pour sa part 8 langues métropolitaines : l'alsacien-mosellan (forme écrite allemand), le basque, le breton, le catalan, le corse, l'occitan, le flamand (forme écrite néerlandais) et l'arpitan (appelé franco-provençal), ainsi que les créoles et les langues des DOM-TOM, dont le tahitien et le kanak sont les plus emblématiques et le cas particulier des langues d'oïl. Et qu'importe en définitive, toutes les langues se valent, qu'il y en ait 300 ou 2 !

- Troisième argument : les langues régionales mettent en péril l'unité nationale
Les langues régionales sont vues comme des ennemies à la nation. Le 18 juin dernier l'Académie français sortant de son rôle (la promotion du français) estimait que l'inscription des langues régionales dans la constitution était une atteinte à l'unité nationale française. En effet, les opposants aux langues régionales développent souvent des théories des plus saugrenues sur les objectifs des défenseurs des langues autres que le français. Pour les opposants aux langues régionales, sans caricaturer outre mesure leurs arguments, les locuteurs de langues régionales sont téléguidés par les ethnicistes allemands, eux-mêmes très influencés par les Américains impérialistes n'ayant qu'un seul objectif : détruire la France. Pour preuve Alain-Gérard Slama , éditorialiste au Figaro estime que la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution « serait faire droit à des revendications extrémistes et une poussée de replis identitaires » (Le Figaro 21/06/2008). Arrêtons-là la plaisanterie. Il existe en effet des liens au niveau européen entre les communautés de langues minoritaires. Des échanges de pratiques existent, en termes linguistique (terminologie, lexicographie, mise en place d'observatoires…), et parfois politique. De là, à imaginer que l'Allemagne, rance de son passé peu glorieux, est un modèle pour les communautés minoritaires de France, il y a des limites que la décence ne peut pas accepter.

- Quatrième argument : l'encouragement de la francophonie est incompatible avec la défense des langues régionales
Cette théorie développée dans un article de François Taillandier, écrivain, est pour ainsi dire bizarre. Il prône l'encouragement de la francophonie, en affirmant qu'une « France qui voudrait se relier au monde commencerait par renforcer les liens de la francophonie » (Le Figaro, 24/06/2008). N'est-ce pas déjà le cas ? La promotion de la francophonie est doté de moyens que les langues régionales aimeraient bien se voir attribuer. Même s'il est vrai que les défenseurs des langues régionales, étant souvent francophones, ne s'y opposent pas ? F. Taillandier doit imaginer que reconnaissance des langues régionales serait un frein à la francophonie. Le fait que les francophones défendent leur langue est légitime. En effet, la langue française vaut tout autant que l'anglais, le swahili ou le basque. Elle n'est ni supérieure, ni inférieure. Mais en quoi les langues régionales peuvent-elles nuire à l'épanouissement du français ? Prône-t-il en filigrane l'impérialisme francophone, devant entraîner l'éradication de la pluralité linguistique ?

- Cinquième argument : les langues régionales ne permettent pas de véhiculer la modernité
Cet argument consiste à mettre sur des plans différents le français et les langues régionales. Le français est la langue de la modernité, tandis que les langues régionales sont des langues du passé. F. Taillandier parle des « langues que la modernité [et pas seulement en France] voue à mourir », thèse également développée par Alain-Gérard Slama qui estime que les langues régionales « tendent à décliner, moins par la volonté de l'État que sous le choc de la modernité ». Le premier insiste en estimant que « le comportement de nos élus en cette affaire a donné une pénible impression d'irresponsabilité ». Il enfonce le clou en indiquant que les promoteurs des langues régionales souhaitent accomplir « les rêves pastoraux du maréchal [Pétain] ». Ces propos ne sont pas tenus dans une gazette anonyme d'illuminés mais un journal d'audience nationale, se disant sérieux, à savoir le Figaro. Pas besoin de lire entre les lignes pour comprendre qu'ils souhaitent véhiculer un message des plus grotestes, à savoir que les langues régionales condamnées à mourir ne peuvent pas transmettre la modernité et sont la réminiscence d'idées pétainistes, chose défendue par nos élus qui se laisseraient embarquer dans l'affaire. On croit halluciner !

- Sixième argument : les langues régionales mettent en péril l'apprentissage du latin et du grec ancien
F. Taillandier pose la question suivante : « Donnera-t-on demain au basque, au catalan, au breton ces heures d'enseignement, ces postes que l'on s'obstine à retirer au latin et au grec, deux langues anciennes qui constituent le socle historique et culturel de la maison Europe ? ». Sait-il que l'apprentissage d'une langue régionale stimule l'apprentissage des langues en général ? Est-il un monolingue frustré pour imaginer cela ? Sait-il que les lycéens Diwan obtiennent souvent des résultats au baccalauréat que de nombreuses écoles leurs envieraient certainement.

- Septième argument : il vaut mieux apprendre l'anglais qu'une langue régionale
On nous le répète sans cesse. « Tout jeune Français devrait apprendre une des langues de l'Union, ainsi qu'une des grandes langues véhiculaires [l'espagnol, l'anglais]. » Mais cela n'est pas opposé à l'apprentissage d'une langue régionale. L'apprentissage d'une langue régionale, entretenant des liens avec le territoire, de manière précoce vaut largement la pédagogie désastreuse d'apprentissage de langues étrangères à un âge avancé. Les différentes études menées sur ce sujet, dont celles de Gilbert Dalgalian, spécialiste de l'apprentissage précoce des langue, le prouve largement. Nous savons ainsi qu'un enfant apprenant le breton, le basque, le catalan dans leur région auront plus de faciliter à apprendre une langue d'un autre pays.

- Huitième argument : le français doit être la langue exclusive en France
C'est ce qu'on comprend à la lecture d'Alain-Gérard Slama qui se fait plus direct quand il estime que « l'affaire ne souffre aucune discussion ». Donc ni débat, ni confrontation. Monsieur a raison et c'est tout. Soit, mais comment justifier cela ? C'est simple : pour lui l'Académie française a dit « depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France ». Faux, archi-faux, mensonge historique éhonté. Ces cinq derniers siècles, les langues régionales ont été parlées en France et sur des territoires qui, à cette époque, n'étaient pas français. L'exclusivité du français sur le territoire n'a jamais été le cas.

- Neuvième argument : les langues régionales sont en bonne santé, pourquoi les défendre alors ?
« La demande d'enseignement en breton est forte. Donc pourquoi en faire plus ? » lancent certains détracteurs. Il s'agit évidemment d'un mensonge. Les langues régionales agonisent, sont étouffées par une administration française zélée ne leur laissant aucune place. Les blocages pour l'ouverture de classes sont permanents. Certes, la demande est forte, mais l'offre n'est pas promue.

- Dixième argument : l'Europe veut imposer à la France sa vision de la pluralité
Le plus nationaliste des « écrivains » français s'inquiète a priori que la France puisse se démocratiser. En effet quand il écrit que « faire entrer [les langues régionales] dans la Constitution peut être une porte ouverte vers la ratification de la Charte européenne sur les langues régionales », il a raison. Et nous pourrions lui répondre que c'est un bien. En effet, pourquoi les différents États européens ayant adhéré à l'UE ont-ils été obligés de signer et ratifier ce texte (souvent sommés par la France de le faire), et que la France pourrait s'en dédouaner ? La France doit respecter les mêmes critères démocratiques que ses voisins ! La protection légale des langues régionales et minoritaires est un droit améliorant le standard démocratique permettant d'atteindre un niveau élevé de cohésion d'une société. Il ne s'agit en rien d'un élément de division, mais plus de cohésion euopéenne. L'Europe ne pourra se construire que dans le respect des autres, de leurs différences et des langues pratiquées par les citoyens qu'elles soient nationales ou régionales.

- Onzième argument : la France est une exception culturelle
Si on suit ce raisonnement, cela veut peut-être dire que la France ne peut pas suivre la vague de démocratisation déferlant sur le reste du monde, car ses coutumes et ses dogmes l'en empêchent. En effet, si l'exception culturelle prônée par les détracteurs des langues régionales empêche toutes avancées en matière de reconnaissance de la diversité culturelle, peut-on estimer que la France est un modèle universaliste ? Après en avoir fait l'expérience, lorsqu'il arrive de discuter avec un Allemand, un Italien ou un Chinois de cette exception française, ils rient, bien évidemment. Ils répondent tout simplement qu'ils sont aussi une exception car, qu'il s'agisse des peuples majoritaires ou minoritaires, chacun a ses particularismes culturels. La France n'est donc pas une exception. Elle crée son exception. Les plus beaux discours peuvent être tenus quant à la survie des peuples premiers (le musée du quai Branly à Paris en est la preuve formelle), mais s'ils ne s'appliquent qu'à l'extérieur, n'est-ce pas des incantations sans fondement ? Le conseil constitutionnel estimant que le concept de minorité n'existant pas sur le « sol français », la défense des langues minoritaires n'est par conséquent pas possible. C'est le cas surtout depuis 1992, lorsque pour s'opposer à l'anglicisation de la société, les parlementaires ont ajouté à la constitution l'article 2 stipulant que "le français est la langue de la République", principe s'étant retourné immédiatement contre les langues régionales. Les parlementaires avaient pourtant fait la promesse que ce ne serait pas le cas.


L'attitude qu'on peut qualifier de sectaire, pour rester gentil, des défenseurs exclusifs du français est honteuse. Leurs arguments sont caricaturaux, faux et méprisants. Il rappelle le plaidoyer de Marine Le Pen contre les panneaux bilingues en Bretagne, estimant que le rôle de la France est d'assimiler les populations au détriment de leurs origines et de leurs langues. En les lisant, on a l'impression que la langue française est supérieure aux autres langues. Le français n'est pas la seule langue parlée en Bretagne, au Pays basque, en Catalogne nord, en Alsace ou en Corse... Des locuteurs de langues minorisées veulent les parler, qu'elles soient enseignées et officialisées. Comment, au moment où l'ONU a décrété l'année 2008 Année mondiale des langues, de tels comportements peuvent-ils encore exister ? Espérons, comme le montrent les récents sondages, que les citoyens européens soient plus ouverts d'esprit que ces derniers spécimens d'une autre époque. Ces raisonnements écœurants ne peuvent qu'amener les Alsaciens, Basques, Bretons, Catalans, Corses, Flamands ou Occitans a ne plus croire dans ce modèle fait de mensonges, de mauvaise fois et de mépris.

(Eurominority)

LIEN : ...

- 2008-06-28

AUTRES COURRIER RECU (POR LE DEBAT )

COURIER SUR LE SUJET RECU DE PHILIPPE

Cher Ben,
Le paragraphe de ton texte traitant de l'Atlas du terrorisme me rappelle à
quel point chacun ramène l'explication du monde à ses propres obsessions,
l'altermondialiste expliquera les guerres par l'impérialisme, l'écologiste
par la quête du pétrole, l'économiste par les inégalités, sans parler de
tous ceux qui mettent en avant la religion ou le racisme.
Pour ma part je crois que "l'imprégnation" est la base de nos conflits,
(Cyrulnik en a très bien décrit la nature, nous signifiant que les actes des
animaux, et donc de l'humain, sont le produit des imprégnations acquises au
débuts de chaque vie): fanatisme religieux mis en scène dès la naissance,
obsessions identitaires savamment exploitées, mémoire des différences
systématiquement perpétuées.
Toutes nos faiblesses et nos infériorités doivent trouver une explication et
c'est dans ce terreau, nourri par l'imprégnation, que se développent dès
l'enfance les motifs de nos haines collectives.
La langue n'est alors qu'un vecteur, rien de plus...
(Les régimes totalitaires le savent bien, qui sont obsédés par le contrôle
et la structuration de la pensée des plus jeunes...)
Plutôt que de réaliser un parallèle un peu réducteur entre la géographie des
langues et le terrorisme, il serait plus intéressant de se demander quels
types d'"imprégnations" habitent les peuples et pourquoi, en les
confrontant, elles conduisent au terrorisme ou la guerre...Ce serait le vrai
Atlas à faire...Je ne souhaite pas me définir par ma dose de totalitarisme mais si tu
exposes à Paris, je me signalerai bien volontiers,Amitiés Agnes Ameller <agnes.ameller@wanadoo.fr>
Philippe
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COURIER RECU DE CLAUDE SICRE

Bonjour,
Je vous ci joins l'entretien intégral que Mme la Ministre de la culture a donné à la Dépêche du Midi (qui n'en a passé qu'une partie le 1er juin) pendant le Forom des langues de Toulouse. C'est une énorme avancée, dans le dire du moins. Si la distinction que nous faisons entre patrimoine directement national et patrimoine national parce que régional est comprise, ce peut devenir une politique pour la France sur ce sujet, renvoyant régionalistes autonomistes et centralistes aux extrêmes. Vous trouverez aussi dans ce courrier, la dernière mouture (2007) de notre proposition ainsi qu'un texte intitulé "les conséquences de ce choix".

Claude Sicre Carrefour Culturel Arnaud-Bernard
5, rue Arnaud-Bernard 31 000 Toulouse
tel 05 61 12 11 16 MERCI DE NOUS RÉPONDRE À : carrefourculturel@arnaud-bernard.net ET DE TRANSFERER A VOS CONTACTS.

QUESTION 1 :
L'assemblée nationale a voté le 22 mai, un amendement à l'article 1 de la Constitution de la République disant que "les langues régionales appartiennent à son patrimoine". Il y a deux façons d'entendre cette phrase. Celle qui est retenue par tous, qu'ils soient pour ou contre les langues régionales, à savoir que ces langues sont des langues de régions françaises et donc appartiennent à ce titre, au patrimoine français. Mais il y a une autre façon d'entendre, radicalement différente, celle du Forom des Langues de Toulouse, qui dit que ces langues ne sont pas régionales, qu'elles n'appartiennent pas à des régions, mais qu'elles sont directement "nationales", parce qu'elles ont marqué indélébilement la langue et la culture française, comme la langue/culture française les a indélébilement marquées, qu'elles sont donc la propriété de tous les Français. Comment réagissez-vous à cette distinction ?

REPONSE DE MME LA MINISTRE DE LA CULTURE
Toute réflexion sur les langues implique d'emblée l'image qu'on se fait de la France, de l'identité nationale, de la citoyenneté. Il suffit d'entendre les points de vue qui s'expriment dans le débat en cours. Les langues des Français sont un élément essentiel du patrimoine national, la position de l'État est constante sur ce point. Le breton n'appartient pas seulement à la Bretagne, ni le basque au seul Pays-Basque. Ce sont les richesses indivises de la Nation tout entière : pas de « régionalisme » en la matière. Tout le monde considère Saint-Sernin ou la cathédrale de Strasbourg comme notre bien commun. Il ne viendrait à l'idée de personne que ces trésors du patrimoine matériel ne concernent que les catholiques, ou seulement les Toulousains, ou les Strasbourgeois... Eh bien, il en va de même avec ces réalités immatérielles que sont l'occitan et l'alsacien. C'est un patrimoine national, et une force vivante quoique menacée. A ce titre, l'État a une responsabilité de premier rang dans la valorisation et le développement des langues dites régionales. C'est pourquoi, au nom du Gouvernement, j'ai annoncé le 7 mai dernier à l'Assemblée nationale qu'un projet de loi serait déposé, qui concernera leur présence dans l'enseignement, les médias, la culture et les services publics.

QUESTION 2 :
La proposition du Forom des Langues de Toulouse est issue de cette distinction. Si les langues/cultures de France sont considérées comme patrimoine directement national, cela peut rassurer ceux qui ont peur des régionalismes, et les réconcilier avec les défenseurs de ces langues. Une initiation à toutes ces langues/cultures, organisée sur tout le territoire de la république, aurait maintes conséquences : tous les Français connaîtraient mieux la langue/culture française, en connaissant mieux ses affluents historiques ; ces langues/cultures leur appartiendraient, et on ne pourrait pas opposer un sentiment national à un sentiment régional ; cela renforcerait l'unité nationale, contre les particularismes ; enfin cela pluraliserait la vie culturelle dans tous le pays. Le Forom des Langues de Toulouse affirme que c'est une sortie par le haut de ce problème. Qu'en pensez-vous ?

REPONSE DE MME LA MINISTRE DE LA CULTURE
Je retiens la belle idée que les langues-cultures de France - deux notions en effet indissociables - sont les affluents historiques de la culture française globalement considérée. Même si ...elle n'est pas encore partagée par tous, cette vision ouverte et généreuse est bien conforme à la réalité. Elle nous conduit à changer le regard que nous portons sur nous-mêmes. Si nous savons accepter l'apport de ce qui se dit depuis des siècles en corse, en créole ou en flamand, ne pas y être sourd et reconnaitre à quel point cela nous façonne en tant que Français, nous verrons combien l'idée selon laquelle on ne peut être français que sur un seul modèle est fausse et appauvrissante. Nous nous découvrirons une identité faite d'altérité, riche et rayonnante, une identité qui est une pluralité interne. Une initiation à la pluralité des langues et des cultures de France aurait pour avantage de casser l'image parfois unidimensionnelle de la culture française, si éloignée de la vérité. J'aimerais qu'on puisse accomplir sa scolarité en France en ayant entendu parler du Barzaz Breiz, des poèmes créoles de Gilbert Gratiant ou de la Nef des Fous de l'Alsacien Sébastien Brant. Il faut dissiper les ignorances qui font les faux débats. Quand, il y a quelques années, la musicienne finnoise Kaija Saariaho et le poète libanais Amin Maalouf créent ensemble “ L'amour de loin ” au festival de Salzbourg à partir du troubadour Jaufré Rudel, c'est pour la plus grande gloire de notre pays qu'ils rendent hommage à la modernité d'une lyrique occitane qui rayonne sur l'Europe depuis le XIIe siècle. Je l'ai dit devant les députés : le grand chant national est un chant à plusieurs voix. Il est temps de le reconnaitre : la France, si elle est politiquement une, est culturellement plurielle. Cela me semble propre, en effet, à briser les particularismes de repli et à renforcer le sentiment national.

Proposition de nationalisation des langues/cultures de France.
Deux courants de pensée antagonistes se trouvent objectivement alliées pour faire que l'État se désengage de toute responsabilité quant aux langues/cultures indigènes de son territoire, et prônent l'idée que c'est aux régions seules de s'en occuper : 1) l'idéologie française régnante, celle du centralisme et de l'unitarisme, qui croit ainsi se débarrasser du problème ; cette idéologie, qui organise et donne ses contenus à la culture française depuis plus de cinq siècles, à tel point qu'on ne la voit plus et qu'on la prend pour la nature des choses, commence à décliner face à la montée du démocratisme et du pluralisme mais, se faisant par ailleurs la championne de valeurs (unité, égalité, laïcité, solidarité) auxquelles sont attachés les Français, elle peut longtemps encore prolonger son règne ; 2) l'idéologie des militants régionalistes ou nationalitaires, politiques ou culturels, désireux de prendre la France en sandwich entre l'Europe et les régions, voire, pour certains,
désireux de constituer des région/états autonomes ; ces régionalistes s'appuient sur un juste constat, celui du multiséculaire mépris de l'idéologie française pour les langues/cultures indigènes de France (et au-delà pour les accents et tout ce qui sort du moule), et défendent des valeurs (démocratie, pluralisme) auxquelles les Français s'attachent de plus en plus. Les uns nient, au nom de l'unité nationale, toute pluralité culturelle interne (vantant la « diversité » pour le reste du monde) ; les autres, au nom de la « diversité » culturelle, en viennent à remettre en cause la solidarité nationale. Les uns et les autres ont quelques chose en commun : ils confondent l'ordre culturel et l'ordre politique (« une nation, une langue ») (comme autrefois « un royaume, une religion »), et savent si peu ce que la langue est à la pensée qu'ils placent la culture et les œuvres derrière la langue de communication. Leur débat occupe tout l'espace, comme s'il n'y avait pas d'autre voie. Il y a une autre voie : la meilleure. Pour la connaître, il suffit d'écouter le peuple français : il veut l'unité politique, il veut la pluralité culturelle. Et cette volonté - que lui donne son intuition - retrouve l'argumentation des esprits les plus éclairés en ce domaine : - les langues/cultures indigènes de France ont participé de façon déterminante à la construction de la langue/culture française, de la pensée française, de l'identité française ; sans éducation aux langues/cultures indigènes, on comprend mal la langue/culture française, on ne
comprend rien à ce qu'est la pensée et l'identité française.
- non seulement la langue/culture/identité française est, ainsi, mal comprise, mais elle est condamnée au déclin si meurent les langues/cultures indigènes. Car le déclin actuel de la culture française ne vient pas d'attaques extérieures, comme se plaisent à penser les idéologues (« c'est la faute à l'autre »), mais du fait qu'elle a de moins en moins d'affluents intérieurs, parce que le centralisme a toujours essayé - réussissant en partie - d'éradiquer tout esprit d'initiative ou d'entreprise qui ne partent pas de son nombril et, partant, de tuer toute émulation. Sans les langues/cultures indigènes, sans réservoir d'inventions issues d'ailleurs
internes, c'est-à-dire sans le peuple dans sa pluralité, la culture française se retrouve, avec ses cocoricos subventionnés (élitisme) et ses mythes cocardiers (populisme, nationalisme), désarmée face au mouvement du monde ; - inversement, la langue/culture française a marquée indélébilement de ses œuvres,
de ses valeurs, toutes les langues/cultures indigènes de France, et on ne comprend rien à leur histoire si on ne connaît pas ce rôle de la langue/culture française ; - mais il y a plus : sans conscience de la nature de leur relation avec la culture française, sans projet de relation avec elle, ces langues/cultures sont sans avenir : on peut le voir dans les utopies des tenants de la « diversité » et du régionalisme, où ces langues/cultures, coupées de leur histoire qui est à la fois celle de leur négation par l'unitarisme et de leur affirmation (voire leur éclosion) contre ce même unitarisme, se retrouvent sans emploi alors que leur mission essentielle, celle qui les a fait renaître voire naître, celle pour laquelle elles sont les mieux armées (et seules à être armées), est justementde guérir la France de sa maladie centraliste/unitariste, en tournant contre cette maladie les
valeurs républicaines que la France leur a apprises et en les re-inventant : décentralisation et pluralisme culturel, pour plus de démocratie et plus de république. C'est par leurs œuvres visant à transformer ainsi la France (critique de l'histoire officielle -nationaliste - non pour la remplacer par un petit nationalisme inverse, mais pour servir à la pensée d'une nouvelle épistémologie de la science historique ; critique de la linguistique établie pour servir à une nouvelle pensée de ce qu'est une langue, de ce qu'est le langage, etc. etc.) que ces langues/cultures s'inventeront un avenir. C'est en libérant tous les français du centralisme, c'est en libérant toute la culture française de son carcan unitariste qu'elles se trouveront elles-mêmes*. Notre proposition de nationalisation des langues/cultures de France sort de ce raisonnement et n'a qu'une ambition : faire que plus personne n'ignore ces mouvements de l'histoire et n'en ignore les enjeux. L'État est donc concerné au premier chef. Sa mission : 1. organiser une éducation pour tous les Français à toutes les langues/cultures indigènes de France. Ce qui renforcera la solidarité nationale. 2. organiser, contre la « diversité culturelle » (chacun sa petite langue/culture dans son coin, dans sa « communauté »), l'aventure de la pluralité culturelle (émulation entre les œuvres) qui, libérant toutes les imaginations, mobilisera tous les Français dans l'invention d'un avenir commun. * Nous n'abordons pas dans cette présentation le problème des langues de France dites « minoritaires » (c'est-à- dire les langues étrangères minorisées ou sans statut dans leur pays d'origine - romani chib, arménien occidental,
yiddish, berbères, arabes parlés-) qui, globalement, sont concernés de la même façon. Nous l'aborderons dans la discussion.

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ADDITIF A SON ENCOI DE CLAUDE SICRE PRIMA DE LAS LENGAS
FOROM DES LANGUES DU MONDE

Les conséquences d'un choix
(au sujet de la proposition de nationalisation des langues et cultures de France)
Dans l'état actuel du débat sur les langues et cultures de France, trois solutions:
_ L'État, qu'il considère ou qu'il ne considère pas que les langues indigènes de France (que beaucoup appellent les « langues régionales », cherchant le bâton pour battre ou se faire battre) sont « patrimoine national », ne construit pas de politique positive, répond aux pressions en faisant toujours traîner, en accordant quelquefois des avancées sur le terrain régionaliste puis en revenant en arrière, etc. Auquel cas les régionalismes se renforcent dans leur détermination, sinon dans leur audience. _ L'État considère que les langues régionales font partie du patrimoine national parce que, en tant que langues/cultures appartenant aux regions qui elles-mêmes appartiennent à la nation, elles sont « nationales ».
Et il construit une politique positive dans ce sens, régionaliste. Encourageant sans le vouloir ceux qui veulent, reliant politique et culture, des régions à la catalane (des « nations en devenir »): volonté de prendre la France en sandwich entre l'Europe et les régions, négation des apports de la langue/culture/civilisation
française à tous les Français; _ L'État considère que les langues indigènes de France ne sont pas « régionales », n'appartiennent pas aux régions ni aux gens qui les habitent, mais appartiennent directement à tous les français c'est-à-dire à toute la nation parce que: o leurs apports ont contribué à construire cette nation, cette identité française, o la langue/culture française a contribué très fortement à construire les langues/cultures occitanes, corses, bretonnes, alsaciennes, basques et catalanes de France, etc. Auquel cas tout est renversé.
Il suffit que dans les programmes scolaires et universitaires, dans les programmes des écoles publiques, cette évidence historique soit posée (et bien sûr réfléchie, mise en perspective, débattue dans ses problèmes, construite) pour que: _ 90% des revendications des régionalistes et de défenseurs des langues de France soient satisfaites. _ tous les français, sachant ce qu'il en est de la Corse, de la Bretagne, etc et de leurs langues/cultures puissent o mieux connaître/comprendre la France; o mieux mesurer eux-mêmes la force des apports de ces cultures et, à la fois, mesurer leurs limites. Conséquences:
Au lieu de mettre en doute la France, tous ces gens, militants et sympathisants (plusieurs centaines de milliers de personnes actives, présentes sur leur terrain) vont mettre toute leur énergie à construire la France nouvelle (une politiquement, une dans sa langue d'État, plurielle dans ses langues de culture) Cette pluralité de langues de culture va redonner des affluents intérieurs à la langue/culture française; va contribuer à construire une pluralité de centres de pensée dans tout le pays (grandes villes) réglant le problème du centralisme, donnant un vrai sens à la décentralisation culturelle. Tout cela va renforcer le sentiment national, la solidarité nationale et mettre tout le monde au travail dans l'enthousiasme général. Voilà la nouvelle « frontière » toute cherchée. Toute transformation démocratique et républicaine de la France passe par cette étape.

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COURIER RECU DE KRIGLO QUI ME TRANSMET CE TEXTE DE PIERRE LE ROUX


Pierre Le Roux <per@breizh.net>
A l'heure où la France voulait se positionner internationalement en faveur des droits des Tibétains et se montrer à la hauteur de ce qu'elle revendique d'être (le pays des Droits de l'Homme), une chance historique avait été saisie le 7 mai 2008 de redorer son blason en faveur de ses minorités et plus particulièrement en faveur de ses langues minoritaires… Mais le Sénat a refusé le mercredi 18 Juin 2008 d'inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution française, revenant sur cette disposition votée en ce sens par les députés en première lecture du projet de réforme des institutions.
Les sénateurs, par 216 voix contre 103, ont adopté, contre l'avis du gouvernement et de la commission des Lois, un amendement supprimant la référence aux langues régionales que les députés avaient ajoutée au texte initial. »
La France réservera donc son indignation à l'éviction de la langue tibétaine de la gare de Lhassa alors que le breton sera toujours banni dans toutes les gares bretonnes. La France continuera à se faire épingler par l'ONU, pour “discrimination raciale” comme l'indique le récent rapport de l'experte indépendante Gay Mc Dougall, Le Conseil de l'Europe redemandera à la France de signer la Convention Cadre pour la Protection des Minorités et de ratifier la Charte des Langues Minoritaires, Comble d'ironie, la France continuera à exiger des pays candidats à l'adhésion à l'Union européenne qu'ils respectent la charte européenne des langues minoritaires alors que elle-même ne le fait pas.
Le rectorat de Rennes supprimera en septembre 2008 l'enseignement du breton et du gallo dans 14 collèges et lycées comme prévu par le ministère de l'éducation nationale, En 2060, il subsistera, selon les prévisions actuelles, un effectif résiduel de 20 000 personnes parlant breton regardant, impuissant, s'éteindre définitivement leur langue, Un nouvel effectif supérieur et rajeuni, d'au moins 100 000 personnes, seuil minimum de survie défini par l'UNESCO, ne verra pas le jour
L'extinction de la langue bretonne programmée de longue date par l'état français ne sera donc pas conjurée, sauf si...
Sauf si, l'état français ratifie en urgence la charte des langues minoritaires et sort de la langue de bois sans doute comptabilisée dans les soixante dix neuf langues de la république qu'elle aurait recensées avec probablement la langue ouste et la langue oustine.
ou
Sauf si les élus bretons prennent enfin la Bretagne en main …
Entre temps la Bretagne écrira et retiendra dans son histoire :
18 JUIN 2008Proposition de nationalis.doc
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COURRIER RECU DE VRIGNON.BIXENTE"

"vrignon.bixente" <vrignon.bixente@laposte.net>
Bonsoir Ben,
Depuis longtemps je reçois votre newsletter, aussi je me dis que ce sujet pourrait vous interesser.
Bien sûr, vous devez recevoir des dizaines de mail, et peut-être celui-ci finira-t-il à la corbeille, vaincu par le nombre, mais je prends le risque...
La maison d'édition Gatuzain, à Bayonne, en Pays Basque nord, est menacée de fermeture. Ses comptes sont bloqués sur décision de justice. Notez bien qu'il s'agit d'une simple mesure préventive, pas d'un jugement. On la soupçonne, non pas d'avoir édité des livres, mais... d'avoir parmi son conseil d'administratiuon une personne qui aurait touché de l'argent public, de l'Espagne, via un parti politique soupçonné (mais ça n'est pas jugé !!!!) d'avoir des liens avec ETA.
En attendant, on l'empêche d'éditer, et quand le processus judiciaire sera terminé, dans une dizaine d'années, il sera toujours temps de demander des excuses.
Je pensais que vous pourriez apporter votre soutien à cette évidente censure de la liberté de s'exprimer.
Vous pouvez voir leur site:
http://gatuzain-arriskuan.blogspot.com/
... et apporter votre soutien en leur écrivant:
gatuzain@wanadoo.fr
Dans tous les cas, merci de m'avoir lu.

REPONSEZ DE BEN
POURQUOI ESTCE QUE NOTRE GRAND MENARD DE RSF NEN FAIT PAS SON CHECVAL DE BATAILLE
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LIEN : ...

- 2008-06-28

TAM TAM LUDMILA ACONE(2IEMEPARTIE)

PURISME DE LA LANGUE ET DISCRIMINATIONS

L'obsession de la pureté linguistique ne saurait être mise en cause, et les discriminations et exclusions qu'elle engendre sont supposées inexistantes. Les personnels des administrations sont constamment soumis à la proclamation d'un discours dévoyé sur la liberté, l'égalité, la fraternité et qui ne correspond en rien à la réalité mais qu'ils doivent défendre pour garder intact le mensonge : le système français est égalitaire et offre la garantie aux plus méritants d'être récompensés pour leurs efforts. Cette certitude inébranlable interdit de mettre en évidence la réalité des faits. Ainsi, la dénonciation d'actes de racisme ou de xénophobie se heurte à l'incrédulité, pire à des réactions violentes. L'étranger victime de discriminations et censé s'expliquer : « Il doit y avoir autre chose. Peut être n'avez-vous pas le profil requis ». Ou bien : « si vous êtes revendicatifs cela ne va pas vous aider ». Ou mieux encore « vous avez intérêt à coopérer ».

Cette farouche dénégation de la réalité empêche l'identification du racisme et de la xénophobie ainsi que de ses racines. Tout comme les guerres ne sont pas l'apanage des « militaristes », mais peuvent être menées sous couvert d'objectifs humanitaires, une des difficultés majeures dans l'identification du racisme découle de la croyance que celui-ci serait l'apanage de l'extrême droite ou de gens accoutumés à une « culture raciste », cela conduit à l'occultation des ses origines économiques et sociales. Pareil paradigme empêche de percevoir les comportements xénophobes lorsqu'ils sont pratiqués sous couvert d'égalité, de laïcité [14 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb14> ] et de droits des femmes. Je me réfère à des comportements de stigmatisation ou d'exclusion qui ne s'opèrent pas sous couvert d'une préférence nationale affirmée mais sur la base d'une prétendue non-conformité à ce qu'on appelle les « valeurs républicaines ». Dans la mesure ou le mot « républicain » est employé, à tort, comme synonyme de démocratie, l'usage du mot et des critères qu'il est censé recouvrir sont à géométrie variable et s'adaptent facilement aux interprétations subjectives permettant ainsi d'exercer une sélection arbitraire vis-à-vis de l'interlocuteur. Cette xénophobie exercée par des individus ou des collectivités masquée derrière des références à des valeurs « républicaines », permet l'usage de l'anathème contre ceux qui se trouverait en condition de violation supposée du républicanisme, mais encore et surtout cette xénophobie cache un protectionnisme qui ne veut pas dire son nom et qui, sous couvert de défense de valeurs démocratiques, masque à peine des réflexes d'auto- protection. A ce titre relevons l'actualité étonnante de cette affirmation de Ferenczi :

« L'éducation morale édifiée sur le refoulement produit dans tout homme bien portant un certain degré de névrose et donne naissance aux conditions sociales actuellement en vigueur où le mot d'ordre de patriotisme recouvre de toute évidence des intérêts égoïstes, où sous la bannière du bonheur social de l'humanité on propage l'écrasement tyrannique de la volonté individuelle. » [15 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb15> ]

Bien que datant de 1908, cette affirmation fait étrangement écho, aujourd'hui, aux ressorts réels qui se cachent derrière la défense agressive d'une identité nationale ou d'une République prétendument menacée

Il serait également utile de rappeler comment certains syndicats d'enseignants du secondaire s'étaient opposés au droit d'accès aux concours de l'enseignement pour les étrangers (pour l'instant exclusivement issus de l'Union européenne). Et cela au nom de la défense d'une spécificité française particulièrement brillante et nettement supérieure à celle des autres pays européens et à l'existence de matières que certains verraient même comme régaliennes. L'institution a dû accepter la loi française mais certains de ses membres semblent avoir continué à considérer ce nouveau droit comme une atteinte au « génie français », tant bien même celui-ci passe par l'obtention d'un concours aussi difficile et normatif que le Capes ou l'agrégation.

Ainsi la défense des valeurs et de la culture dominante dans un pays peut tantôt recouvrir le caractère d'une protection de type nationaliste, tantôt se cacher sournoisement derrière la proclamation d'un modèle à assumer. Ce modèle peut tout simplement être inaccessible à l'étranger, même doté de bonne volonté. La stigmatisation de l'accent étranger ou d'une tournure d'esprit différente constitue un ultérieur instrument d'exclusion possible : Ainsi : le « vous avez un accent Mademoiselle, vous n'aurez jamais le concours » lancé lors d'un oral blanc ou bien une phrase prononcée par un professeur d'italien (français) face à une étudiante italienne préparant un diplôme universitaire de langue et civilisation italienne : « vous n'y arriverez jamais, vous n'êtes pas dans le moule français. » Il faut dont être français pour enseigner l'italien et la culture italienne. Même dans l'apprentissage d'une langue et d'une culture étrangère, celle-ci doit être transformée et expurgée selon des usages nationaux qui n'ont plus rien à voir avec la culture et la langue qu'on est censé apprendre. Mais mon expérience m'a hélas démontrée que le mimétisme dans la culture du pays n'est pas forcément suffisante : il faut « penser français » l'injonction touche même à l'inconscient linguistique et s'avère impossible à réaliser. On peut en effet demander à un étranger de se conformer en tout point à une culture donnée, on ne peut lui demander de s'amputer de sa culture d'origine si ce n'est au prix d'un clivage psychique aux conséquences parfois désastreuses. Enfin, Lorsqu'on attribue une place si prépondérante à la maîtrise du français dans les nouveaux programmes scolaires sans dégager les moyens nécessaires à son accomplissement on met en place une façon déguisée de sélectionner précisément ceux dont l'environnement familial est déjà culturellement favorisé. Ainsi la sélection par la langue devient l'instrument d'une sélection fondée à la fois sur le milieu social et sur les origines au sens large.

LES « MINORITES RECONNAISSABLES »

On voit bien comment derrière l'exigence de la défense de la langue, légitime en soi, se niche le moyen de réintroduire un profond clivage social et une sélection qui n'a strictement rien de « républicaine ». La force de ce clivage c'est qu'il s'opère en apparence sur la base de compétences linguistiques, il est ainsi plus difficile à reconnaître et donc à combattre. Enfin, selon une idée très répandue, un européen, communautaire ou non, ne pourrait faire l'objet de discriminations. Or, s'il existe des « minorités visibles », il existe également des « minorités reconnaissables » par l'accent, les différences culturelles et notamment la maîtrise ou non de codes et de références culturelles à travers lesquelles s'opère ou non ce qu'on appelle l'intégration culturelle. Il est vrai que les discriminations à l'égard des minorités reconnaissables sont généralement moins profondes et violentes que celles qui s'adressent aux minorités visibles. En générale le racisme anti-européen (il ne faut pas oublier les préjugées persistants contre les italiens les portugais et les espagnols) est moins marqué qu'il y a vingt ou trente ans. Il est cependant de plus en plus profond envers les ressortissants des pays de l'est européens et s'exerce encore envers des ressortissants européens communautaires, notamment du sud, sous la forme d'un protectionnisme masqué par la défense de valeurs culturelles française prétendument menacées d'appauvrissement.

Il peut également arriver d'entendre, lors de conférence de formation des enseignants, la responsable affirmer : « En France, nous sommes le seul pays en Europe à posséder une vraie réflexion sur l'apprentissage par cœur lorsque nous décidons de l'appliquer ». De même que la culture et la pédagogie française seraient supérieures à celles de tous les autres pays européens, qui n'enseigneraient pas avec assez de rigueur et dont les programmes seraient moins riches. D'où des affirmations invraisemblables comme celle selon laquelle la France serait le seul pays européen à enseigner la philosophie au lycée. (En Italie l'enseignement de la philosophie au Lycée dure trois ans). La forme de la dissertation en trois parties serait de même la seule valable et susceptible d'emmener un exposé construit et structuré. Or j'ai pu observer l'enseignement de l'histoire et de la géographie dans un Lycée irlandais où j'ai lu des copies d'élèves rédigées selon ce qu'en France on appelle un plan linéaire. Non seulement les concepts et les raisonnements étaient bien exposés mais ils étaient également bien développés de façon claire et précise. Dans les deux dernière années du lycée, lors de la préparation du Leaving certificate [16 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb16> ] le élèves sont également invitées à travailler sur des concepts historiographiques qu'en France on aborde généralement à l'université.

LE PLURALISME CULTUREL PEUT-IL EXISTER ?

Malgré la diversité et la richesse des expériences d'autres pays, les préjuges culturels envers les étrangers persistent et produisent des conséquences précises. Toute non-conformité, même partielle, avec un système unique d'enseignement et d'apprentissage est fortement stigmatisé et donne lieu à des formes diverses d'exclusion tant dans le domaine scolaire que dans les lieux de travail. A ce sujet Henri Boyer pose une question intéressante :

« Qu'est-ce qui fait qu'un étranger ayant appris de manière tout à fait satisfaisante la langue et la civilisation françaises sur les bancs de son collège, à l'université ou ailleurs, se trouve en difficulté devant tel titre de journal ou tel message publicitaire et ne peut pas comprendre des propos apparemment intelligibles tenus dans telle ou telle émission de télévision ? Ce n'est pas forcément une maîtrise semiolinguistique déficiente de l'écrit ou de l'oral. » [17 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb17> ]

Il se réfère à la maîtrise ou non des représentations partagées par une communauté qui supposent un processus d'intégration de longue durée :

« Ces représentations partagées continuent à mes yeux la composante essentielle d'une compétence culturelle (qui constitue le coeur d'une compétence de communication), la plus difficile à acquérir pour un étranger, parce que fonctionnent en discours sur le mode de l'implicite codé » [18 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb18> ]

Si l'acquisition de ces codes implicites requiert des efforts importants, la difficulté s'accroît lorsque l'environnement s'avère hostile à la compréhension de la différence et aux difficultés rencontrées par l'étranger à se positionner dans un espace de contact et d'échange. Si l'acquisition d'une culture nouvelle s'accompagne, non pas de la possibilité d'un véritable enrichissement, mais de la négation de sa culture d'origine et de l'obligation de renoncer à soi, cette compétence culturelle sera plus difficile à acquérir, son échec peut même devenir la condition consciente ou non de la sauvegarde de sa propre identité originelle non reconnue, alors la spirale de l'échec s'amorce.

La conception française du monolinguisme et du monoculturalisme se fonde sur l'idée que l'unité de l'Etat serait menacée par le métissage. A titre de comparaison, je ferai remarquer qu'en Italie la Constitution, à l'instar de la Constitution française, proclame l'unité du pays mais pas seulement.

L'article cinq définit que : « La République est une et indivisible. Elle reconnaît et promeut les autonomies locales, met en œuvre dans les services qui dépendent de l'état la plus vaste décentralisation administrative, met les principes et les méthodes de sa législation en adéquation avec les exigences de l'autonomie et de la décentralisation » [19 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb19> ], et l'article six proclame : « La République garantit les minorités linguistiques par la mise en place de mesures appropriées ».

Ainsi cinq régions jouissent d'un statut particulier et d'un total bilinguisme. On pourrait objecter que des poussées régionalistes sécessionnistes et xénophobes sont très présentes dans ce pays et qu'une politique plus affirmée de défense de l'unité culturelle aurait pu empêcher la manifestation de ces excès. En réalité les dérives sécessionnistes n'ont pas comme origine les régions à statut bilingue et tirent leur fond de commerce de revendications économiques inégalitaires plutôt que des différences linguistiques. A titre d'exemple les hommes politiques italiens sont parfaitement reconnaissables quant à leurs origines régionales du fait de leurs accents qui ne gênent personne ni ne soulèvent des polémiques. Maurizio Gasparri (Alleanza Nazionale) et Cesare Salvi (Sinistra Democratica) arborent le même caractéristique accent romain, même dans leurs discours à l'Assemblée. Romano Prodi (Centre gauche) et Gianfranco Fini (droite) sont reconnaissables à leur accent de Bologne. Il en va de même de célèbres professeurs universitaires ou de médecins, d'intellectuels et d'artistes reconnu et primés. On voit bien que la perception de l'accent de l'autre et l'éventuel « trouble à l'ordre public » qu'il est censé engendrer pour certains en France est tout à fait relative.

Poser la question de l'accent devient d'autant plus pernicieux qu'elle permet d'effectuer une sélection y compris envers les francophones d'origine. Un antillais ou un africain, bien que francophones sont aussi reconnaissables à leur accent ainsi qu'à certaines spécificités culturelles. Ils ne feront pas moins, très souvent, l'objet d'exclusions et de pratiques discriminatoires.
III - Le modèle unique : L'Universalité de la République
La xénophobie peut s'accompagner de la peur de la « pollution linguistique » mais également de la peur d'un appauvrissement culturel supposé. Elle peut s'exercer même envers des nationaux à partir de l'illusion qui veut que l'égalité des citoyens passe par une uniformisation totalisante. La diversité est considérée comme un signe d'arriération et toute défense du droit à la spécificité est taxée de « communautarisme ». Cette attitude aboutit, au contraire, à la stigmatisation de l'autre et à sa relégation, voire à son exclusion. Malgré les prétextes culturels mis en avant, au fond, il s'agit d'un puissant mécanisme de domination sociale qui peut s'exercer au niveau international, national, voir infrarégional et cela se passe dans de nombreux pays. Antonio Gramsci dans les Cahiers de prison a finement analysé la question méridionale italienne en ces termes :

« Nous savons […] quelle idéologie a été diffusée de façon capillaire par les propagandistes de la bourgeoisie parmi les masses septentrionales : le Mezzogiorno, c'est le boulet au pied qui empêche que des progrès plus rapides s'accomplissent dans le développement de l'Italie ; les méridionaux sont biologiquement des êtres inférieurs, des semi barbares ou des barbares tout court, de par leur destin naturel ; si le Mezzogiorno est arriéré, la faute ne revient pas au système capitaliste ou à une quelconque cause historique mais à la nature qui a fait de méridionaux des poltrons, incapables, criminels, barbares. » [20 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb20> ]

Il est difficile de ne pas reconnaître dans cette problématique - bien sûr italienne et du début du XX siècle - la même structure qui est à la base de tout discours raciste et xénophobe qu'il s'adresse aux méridionaux, aux immigrants du sud de l'Europe (italiens espagnols, portugais) ou aujourd'hui plus particulièrement aux maghrébins, africains, européens de l'est, asiatiques. Pour revenir à Gramsci cet intellectuel qui concevait le parti comme un instrument de production de culture dans un but révolutionnaire n'a jamais songé que pour créer cet « intellectuel collectif » qu'il souhaitait tant il fallait « gommer » toute différence ou tout élément de culture populaire [21 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb21> ]. On peut également rappeler qu'après la Libération, le Parti Communiste Italien a effectivement joué un rôle important dans le développement culturel des « masses populaires » mais tout en préservant les cultures locales et leur mémoire à coté de la langue nationale. Cela parce que la culture locale était celle des masses populaires et qu'on ne pouvait ni on ne devait s'engager dans une oeuvre d'éradication culturelle. A partir de cet exemple on peut exclure l'idée que la reconnaissance de la différence culturelle et linguistique soit l'apanage de nostalgiques des « petites patries » vichystes et adversaires de l'égalité républicaine. Il n'est pas inutile parfois d'observer ce qui se passe ailleurs.

INTEGRATION OU METISSAGE ?

Pourtant il semble bien que le respect de la diversité dans l'unité soir encore une chimère. Comme le proclame L'article L.311-9 extrait du « Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile obligatoire depuis le 1er janvier 2007 :

« L'étranger admis pour la première fois au séjour en France ou qui entre régulièrement en France entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans, et qui souhaite s'y maintenir durablement, prépare son intégration républicaine dans la société française. L'étranger conclut avec l'Etat, un contrat d'accueil et d'intégration. Ce dernier vise à instaurer entre la France et les personnes désireuses de s'y installer durablement « une relation de confiance et d'obligation réciproque ».

Intégrer veut dire au sens premier du terme : « incorporer dans un ensemble plus vaste ». C'est entrer dans et non pas dialoguer et échanger avec.

« Dans le contextes français l'éducation à la citoyenneté constitue désormais une mission que doivent assumer les établissements d'enseignants. Quant aux organismes qui s'occupent de la francisation des immigrants, ils doivent non seulement répondre à cette mission, mais aussi relever le défi de contribuer à l'intégration multidimensionnelle, à la fois linguistique, culturelle, sociale, institutionnelle, à la fois » [22 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb22> ].

L'injonction qui est faite dans le domaine de l'appropriation de la langue française s'accompagne de l'injonction d'adhésion à la « République » et à l'« Universalité » dont la France serait la seule dépositaire. Si ces mots posent déjà un problème de définition pour un français, pour un étranger elles ne veulent tout simplement rien dire. Par exemple dans la plupart des pays du monde le mot « république » s'oppose à celui de « monarchie ». Il désigne donc un système de gouvernement. En France par un habile glissement sémantique la République est devenue non seulement synonyme de démocratie, mais également d'ordre, de civilisation en opposition à la barbarie. Si l'on revient à l'exemple italien, on voit que la République, (instaurée à la libération par référendum entre monarchie ou république) proclame dans l'article premier de sa Constitution que :

« L'Italie est une république démocratique fondée sur le travail. La souveraineté appartient au peuple, qui l'exerce dans les formes et les limites de la constitution ».

La république italienne est donc fondée, du moins au niveau des principes, sur une conception solidariste, qui met le travail au centre et affirme l'unité du pays dans sa diversité. Il s'agit de principes fondamentalement démocratiques qui ne s'opposent nullement à ceux de la république française, pourtant la République ne recouvre pas en Italie, la même signification qu'en France. Je ne songe évidemment pas à donner en exemple tel pays plutôt qu'un autre mais simplement à faire remarquer que nier l'existence d'autres conceptions de la république, de l'unité et de la diversité, de la culture, de la langue conduit à des erreurs de jugements et à des échecs certains.

En ce qui concerne la France, il est tout à fait singulier que le droit à la reconnaissance des droits spécifiques, tout particulièrement dans le domaine culturel et linguistique soient parfois combattu par une partie de ceux là même qui jadis avaient intégré, grâce à l'expérience de « l'Ecole nouvelle », l'idée que pour dispenser un enseignement vraiment égalitaire il fallait mettre en œuvre des formes « d'inégalité ». Ce qui, au prix de tant d'efforts théoriques et de débats, avait réussi à percer du point de vue de la compréhension des inégalités sociales semble impossible à traduire au sujet des diversités culturelles. Or, la prise en compte des diversités culturelles ne signifie un rien un recul vers un univers ancestral, primitif, voire sauvage, tout au contraire. Lorsque les diversités culturelles sont niés ou font l'objet de stigmatisation, elles s'additionnent aux inégalités sociales et leurs effets sont dévastateurs et le stigmate est double, on pourrait même parler de double peine. Deux tabous du passé récent français permettent de comprendre la fermeture quasi obsessionnelle de certains acteurs publics face à cette diversité : D'une part le « particularisme » localiste et le « folklore » célébré dans l'entre deux guerres par des partisans d'un ancien régime de type vichyste, de l'autre la mise en place, par le même régime du recensement ethnique. Toute référence à l'origine d'un individu, à fortiori dans le cadre publique soulève donc des suspicions. Le risque existe bel et bien et il faut en tenir compte, cependant affirmer ses propres origines ou répondre à un élève qu'il y a de belles choses dans son pays n'est pas une infraction au principe d'égalité, ni la volonté d'enfermer des enfants dans des camps ! C'est seulement une façon de prendre en considération la parole de l'élève, de le conforter sur sa propre valeur qui n'est ni meilleure ni pire que celle d'un autre.

ECOUTER, RECONNAITRE, REPARER

Lorsqu'une élève affirme en classe « je suis algérienne » elle peut vouloir dire beaucoup des choses, y compris le besoin d'être rassurée ou d'exprimer une nostalgie légitime. Il n'est pas question, à mon avis, d'attribuer aux enseignants le rôle de psychologues, mais simplement, face à l'immédiateté et à la variété des situations posées dans un cadre pédagogique on ne saurait nier et renvoyer ces problèmes à une date ultérieure alors qu'ils se posent au quotidien. Cela est d'autant important si l'on reconnaît que la mise en confiance d'un élève est le meilleur moyen pour obtenir sa progression scolaire. [23 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb23> ] Malheureusement, aborder ce type de problématique s'avère impossible dans l'institution car la consigne est qu' « il ne faut pas parler avec eux de leurs origines ». Le paradoxe est que ce sont les élèves eux-mêmes qui évoquent la question, prouvant que cela les préoccupe ou tout simplement les « occupe ». Malgré cela « il ne faut pas leurs répondre, il ne faut rien dire » ou encore « il faut leur dire qu'ils sont français » Or depuis les modifications du code de la nationalité, jusqu'à l'âge de dix-huit ans plusieurs élèves ne sont justement pas considérés comme des français, l'affirmation est totalement paradoxale. Elle le devient davantage lorsque les élèves se rapportent à la façon dont leurs parents et eux-mêmes sont traités dans la société. En tout état de cause les élèves en parlent beaucoup entre eux, parfois avec agressivité, alors « dire » ses origines face à l'enseignant et à la classe peut être un moyen de dire la violence subie entre élèves ou la souffrance subie lorsque le pays de ses parents est sans arrêt disqualifié. Pourtant il est dit aux enseignants qu'ils doivent réagir et faire des mises au point lorsque des propos discriminatoires sont tenus en classe car le rôle de l'adulte et à fortiori de l'enseignant est celui de « recadrer », de fixer des règles de conduites et de « dire la loi ». De même un enseignant peut, du moins dans le discours, rétablir le droit de l'élève à aimer ses parents et leurs lieux d'origine, ou celui de leur enfance. Cela est d'autant plus important que l'étude de l'histoire et de la géographie les conduit inévitablement à s'interroger sur « leur » histoire et sur le lieu de leur origine ou de celle de leurs parents. Évoquer son histoire pour un élève est important et, si l'enseignant ne doit pas s'improviser psychologue ou entrer dans l'intimité de celui-ci, il est vrai que dans l'enseignement il est bel et bien question d'un rapport entre êtres humains. Je ne serai jamais assez reconnaissante pour cette maîtresse qui, lorsque des élèves ont moqué les origines de ma mère a « essuyé » mes larmes d'enfant en me disant : « ne pleure pas la Russie est un très grand pays ». On était en pleine guerre froide et se dire russe était alors une insulte. Au delà de cette anecdote, écouter l'élève tout simplement, lui proposer un jour de parler en classe d'une recette de cuisine de son pays ou d'une tradition apprise sans porter de jugements sur celle-ci ne saurait être assimilé à une stigmatisation. Cela permet au contraire à l'élève qui en a exprimé le besoin, de se positionner et de se rassurer, de partager quelque chose qui lui est cher avec les autres. Certes les nuances sont subtiles, et les dérives faciles et dangereuses, mais rien n'empêche d'employer un mot de compréhension et de se saisir du problème pour engager le débat avec les élèves.

J'ajouterais enfin que la présence d'un enseignant « venu d'ailleurs » peut également se révéler bénéfique pour les élèves. Un jour une élève de cinquième m'a dit : « mon père dit que vous avez un très léger accent ». J'ai alors répondu tranquillement d'où je venais. L'élève, dont le père est espagnol, en a été ravie ainsi que les autres élèves. Les élèves d'origine étrangère ont été très rassurés de savoir qu'une femme étrangère avait pu faire ses études en France et réussir le concours de l'enseignement. Les élèves qui étaient apparemment d'origine française m'ont demandé à plusieurs reprises : « madame, racontez-nous comment cela se passe dans votre pays, c'est comme en France ? Ces demandes m'ont permis de leurs expliquer avec plus de conviction des éléments du programmes des cours de géographie ou d'histoire de cinquième qui touchaient à l'Italie. J'ai également pu montrer à mes élèves la chance qu'ils avaient d'être dans une école laïque, chance que je n'avais pas eue en Italie, même en étant dans une école publique. Voilà un moyen de parler de laïcité avec des exemples concrets mais sans avoir recours aux anathèmes. Je dirais en outre que l'enseignant aussi peut être rassuré par l'attitude bienveillante des élèves face à ses origines.

En réalité le déni des origines masque à peine la volonté d'opérer en fait un déni du racisme. Le professeur qui refuse de reconnaître les origines d'un élève constituerait le rempart contre le racisme éventuel de la part de l'enseignant ou des autres élèves. Bien au contraire celui-ci ne fait que renforcer le déni. L'enseignant ou l'élève qui s'avérerait raciste ou xénophobe ne cessera certainement pas de l'être parce que la question n'est pas évoquée. En revanche, sous couvert de neutralité, voire de l'absence de questions, le racisme peut continuer à se déployer en silence. Il n'existe pas parce qu'il n'est pas nommé, mais il agit et se cache dans les comportements, les exclusions, les préjuges. Un enseignant qui discute avec un élève ou avec un collègue des ses origines (dans ce cas précis à la demande de ceux-ci) n'est certainement pas plus raciste que celui qui se tait, mais qui vas mettre un mauvaise note ou orientation, qui va exclure un collègue à cause de son accent, quel que soit les prétextes construit à posteriori pour justifier cette discrimination rendue indicible. Pas plus que casser le thermomètre ne fait baisser la température, nier l'histoire d'une élève (ou d'un collègue) n'élimine le racisme. On confond délibérément l'enseignant qui est à l'écoute et qui répond aux questions des élèves avec celui qui fait la chasse à l'origine ethnique.

Il n'est pas question ici de prétendre que les enseignants doivent répondre à toutes les demandes et même les résoudre, mais simplement d'en tenir compte dans leur pratique quotidienne, (et beaucoup d'entre eux le font, malgré tout). Malheureusement les conditions de recrutement, de formation et de travail qui sont faites aux enseignants sont souvent bien loin de leurs permettre un suivi plus approfondi des élèves. La diminution des postes et la surcharge des effectifs en classe sont des mesures incompatibles avec une véritable prise en compte des problèmes pédagogiques Les enseignants, confrontés à une violence accrue, et pas seulement de la part des élèves, ne sont tout simplement pas écoutés lorsqu'ils sonnent l'alarme. Si l'on est, en plus, confronté à des établissements où à des « classes difficiles » le problème risque de devenir insoluble.

Se construire, se reconstruire : la fonction de la madeleine de Proust

Pour conclure, on voit bien comment l'injonction qui est faite à l'étranger d'apprendre la langue française « par contrat » afin de « s'intégrer » consiste bel et bien en une entreprise d'assimilation exclusive et excluante. La connaissance de la langue ne suffit pas, encore faut-il se conformer aux normes de la langue légitime et en même temps s'assujettir à une culture et à une conception de l'Etat unique en oubliant la sienne. En effet le bon immigré est celui qui se fait oublier, qui cesse d'exister qui ne parle plus de sa culture d'origine. Les enseignants, quant à eux, doivent se limiter à la « transmission du savoir » des fondamentaux, conception qui suppose une attitude univoque s'exerçant vis-à-vis d'un récepteur passif. L'enseignant doit faire respecter l'ordre et faire en sorte que les élèves apprennent les symboles de la République et n'expriment aucune identité propre. Mais on peut également assumer une autre attitude et savoir écouter et échanger. Pourquoi ne serait-il pas possible pour l'enseignant d'avoir parfois un mot réparateur face à la violence que subit un élève ou face à son besoin de se rattacher à son univers d'origine, tout en préservant l'égalité de traitement des élèves [24 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb24> ] ? Pourquoi ne pas essayer de rétablir une justice là où la discrimination pointe son nez. Il semble cependant que le débat en la matière soit proscrit. Ainsi alors même que l'on met la question de la violence des élèves au cœur du débat on s'empêche de réfléchir sur la violence scolaire exercée sur l'élève. Il s'agit également de taire la violence de l'institution et son impunité, de la cacher derrière le silence. Or, quitter son pays d'origine, quelque en soient les raisons, constitue de toute façon une perte, si à cela s'ajoutent des raisons économiques ou politiques la perte est vécue d'autant plus douloureusement, d'où la nécessité d'un travail de réaffiliation.

Le travail de réparation peut également passer par une approche sensorielle et par le corps. Tout objet, toute musique, tout aliment, odeur, constituent une « madeleine de Proust » qui invite à se souvenir et à se rattacher à son passé et combler le fossé qui a pu se creuser avec celui-ci. Non pas pour s'y enfermer, ni même pour refuser la France ou le français mais pour permettre la cohabitation entre sa culture d'origine et celle d'adoption. Sans cela il y a blessure, voire mutilation, perte du sens de soi et des réalités, incapacités à se positionner à se repérer, difficulté dans l'apprentissage et dans les relations sociales. Briser le lien entre le passé et le présent revient à rendre le voyage impossible et à perpétuer une suspension de la réalité, à empêcher l'enracinement ici d'un être nouveau car enrichi d'une nouvelle réalité et non pas amputé de son histoire.

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- 2008-06-28

TAM TAM-LUDMILA ACONE 1ERE PARTIE

BEN CE TEXTE VIENT DE TAM TAM (NICE ) JE LEUR AI REPONDU
TIENS TAM TAM SINTERESE AUX LANGUES
MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS



LUDMILA ACONE

LA QUESTION DE LA LANGUE COMME INSTRUMENT DE LA VIOLENCE INSTITUTIONNELLE

L'injonction qui est faite à l'étranger d'apprendre la langue française « par contrat » afin de « s'intégrer » consiste bel et bien en une entreprise d'assimilation exclusive et excluante. La connaissance de la langue ne suffit pas, encore faut-il se conformer aux normes de la langue légitime et en même temps s'assujettir à une culture et à une conception de l'État unique en oubliant la sienne. En effet le bon immigré est celui qui se fait oublier, qui cesse d'exister qui ne parle plus de sa culture d'origine. Comment un étranger est-il censé se conformer à ses injonctions, et quelles conséquences une pareille conception de la langue peut-elle avoir à l'école face à des élèves d'origine étrangère ? J'aborderai ces questions tant du point de vue de mon expérience d'étrangère en France qu'en tant qu'ex-enseignante. Dans le cadre d'une démarche comparatiste j'aborderai en particulier le cas de l'Italie.

La question de la langue est, nous le savons, bien plus qu'une question de langue. Faut-il rappeler comment la « langue légitime » mise en évidence par Pierre Bourdieu, s'instaure comme un moyen de cliver et de hiérarchiser la société entre dominants et dominés [1 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb1> ]. Mais bien avant lui Antonio Gramsci a compris comment la « question de la langue » se trouve au cœur de toute construction politique :

« Chaque fois qu'affleure d'une façon ou d'une autre, la question de la langue, cela signifie qu'une série d'autres problèmes est en train de se poser : la formation et l'élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d'établir des rapports plus intimes et plus sûrs entre les groupes dirigeants et la masse populaire nationale, c'est-à-dire de réorganiser l'hégémonie culturelle. » [2 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb2> ]

Il n'est donc pas étonnant que la question de la langue et de son apprentissage soit au cœur des actuelles réformes de l'Education Nationale et que l'un des premiers actes du Ministère de l'immigration, de l'identité nationale et du co-développement vise la langue des immigrés. Car c'est à travers celle-ci que, dans la tradition des états nationaux européens (et particulièrement en France) se met en œuvre la politique de consensus et d'hégémonie des classes dominantes.

Mais aujourd'hui ce consensus se construit à travers une double opération de réunification nationale et de séparation face à un ennemi supposé qui menacerait les valeurs et la cohésion de la France depuis l'extérieur et depuis l'intérieur. D'où cette insistance à promouvoir un « pacte » avec les nouveaux arrivants sur le sol français. Ces derniers doivent non seulement faire acte d'allégeance linguistique mais également culturelle au sens le plus large. Les récalcitrants se verront refuser la carte de séjour ou, pour ceux qui en possèdent déjà une, les emplois auxquels ils peuvent aspirer. Il faut en outre se conformer en tout points au « modèle républicain » qui possède l'avantage de toute notion polysémique : on peut en faire à peu près ce que l'on veut. Toute nouvelle disposition en matière de langue et de culture peut être justifiée à posteriori par un rattachement à un passé historique réel ou inventé visant à justifier sa légitimité [3 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb3> ]. On sera obligé de s'y conformer sous peine d'exclusion.

Comment un étranger est-il censé se conformer à ses injonctions, et quelles conséquences une pareille conception de la langue peut-elle avoir à l'école face à des élèves d'origine étrangère ? J'aborderai ces questions tant du point de vue de mon expérience d'étrangère en France qu'en tant qu'ex-enseignante. Dans le cadre d'une démarche comparatiste j'aborderai en particulier le cas de l'Italie.

I - APPROPRIATION DE LA LANGUE ET « INTEGRATION »
Apprendre une langue n'est pas une simple opération d'apprentissage de règles de grammaire. Comme le fait remarquer Alain Coïaniz :

« (Cela) représente toujours une aventure cognitive, culturelle, sociale, affective, tant l'entrée dans un système linguistique remet profondément en cause la relation que nous entretenons au monde, par l'organisation différente de celui-ci que tout système linguistique impose, parfois en profondeur. » [4 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb4> ]

En effet la compréhension, et plus encore, l'appropriation d'une langue étrangère suppose une série d'étapes d'adaptation qui vont bien au delà de la simple « traduction ». En effet que traduit-on ? Le sens premier ou multiple d'un mot du point de vue conceptuel ? Cependant, non seulement son sens symbolique et sa représentation révèlent d'autant de représentations singulières, mais également le processus d'activation du sens du mot dans la langue du pays de résidence (dans ce cas la France) requiert une activation émotionnelle. Paradoxalement lorsqu'un mot a été appris et mobilisé dans la langue maternelle, son appropriation dans la langue d'adoption peut être encore plus complexe. Je voudrais donner un exemple concret : lorsque je préparais les concours de l'enseignement j'ai dû créer un répertoire avec des mots d'abord dans ma langue maternelle, puis en français, pour pouvoir plus facilement les aborder : ainsi j'ai du écrire le mot dissodare à coté du mot « défricher », je comprenait bien ce que défricher voulait dire du point de vue abstrait, mais je ne l'avais pas intériorisé, ni mobilisé en français de façon concrète. Il m'était impossible de me le représenter d'emblée. Il m'est ainsi arrivé, et il m'arrive encore après tant d'années, de vivre des sortes de déconnexions, de durée variable, où les deux langues s'entrechoquent. Car entre la perception du mot et son appropriation, il y a bien plus qu'une simple œuvre de traduction. Ne pas comprendre ce phénomène conduit à se méprendre gravement sur les facultés intellectuelles d'un individu, voire à le stigmatiser avec des conséquences d'autant plus graves que celui-ci est jeune et doit encore construire sa personnalité d'adulte.

Il en va de même pour la « traduction des concepts ». Des mots aussi simples que « marcher » recouvrent autant d'univers possibles dans autant de cultures. Leur traduction dans le sens usité dans la langue d'adoption peut également requérir un temps d'adaptation particulier. Cette approche peut sembler tellement évidente qu'il serait inutile de l'évoquer. Les pédagogues formées par centaines dans les institutions sont censés êtres au fait de ces questions, pourtant il n'en est rien et la stigmatisation, voire le mépris et l'agression verbale, continuent de sévir, même à l'école, pour le plus grand dommage des élèves, des parents et de tous les acteurs du monde de l'éducation. La triste phrase « vous ne comprenez rien » n'est bannie ni du vocabulaire, ni de la pensée.

Or, toute carence dans le décodage d'un mot ou d'un concept peut également être utilisée sciemment dans un objectif de dressage voire d'écrasement ou même de déculturation tant d'un français que d'un étranger. J'illustrait mon propos par cette phrase lancée par un formateur lors d'une « visite-conseil » d'une jeune enseignante « pouvez-vous modéliser le cours sur la révolution française que vous venez de faire ? » J'ai posé la question à de nombreux collègues aucun n'a compris le sens de cette consigne. [5 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb5> ] Cette injonction, comme toute autre injonction impossible ou très difficile à réaliser, s'avère une puissante arme de contrôle et de répression : « Comment vous ne comprenez pas ? Vous êtes incapable de réfléchir à votre pratique pédagogique ! ». Le jeune enseignant écrasé face à la preuve de son incapacité intellectuelle est d'autant plus disposé à accepter le jugement-sanction, l'humiliation, la soumission.

Il en va de même pour les élèves, qu'ils soient français ou étrangers. Mais pour ces derniers ce mécanisme devient d'autant plus violent qu'ils sont constamment tendus vers un effort de compréhension. Ainsi, si l'insécurité est stimulée au lieu d'être apaisée, le sentiment d'incapacité, de dépréciation et de mésestime de soi s'accentue. Si leur milieu d'origine est socialement défavorisé, on peut parier que les effets de ce genre de traitement seront démultipliés. Lorsqu'un résidant étranger est confronté à l'administration française, pour demander ou renouveler ses titres de séjours, non seulement il doit souvent affronter les tracasseries d'une bureaucratie volontairement dissuasive, mais l'injonction est faite à ce dernier, à la fois de comprendre immédiatement le sens linguistique des démarches à entreprendre, mais également la logique administrative propre à ses démarches dont la traduction dans le pays d'origine n'existe pas forcement. Un mot comme récépissé outre son caractère strictement administratif peut-être incompréhensible pour le demandeur. Il peut devenir une sorte de « mot ennemi » qui cristallise une angoisse et une répulsion simultanées car il devient l'objet d'une inclusion ou d'une exclusion possible. Le mot ennemi peut devenir paralysant et empêcher ou dévier toute démarche qui vise à s'en rapprocher. On veut bien obtenir le récépissé mais les conditions nécessaires pour l'obtenir sont fortement anxiogènes. L'évocation du simple mot peut ainsi devenir un repoussoir.

II- IDENTITE NATIONALE ET PEUR DE LA CONTAMINATION LINGUISTIQUE
L'ARMEE A L'ECOLE

Pourquoi faut-il s'assurer de la pureté linguistique de ceux qui habitent en France ? Les raisons de cette obsession résident sans doute dans le rapport étroit qui existe entre culture et « nationalisation » des esprits, qui refait surface périodiquement dans l'histoire. Comme le fait remarquer Gérard Noiriel, la première loi sur la nationalité française est adoptée en 1889 est l'une des conséquences les plus importantes du triomphe du protectionnisme : En vertu du principe de citoyenneté républicaine, tous les Français adultes et de sexe masculin ont en effet le droit de vote et sont susceptibles d'être mobilisés pour faire la guerre. La « qualité de français » devient donc un enjeu politique majeur. Une question devient fondamentale, celle « de la loyauté à l'égard de leur communauté nationale, car la survie du groupe lui-même en dépend [6 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb6> ] ». La nationalité en tant qu'appartenance à l'État est devenue « un enjeu politique majeur ». Selon Noiriel c'est à tort que l'on a présenté cette loi comme une application de la Déclaration des droits de l'homme car en réalité selon lui :

« Il s'agit d'une politique annexionniste qui vise non pas un territoire mais une population (…) étant donné que chaque membre d'un l'État national est vu, désormais, comme le détenteur d'une parcelle du pouvoir souverain, les étrangers qui commettent une infraction à la loi, où qui participent à un mouvement social, sont aussitôt suspectés de manquer de loyauté à l'égard de la France. Pour imposer le double jus soli, les auteurs du projet de loi de 1889, prendront prétexte des rixes ayant impliqué des Italiens à Marseille en 1881, en y voyant la preuve que ces étrangers ne sont pas assimilés et qu'ils restent fidèles à leur ancienne patrie » [7 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb7> ].

On pourrait penser que cela n'a plus cours aujourd'hui, d'autant plus que le service national a été supprimé. Or c'est précisément l'éducation Nationale qui est appelé à remplacer l'armée dans son rôle de « formation des citoyens ». Des protocoles d'accord successifs ont été signés, depuis 1982 par les ministres chargés de la défense et de l'éducation qui ont posé les principes d'un partenariat entre les deux institutions et défini un cadre d'interventions communes. « Pour renforcer les liens entre la défense et la société française et entretenir le sens civique des jeunes ». Ils se sont notamment fixés pour objectifs d'encourager les initiatives visant à « développer l'esprit et la culture de défense au sein du milieu scolaire et à intensifier les liens entre les communautés militaires et enseignantes » [8 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb8> ]. La loi portant réforme du service national a confié aux enseignants la mission de dispenser un enseignement obligatoire sur la défense, dans le cadre des programmes d'éducation civique au collège et de ceux d'éducation civique, juridique et sociale au lycée, « première étape du parcours de citoyenneté ».Enfin est crée en 2004 une Commission pour la promotion de l' « Esprit de Défense » [9 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb9> ]. Les instructions officielles et les textes produits par l'Education Nationale explicitent le lien entre défense et « éducation civique » :

« L'esprit de Défense n'existe pas spontanément, il est partie intégrante d'une éducation à la citoyenneté. L'enseignement de défense est une éducation sur les valeurs à transmettre. Il doit mettre en évidence la conscience de l'appartenance à une communauté de solidarité et de destin et faire surgir une culture de défense et de sécurité ». [10 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb10> ]

Comme pour l'école de la Troisième République, l'histoire, la géographie et ses enseignants sont donc conviés à se mobiliser autour de « l'esprit de défense ». Dans ce contexte Il n'est pas étonnant que les étrangers deviennent objet de suspicion et d'exclusion. [11 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb11> ]

De la défense du territoire à la défense de la langue « pure »

La définition de l'identité nationale, passe par la définition d'une langue nationale qui, en France est unique. Cela est considéré nécessaire pour donner une définition commune capable de rassembler le peuple français et l'unir contre les menaces qui pèserait sur lui. Selon le linguiste Henri Boyer :

« Il semble que les français entretiennent collectivement des représentations sociolinguistiques tendues, dont témoignent, d'une part, la quête sans faille de l'unilinguisme qui a illégitimé et réduit à des vestiges la diversité linguistique originelle du terroir devenu la France » [12 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb12> ].

Pour lui, il est question depuis Labov d'insécurité linguistique et l'hyper correction, notions dont la sociolinguistique se sert pour désigner certains types de phénomènes relatifs à la langue et/ou à l'activité linguistique.

« L'hypercorrection est donc bel et bien la manifestation tangible et le symptôme évident d'une attitude d'insécurité linguistique dont on sait qu'elle habite les usagers de la communauté linguistique en situation d'handicap socioculturel, possédant un capital langagier déficient mais cependant plus ou mois obsédés par l'usage légitime de la langue et l'utilisation de ses formes de prestige (par exemple le subjonctif). (…) En ce qui concerne la communauté linguistique de France, il s'agit d'une représentation puriste, conservatrice de l'usage de la langue, tout entière investie par le caractère exclusif de la Norme, celle qui fonde le Bon Usage, le seul légitime. Norme qu'on qualifiera donc de « puriste », car à travers elle, toute « différence ' perçue comme « fautive ») est considérée comme une menace, sa généralisation comme un facteur de « désintégration ». [13 <http://terra.rezo.net/article740.html#nb13> ]

LIEN : ...

- 2008-06-28

(DEBAT SUR LES LANGUES (EUROMINORITY)


BEN A PROPOS DE CE TEXTE D'EUROMINORITY
" JAURAIS PAS ETAIT PAR QUATRE CHEMINS TOUT PEUPLE MERITE SON INDEPENDANCE C'EST TOUT
CECI DIT ENNUMERER DES ARGUMENTS NE PEUX PAS FAIRE DE MAL


ACTUALITÉ o LES BRÈVES D'EUROMINORITY

Onze arguments contre les langues régionales : entre caricature et mensonges
[26/06/2008]

Le débat sur les « langues dites régionales », à savoir les langues minorisées en Alsace, Bretagne, Catalogne nord, Corse, Flandre, Pays basque ou Occitanie … est un film sans fin. On imaginait un épilogue du type « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants… polyglottes. » Mais après un maigre espoir insufflé par les députés qui souhaitaient que les langues régionales fassent partie du patrimoine de la nation, ce que certains appellent la « géronto-génération » siégeant au Sénat en a décidé autrement. Pour prendre une décision pareille, ils ont certainement évalué le pour et le contre. Le pour est simple : « Toutes les langues naissent et demeurent libres et égales en droit. » C'est vrai, existe-t-il des langues supérieures et des langues inférieures, des langues élues et des langues vouées à disparaître, des langues transcrivant parfaitement les principes d'universalité et des langues communautaristes ? Toute personne sensée répondra rapidement à cette question.

Partant du principe que toutes langues sont égales, comment expliquer qu'il existe encore des opposants aux « langues régionales » ?

Pourtant, les pires clichés circulent dans la presse. Peut-être agacé par le récent sondage de Ouest-France, estimant que 68 % des sondés sont favorables aux « langues régionales », une presse très conservatrice, le Figaro, a emboîté le pas, laissant ses colonnes à l'expression des clichés les plus caricaturaux qu'on puisse trouver. Ces interventions, fortement imprégnées de ce qu'on appelle l'anti-communautarisme, ne sont autres que l'expression la plus simpliste d'un nationalisme d'un autre âge. Celui qu'on hait souvent pour son intolérance et sa bêtise, et qui parfois a eu des effets désastreux. L'analyse de différents articles parus dans la presse nationale (Figaro donc, mais aussi l'Express ou le Monde) ces dernières semaines de juin permet de prendre conscience des maigres arguments développés par ces éditorialistes attitrés ou d'un jour.

- PREMIER ARGUMENT :
les langues régionales ne sont pas des langues mais de vulgaires patois
Lorsqu'on lit Paul-Marie Coûteaux, député européen, proche des milieux souverainistes et villiéristes, on s'aperçoit immédiatement du dédain qu'il exprime envers les langues autres que le français. Relatant ses vacances en Occitanie, il nous dit avoir « assisté un soir d'été à une représentation théâtrale jouée par une compagnie d'amateurs du canton entièrement en patois » (Le Figaro, 24/06/2008). L'occitan est en effet immédiatement qualifié de patois. Pourquoi parlerait-il de langues parce qu'il estime apparemment qu'il ne s'agit que de sous-langues, le terme patois étant utilisé de manière évidemment volontaire et péjorative. Il s'agit souvent d'une façon dévalorisante d'écarter tout débat sur la place des langues régionales dans nos sociétés.

- DEUXIEME ARGUMENT :
il y a 73 langues minoritaires en France et elles sont trop nombreuses pour toutes les protéger
Le même auteur voit « un autre problème : les minorités linguistiques sont si nombreuses en France, 73 selon le rapport de l'ancien délégué à la Langue française, M. Cerquiligni, que leur protection serait infinie » (Paul-Marie Coûteaux, Le Figaro 24/06/2008). En effet, les opposants aux langues régionales avancent le fait qu'il y aurait 73 langues minoritaires en France, selon le rapport officiel et très contestable de Bernard Cerquiglini. Il s'agit en effet d'une longue liste de langues et de leurs variantes, comme si, pour le français, on comptait les variantes du Québec, et celles parlées en Afrique ou ailleurs. Il s'agit pourtant de la même langue prononcée parfois de manière différente. Un autre rapport, rédigé par Bernard Poignant pour le Premier ministre (Lionel Jospin à l'époque) était plus pragmatique et recensait pour sa part 8 langues métropolitaines : l'alsacien-mosellan (forme écrite allemand), le basque, le breton, le catalan, le corse, l'occitan, le flamand (forme écrite néerlandais) et l'arpitan (appelé franco-provençal), ainsi que les créoles et les langues des DOM-TOM, dont le tahitien et le kanak sont les plus emblématiques et le cas particulier des langues d'oïl. Et qu'importe en définitive, toutes les langues se valent, qu'il y en ait 300 ou 2 !

- TROISIEME ARGUMENT :
les langues régionales mettent en péril l'unité nationale
Les langues régionales sont vues comme des ennemies à la nation. Le 18 juin dernier l'Académie français sortant de son rôle (la promotion du français) estimait que l'inscription des langues régionales dans la constitution était une atteinte à l'unité nationale française. En effet, les opposants aux langues régionales développent souvent des théories des plus saugrenues sur les objectifs des défenseurs des langues autres que le français. Pour les opposants aux langues régionales, sans caricaturer outre mesure leurs arguments, les locuteurs de langues régionales sont téléguidés par les ethnicistes allemands, eux-mêmes très influencés par les Américains impérialistes n'ayant qu'un seul objectif : détruire la France. Pour preuve Alain-Gérard Slama , éditorialiste au Figaro estime que la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution « serait faire droit à des revendications extrémistes et une poussée de replis identitaires » (Le Figaro 21/06/2008). Arrêtons-là la plaisanterie. Il existe en effet des liens au niveau européen entre les communautés de langues minoritaires. Des échanges de pratiques existent, en termes linguistique (terminologie, lexicographie, mise en place d'observatoires…), et parfois politique. De là, à imaginer que l'Allemagne, rance de son passé peu glorieux, est un modèle pour les communautés minoritaires de France, il y a des limites que la décence ne peut pas accepter.

- QUATRIEME ARGUMENT :
l'encouragement de la francophonie est incompatible avec la défense des langues régionalesCette théorie développée dans un article de François Taillandier, écrivain, est pour ainsi dire bizarre. Il prône l'encouragement de la francophonie, en affirmant qu'une « France qui voudrait se relier au monde commencerait par renforcer les liens de la francophonie » (Le Figaro, 24/06/2008). N'est-ce pas déjà le cas ? La promotion de la francophonie est doté de moyens que les langues régionales aimeraient bien se voir attribuer. Même s'il est vrai que les défenseurs des langues régionales, étant souvent francophones, ne s'y opposent pas ? F. Taillandier doit imaginer que reconnaissance des langues régionales serait un frein à la francophonie. Le fait que les francophones défendent leur langue est légitime. En effet, la langue française vaut tout autant que l'anglais, le swahili ou le basque. Elle n'est ni supérieure, ni inférieure. Mais en quoi les langues régionales peuvent-elles nuire à l'épanouissement du français ? Prône-t-il en filigrane l'impérialisme francophone, devant entraîner l'éradication de la pluralité linguistique ?

- CINQUIEME ARGUMENT :
les langues régionales ne permettent pas de véhiculer la modernité
Cet argument consiste à mettre sur des plans différents le français et les langues régionales. Le français est la langue de la modernité, tandis que les langues régionales sont des langues du passé. F. Taillandier parle des « langues que la modernité [et pas seulement en France] voue à mourir », thèse également développée par Alain-Gérard Slama qui estime que les langues régionales « tendent à décliner, moins par la volonté de l'État que sous le choc de la modernité ». Le premier insiste en estimant que « le comportement de nos élus en cette affaire a donné une pénible impression d'irresponsabilité ». Il enfonce le clou en indiquant que les promoteurs des langues régionales souhaitent accomplir « les rêves pastoraux du maréchal [Pétain] ». Ces propos ne sont pas tenus dans une gazette anonyme d'illuminés mais un journal d'audience nationale, se disant sérieux, à savoir le Figaro. Pas besoin de lire entre les lignes pour comprendre qu'ils souhaitent véhiculer un message des plus grotestes, à savoir que les langues régionales condamnées à mourir ne peuvent pas transmettre la modernité et sont la réminiscence d'idées pétainistes, chose défendue par nos élus qui se laisseraient embarquer dans l'affaire. On croit halluciner !

- SIXIEME ARGUMENT :
les langues régionales mettent en péril l'apprentissage du latin et du grec ancien
F. Taillandier pose la question suivante : « Donnera-t-on demain au basque, au catalan, au breton ces heures d'enseignement, ces postes que l'on s'obstine à retirer au latin et au grec, deux langues anciennes qui constituent le socle historique et culturel de la maison Europe ? ». Sait-il que l'apprentissage d'une langue régionale stimule l'apprentissage des langues en général ? Est-il un monolingue frustré pour imaginer cela ? Sait-il que les lycéens Diwan obtiennent souvent des résultats au baccalauréat que de nombreuses écoles leurs envieraient certainement.

- SEPTIEME ARGUMENT :
il vaut mieux apprendre l'anglais qu'une langue régionale
On nous le répète sans cesse. « Tout jeune Français devrait apprendre une des langues de l'Union, ainsi qu'une des grandes langues véhiculaires [l'espagnol, l'anglais]. » Mais cela n'est pas opposé à l'apprentissage d'une langue régionale. L'apprentissage d'une langue régionale, entretenant des liens avec le territoire, de manière précoce vaut largement la pédagogie désastreuse d'apprentissage de langues étrangères à un âge avancé. Les différentes études menées sur ce sujet, dont celles de Gilbert Dalgalian, spécialiste de l'apprentissage précoce des langue, le prouve largement. Nous savons ainsi qu'un enfant apprenant le breton, le basque, le catalan dans leur région auront plus de faciliter à apprendre une langue d'un autre pays.

- HUITIEME ARGUMENT :
le français doit être la langue exclusive en France
C'est ce qu'on comprend à la lecture d'Alain-Gérard Slama qui se fait plus direct quand il estime que « l'affaire ne souffre aucune discussion ». Donc ni débat, ni confrontation. Monsieur a raison et c'est tout. Soit, mais comment justifier cela ? C'est simple : pour lui l'Académie française a dit « depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France ». Faux, archi-faux, mensonge historique éhonté. Ces cinq derniers siècles, les langues régionales ont été parlées en France et sur des territoires qui, à cette époque, n'étaient pas français. L'exclusivité du français sur le territoire n'a jamais été le cas.

- NEUVIEME ARGUMENT :
les langues régionales sont en bonne santé, pourquoi les défendre alors ?
« La demande d'enseignement en breton est forte. Donc pourquoi en faire plus ? » lancent certains détracteurs. Il s'agit évidemment d'un mensonge. Les langues régionales agonisent, sont étouffées par une administration française zélée ne leur laissant aucune place. Les blocages pour l'ouverture de classes sont permanents. Certes, la demande est forte, mais l'offre n'est pas promue.

- DIXIEME ARGUMENT :
l'Europe veut imposer à la France sa vision de la pluralité
Le plus nationaliste des « écrivains » français s'inquiète a priori que la France puisse se démocratiser. En effet quand il écrit que « faire entrer [les langues régionales] dans la Constitution peut être une porte ouverte vers la ratification de la Charte européenne sur les langues régionales », il a raison. Et nous pourrions lui répondre que c'est un bien. En effet, pourquoi les différents États européens ayant adhéré à l'UE ont-ils été obligés de signer et ratifier ce texte (souvent sommés par la France de le faire), et que la France pourrait s'en dédouaner ? La France doit respecter les mêmes critères démocratiques que ses voisins ! La protection légale des langues régionales et minoritaires est un droit améliorant le standard démocratique permettant d'atteindre un niveau élevé de cohésion d'une société. Il ne s'agit en rien d'un élément de division, mais plus de cohésion euopéenne. L'Europe ne pourra se construire que dans le respect des autres, de leurs différences et des langues pratiquées par les citoyens qu'elles soient nationales ou régionales.

- ONZIEME ARGUMENT :
la France est une exception culturelle
Si on suit ce raisonnement, cela veut peut-être dire que la France ne peut pas suivre la vague de démocratisation déferlant sur le reste du monde, car ses coutumes et ses dogmes l'en empêchent. En effet, si l'exception culturelle prônée par les détracteurs des langues régionales empêche toutes avancées en matière de reconnaissance de la diversité culturelle, peut-on estimer que la France est un modèle universaliste ? Après en avoir fait l'expérience, lorsqu'il arrive de discuter avec un Allemand, un Italien ou un Chinois de cette exception française, ils rient, bien évidemment. Ils répondent tout simplement qu'ils sont aussi une exception car, qu'il s'agisse des peuples majoritaires ou minoritaires, chacun a ses particularismes culturels. La France n'est donc pas une exception. Elle crée son exception. Les plus beaux discours peuvent être tenus quant à la survie des peuples premiers (le musée du quai Branly à Paris en est la preuve formelle), mais s'ils ne s'appliquent qu'à l'extérieur, n'est-ce pas des incantations sans fondement ? Le conseil constitutionnel estimant que le concept de minorité n'existant pas sur le « sol français », la défense des langues minoritaires n'est par conséquent pas possible. C'est le cas surtout depuis 1992, lorsque pour s'opposer à l'anglicisation de la société, les parlementaires ont ajouté à la constitution l'article 2 stipulant que "le français est la langue de la République", principe s'étant retourné immédiatement contre les langues régionales. Les parlementaires avaient pourtant fait la promesse que ce ne serait pas le cas.


L'attitude qu'on peut qualifier de sectaire, pour rester gentil, des défenseurs exclusifs du français est honteuse. Leurs arguments sont caricaturaux, faux et méprisants. Il rappelle le plaidoyer de Marine Le Pen contre les panneaux bilingues en Bretagne, estimant que le rôle de la France est d'assimiler les populations au détriment de leurs origines et de leurs langues. En les lisant, on a l'impression que la langue française est supérieure aux autres langues. Le français n'est pas la seule langue parlée en Bretagne, au Pays basque, en Catalogne nord, en Alsace ou en Corse... Des locuteurs de langues minorisées veulent les parler, qu'elles soient enseignées et officialisées. Comment, au moment où l'ONU a décrété l'année 2008 Année mondiale des langues, de tels comportements peuvent-ils encore exister ? Espérons, comme le montrent les récents sondages, que les citoyens européens soient plus ouverts d'esprit que ces derniers spécimens d'une autre époque. Ces raisonnements écœurants ne peuvent qu'amener les Alsaciens, Basques, Bretons, Catalans, Corses, Flamands ou Occitans a ne plus croire dans ce modèle fait de mensonges, de mauvaise fois et de mépris.

(Eurominority)

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- 2008-06-28

DEBAT SUR LES LANGUES (SUITE)

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BEN EN COLERE
LA FRANCE CONSIDERE CLAUDE LEVI STRAUSS COMME SON PLUS GRAND INTELECTUEL ET POURTANT LA FRANCE SON SENAT SON ACADEMIE FRANCAISE VA CONTRE TOUT CE QUIL A DIT
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recu de Dempuèi Tolosa <jacme@occitania.org>
DIVERSITÉ DES CULTURES
La nécessité de préserver la diversité des cultures dans un monde menacé par la monotonie et l'uniformité n'a certes pas échappé aux institutions internationales. Elles comprennent aussi qu'il ne suffira pas, pour atteindre ce but, de choyer des traditions locales et d'accorder un répit aux temps révolus. C'est le fait de la diversité qui doit être sauvé, non le contenu historique que chaque époque lui a donné et qu'aucune ne saurait perpétuer au-delà d'elle-même. Il faut donc écouter le blé qui lève, encourager les potentialités secrètes, éveiller toutes les vocations à vivre ensemble que l'histoire tient en réserve; il faut aussi être prêt à envisager sans surprise, sans répugnance et sans révolte ce que toutes ces nouvelles formes sociales d'expression ne pourront manquer d'offrir d'inusité. La tolérance n'est pas une position contemplative, dispensant les indulgences à ce qui fut ou à ce qui est. C'est une attitude dynamique, qui consiste à prévoir, à comprendre et à promouvoir ce qui veut être. La diversité des cultures humaines est derrière nous, autour de nous et devant nous. La seule exigence que nous puissions faire valoir à son endroit (créatrice pour chaque individu des devoirs correspondants) est qu'elle se réalise sous des formes dont chacune soit une contribution à la plus grande générosité des autres.
Claude Lévi-Strauss, Le double sens du progrès, in Race et
histoire, éditions Gonthier, UNESCO, 1961.
Dempuèi Tolosa <jacme@occitania.org>
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BEN EN COLERE
DONNE RAISON PHILPPE SOUR QUAND IL ECRIT :

Deux semaines après le débat historique organisé à l'Assemblée nationale sur les langues régionales, les députés ont examiné le 22 mai le projet de loi constitutionnelle de « modernisation des institutions de la Vème République ». A cette occasion, les députés ont adopté à la quasi-unanimité un amendement qui complète l'article 1er de la constitution en précisant que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ».
La fédération « Régions et peuples solidaires » salue une nouvelle fois l'action des députés de toutes tendances en faveur du respect de la diversité culturelle. Elle est le fruit du combat incessant mené depuis des décennies par des millions de citoyens profondément attachés à leur langue et à leur identité ; combat porté ardemment par « Régions et peuples solidaires » depuis sa création en 1994.
Néanmoins, pour être acquise , cette révision de l'article 1 doit être votée dans les mêmes termes par le Sénat puis par le Congrès réuni à la majorité qualifiée des 3/5ème . En outre, elle n'a qu'une valeur symbolique et ne confère aucun droit à utiliser les langues régionales dans la sphère publique, conformément aux souhaits de la Ministre de la Culture, Christine Albanel.
Par conséquent, si la révision de l'article 1 constitue un premier pas significatif, elle doit être suivie d'autres mesures concrètes pour faire avancer la France sur le chemin de la diversité culturelle . « Régions et peuples solidaires » appelle donc le gouvernement et les élus à initier dès maintenant les démarches suivantes :
1- Révision de l'article 2 de la constitution précisant que « la langue de la République est le Français dans le respect des langues régionales » .
2- Ratification de la « Charte européenne des langues régionales ou minoritaires » du Conseil de l'Europe.
3- Adoption d'une nouvelle législation permettant la mise en place de moyens juridiques, humains et financiers nécessaires à la promotion des langues régionales dans l'éducation, les médias et la vie publique.
4- Transfert de compétences aux régions sur la politique linguistique au titre du droit à l'expérimentation inscrit dans la constitution depuis 2003.
Fidèle à son combat pour la diversité culturelle, la fédération « Régions et peuples solidaires » soutiendra toute démarche favorable à la protection juridique et à l'épanouissement public des langues dites « régionales ».
Philippe Sour, chargé de communication R&PS
.R&PS - Fédération Régions et Peuples Solidaires
www.r-p-s.info/rps.htm
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BEN EN COLERE
ET JE DONNE RAISON A LA LBDH A( M.HERJEAN)

LBDH : Les caméras font leur entrée dans les gardes-à-vue mais pas pour les dossiers suivis par la section anti-terroriste, Bretons Basques Corses... etc.
Depuis le dimanche 1 juin 2008, tous les interrogatoires menés au cours d'une garde à vue et toutes les auditions devant un juge devront être filmés, enregistrés et gravés sur CD-ROM.
Jusqu'ici, le dispositif était obligatoire pour les mineurs. Il s'étend désormais à toutes les affaires, sauf pour les dossiers relevant « du terrorisme »et du grand-banditisme. Cela a été voté dans la loi le 5 mars 2007, après le fiasco de l'affaire d'Outreau. Avec ce système, les droits de la défense seront réellement garantis et en cas de litige, on aura une preuve de la façon dont se sont déroulées les auditions.
« Les militants politiques bretons, basques ou corses sont donc exclus des largesses de cette nouvelle loi » qui est censée améliorer les droits de la défense (lire la suite)
<http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=11031>
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- 2008-05-23

MEME L'ART CONTEMPORAIN Y VIENT

NL ETHNISME
"ArtAujourdhui.info" <contact@artaujourdhui.info>
Les petites nations semblent s'interroger dernièrement sur les contours de leur culture et, par conséquent sur les fondements de leur identité. On l'a vu avec la France qui a réagi tout rouge lorsque Time a lancé sa pique sur la fin de la culture française. La manifestation « La force de l'art » au Grand-Palais, qui se tient tous les trois ans, peut aussi être lue dans cette optique - prouver absolument qu'en France aussi on crée donc que l'on existe (même si l'on coûte moins cher aux enchères…). A Zurich, le Kunsthaus s'essaie à définir ce qu'est l'art suisse. Pour montrer l'ambition du propos, l'exposition, avec installations, performances, vidéo déborde dans le centre de la ville et même à l'aéroport. Plus au nord, une démarche comparable aborde une réalité encore plus brûlante, celle de la Wallonie dans une Belgique prise de ferments séparatistes. Sous un titre amusant et énigmatique,

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- 2008-05-23

A TITRE D'INFORMATION

POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE (politique internationale )


Le 11-Septembre n'est pas seulement un terrible attentat terroriste. C'est aussi un naufrage médiatique. Deux principaux griefs peuvent en effet être adressés aux grands médias : d'abord, leur tendance à occulter les remises en question sérieuses de la version bushiste des attentats, pour faire leurs choux gras de polémiques "people" très secondaires, en n'hésitant pas d'ailleurs à mener de véritables procès en sorcellerie contre les sceptiques ; ensuite - et surtout -, leur incohérence lorsqu'ils défendent machinalement l'histoire officielle et descendent tout aussi machinalement ceux qui s'en éloignent, alors même que la plupart des informations contredisant cette version émanent de leurs propres colonnes !
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POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE (politique internationale )

AIME CESAIRE, UN PRECURSEUR.
Aimé Césaire à la fois poète, dramaturge, essayiste, historien restera pour nous, occitans, l'auteur du « Discours sur le colonialisme » Ce pamphlet anti-colonialiste paru en 1950 le place aux côtés de Franz Fanon et de Léopold Senghor. Par ce pamphlet il annonce l'ethnisme de François Fontan : « Ethnisme, vers un nationalisme humaniste » paru en 1961
Le pamphlet d'Aimé Césaire présente le crime hitlérien comme le fait d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevait jusque là que les arabes d'Afrique, les coolies de l'Inde ou les nègres d'Afrique. Il y dénonce le pseudo humanisme occidental : « Ce que le bourgeois du XX° siècle ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, c'est l'humiliation de l'homme blanc ». De ce fait le pseudo humaniste est, selon lui, « sordidement raciste »
Ainsi Aimé Césaire se fait le chantre de la négritude. Par là il revendique à la fois le droit à la différence et le droit à l'égalité. Le concept de négritude est apparu par la suite comme trop vague pour être efficace. Il s'ensuit pour Césaire que l'égalité recherchée peut être obtenue par simple autonomie dans le cadre des Etats existants sans séparation. L'indépendance des Antilles lui parait dangereuse probablement à cause d'un possible américanisation.
La visite silencieuse du Président de la République française nous apparaît comme un étrange hommage. Annonce-t-elle une repentance officielle pour crime contre les peuples colonisés ? Rien n'est moins sûr. La France s'accroche éperdument aux confettis de son empire passé. Mais surtout il y a la Corse, la Nouvelle Calédonie, la Bretagne ou la grande Occitanie où subsistent des langues indigènes comme aux Antilles.
Ne serait-ce qu'un temps, seule la proclamation de l'indépendance des Antilles peut rendre sa dignité à la « négritude » jusque et y compris la récupération de la parole, c'est-à-dire des langues indigènes. C'est du moins ce que souhaite le Parti de la Nation Occitane aux côtés des indépendantistes antillais et de tous les indépendantistes du monde, indépendance fondée sur la culture spécifique de chaque peuple.
Le 20 avril 2008 Parti de la Nation Occitane B.P 44 F - 30201 Bagnols sur Cèze
Tél. 04 66 82 71 94 president@p-n-o.org 10 rue de Romas 47000 AGEN
05 53 47 64 02 ----06 76 47 32 12 josepserre@yahoo.fr




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POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE (langues et occitanie )


LE 7 MAI A L'ASSEMBLE (DEBAT OU ALIBI ET CALANDES GREQUES )
« Je me réjouis que le Premier Ministre tienne l'engagement qu'il avait pris à ma demande sur les langues régionales » déclare le Député Marc LE FUR. « Il avait promis un débat à l'Assemblée sur les langues régionales préalable à la réforme institutionnelle. Ce sera le cas le 7 mai prochain » continue le Vice-président de l'Assemblée nationale. « Ce débat est historique. C'est la première fois qu'il a lieu à l'Assemblée » poursuit Marc LE FUR. « De nombreux députés issus des régions concernées se mobilisent d'ores et déjà sur ce sujet et je les invite tous à être présents le 7 mai prochain dans l'hémicycle. » conclue le Député des Côtes d'Armor. Marc LE FUR est reconnu pour son action de promotion des langues régionales. Depuis 4 ans, il a eu l'occasion par trois fois de déposer un amendement à la constitution afin que les langues régionales soient reconnues.
Joan-Pèire baquie
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POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE (politique internationale et langues )


ATTENTION LEUROPE PEUT ETRE IMPERIALISTE : LA PREUVE
Bon Dia, Agur, Adishatz, Tah-shi de-leh*,(* Bonjour en Tibétain)
Il a traduit le site du Parlement Européen dans sa langue, le catalan, à défaut de l'avoir officiellement obtenu des autorités européennes, après de multiples pétitions. Ces même autorités élues européennes lui demandent -en espagnol- d'arrêter le site sans avoir, au préalable, prévu un site en catalan ....
Que fait-il penser de la répression espagnole contre la langue catalane ? Que faut-il penser des européens qui interdisent aux catalans d'être européens dans leur langue ? Que faut-il penser le l'année de l'inter-culturalité européenne ? Que faut-il penser de l'année des langues à l'ONU ? Que faut-il penser des recommandations de l'UNESCO à ce propos ?Regardez son COURRIER <http://multimedia.avui.cat/0000025500/0000025588.pdf> .
Regardez son site <http://www.europarl.cat> .C'est qu'en même extra-ordinaire, les institutions européennes (avec tous les moyens que les peuples d'Europe leur donnent) ne sont pas capables de proposer des sites d'information en catalan (parlée par plus de 11 millions de personnes) mais pour 500.000 maltais .... car ils ont un État ! C'est le paradoxe de l'indépendantisme européen.Il faudra essayer un jour comprendre de quelle manière l'U.E. est au service des citoyens, ou pas ?
Bien cordialement, Jacme Delmas citoyen européen et occitaniste.

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- 2013-06-16

DEBAT A LASSEMBLE

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POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE ( langues et occitanie )

Le sénateur Jean Luc Mélenchon accuse Diwan d'être une secte
Au cours d'un débat qui a eu lieu aujourd'hui au Sénat sur les langues régionales, le sénateur de l'Essonne a qualifié l'école DIWAN de « secte » sans autres explications.
Alors que le sénateur des Côtes-d'Armor, Gérard Le Cam, déclarait que « 92 % des Bretons pensent qu'il faut préserver la langue bretonne. Les familles se tournent ainsi vers les écoles et les collectivités locales. Trois filières bilingues existent en Bretagne : l'enseignement public, depuis 1983, avec Div Yezh, et l'enseignement privé, depuis 1990, avec Dihun, proposent un enseignement bilingue à parité horaire, et l'association Diwan... » , le sénateur Mélenchon, incapable d'attendre son tour de parole, s'écriait « C'est une secte ! ».
Dans son intervention il s'est aussi dit « fier d'être jacobin, ne parlant que la langue française - et l'espagnol, langue de mes grands-parents ».
Mélenchon s'en est violemment pris à la langue bretonne, la qualifiant de « substitut aux cinq langues bretonnes existantes » et de langue de la collaboration car elle aurait été unifiée pendant la guerre en zone occupée. Il a rappelé, sans le citer, que Roparz Hemon, un grammairien breton et écrivain en langue bretonne, le principal acteur de l'unification du breton, avait été condamné pour faute de collaboration.
Si l'on suit le raisonnement de M. Mélenchon, les physiciens et les chercheurs doivent immédiatement abandonner la physique quantique car elle fut fondée par le prix Nobel Werner Heisenberg, un nazi convaincu, qui était aussi le chef du projet atomique allemand pendant la seconde guerre mondiale. On devrait aussi arrêter le programme Ariane car sa technologie de lancement à étages a été inventée et développée par Von Braun pendant la guerre. Von Braun collaborait activement avec les nazis et a même failli, comme Heisenberg, leur faire gagner la guerre. Autre chose qu'animer une radio en breton à Rennes comme l'a fait Roparz Hemon. Comme la physique quantique, la langue bretonne unifiée ne serait pas valable car conçue pendant la guerre ou par des gens ayant profité de la guerre pour faire avancer leur objectifs.
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POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE ( langues et occitanie )

Communiqué de presse
Une loi pour les langues régionales.
C'est la 85ème tentative depuis 1958 pour faire reconnaître la diversité linguistique dans l'Etat français ! Le gouvernement a enfin décidé d'organiser le 7 mai dernier un débat à l'Assemblée Nationale sur le sort des langues régionales. Quatre heures de débat. Du jamais vu ! Cela fait suite à l'engagement du Président de la République lors de la campagne présidentielle de proposer une loi pour les langues régionales. C'était le 9 mars 2007 dans un discours électoral prononcé à Caen. C'est cette solution qui est choisie par le Gouvernement. Un geste minimum ; le gouvernement entend ainsi persister dans le refus de ratifier la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires et de modifier l'article 2 de la Constitution selon lequel : « La langue de la République est le français », prétexte pour exclure tout autre langue. C'est au nom de cet article que la République Française a refusé de ratifier la Charte alors qu'elle l'avait signée. Le risque demeurera donc que toute éventuelle avancée législative soit censurée par le Conseil Constitutionnel
La montagne va-t-elle accoucher d'une souris ? C'est fort probable tant le sujet reste tabou dans les hautes sphères politiques parisiennes. Nos langues sont dites « régionales ». Comme toute langue dans le monde elles sont en fait « nationales ». Elles ne seront reconnues et enseignées que si l'État et les collectivités territoriales concernées les prennent en charge en tant que telles. Une loi peut permettre d'avancer dans ce sens.
Mais sachons que les langues des peuples de France ne retrouveront la normalité que si ces derniers obtiennent une large autonomie comme c'est le cas en Catalogne ou au Pays de Galles.
Les langues ne se séparent pas du sort des peuples qui les parlent.
Parti de la Nation Occitane B.P 44 F - 30201 Bagnols sur Cèze Tél. 04 66 82 71 94
president@p-n-o.org Le 13 Mai 2008 Tél 04 66 82 71 94
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POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE ( langues et occitanie )

Langues régionales : Le gouvernement propose le modèle turc plutôt que le modèle des autres démocraties européennes C'était la première fois depuis le début de la Ve République qu'un gouvernement acceptait d'organiser un débat à l'Assemblée nationale sur ce sujet.
Les débats ont eu lieu dans un hémicyle aux trois-quarts vide. À noter toutefois les interventions de Marc Le Fur, de Marylise Lebranchu et de François de Rugy.
Dans sa conclusion, la ministre de la Culture, Christine Albanel, parlant au nom du gouvernement, a rejeté une nouvelle fois la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires . Citant les pays européens voisins de la France qui, eux, ont signé et ratifié la charte, elle a tenu à rappeler que la France avait un régime particulier incompatible avec plusieurs articles de la charte. Pour la ministre de la culture, la ratification de la charte impliquait un « droit imprescriptible » de parler une langue régionale dans la sphère publique _ « Ce qui est contraire à des principes constitutionnels aussi fondamentaux que l'invisibilité de la République, l'égalité devant la loi et l'unité du peuple français » a-t-elle déclaré.. La constitution ne sera pas amendée, alors qu'elle est amendée régulièrement sur proposition du gouvernement pour accommoder les lois et les traités européens
Christine Albanel s'est prononcée contre l'officialisation des langues régionales, citant les coûts de traduction que cela entraînerait pour les textes officiels et les débats quant aux langues et aux textes qui devraient être traduits. Elle a bien sûr omis de citer que c'est le cas de l'Europe et que justement, dans le cas de l'Europe, la France est tout-à-fait d'accord pour payer les coûts de traduction, même pour de petits États dont la langue a moins de locuteurs que certaines langues minorisées et non reconnues en France.
Par contre la ministre a rappelé les dispositions réglementaires existantes pour que tout soit mis en œuvre pour le développement des langues régionales. Dans la tradition bien française et anti-démocratique d'un gouvernement qui définit l'agenda du parlement, elle a annoncé que le gouvernement proposerait un texte de loi, un cadre de référence, dont les limites seraient celles de la constitution et des principes républicains. A ce sujet le choix d'une fin d'après-midi , la veille d'une fête nationale, pour organiser le débat d'aujourd'hui, n'est pas passé inaperçu aux yeux des partisans des langues régionales. Beaucoup de député-maires avaient déjà quitté Paris pour se rendre dans leur ville présider les commémorations du 8 mai.
Marylise Lebranchu qui avait anticipé ce dénouement a fait une mise en garder à propos d'une nouvelle loi sans changements constitutionnels: « Je rappelle que la loi permettant l'enseignement en langue régionale, notamment dans les écoles Diwan, avait été censurée par le Conseil constitutionnel. Il serait frustrant et humiliant que toute loi nouvelle sur les langues régionales reste condamnée d'avance. Il faut y prendre garde, car l'humiliation conduit à la violence. Procédons plutôt par ordre : nous avons besoin d'une révision de la Constitution, puis de textes législatifs précis. Sans cela, l'expérimentation aujourd'hui proposée par le président du conseil régional de Bretagne, par exemple, risque fort d'être inconstitutionnelle. »
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POUR UN AUTRE SON DE CLOCHE ( langues et occitanie )

Le débat sur les langues de France va vraisemblablement avoir lieu à l'Assemblée nationale. Cela devient la priorité des priorités. Il me paraitrait impensable que Convergencia Occitana ne prenne pas une initiative forte. C'est pourquoi l'urgence est à l'interpellation des députés de la République puisque ce sont eux qui composent l'Assemblée Nationale. Plus tard, si tout va bien, nous aurons aussi à interpeller nos Sénateurs puis à entretenir une pression lors de la convocation du Parlement à Versailles.
Aussi notre extrême urgence est-elle d'abord et au minimum de remettre au plus tard la semaine prochaine en main propre à l'ensemble des Députés de la Région Midi-Pyrénées une lettre où nous exposons la situation de manière synthétique et où nous énumérons ce que nous et l'Occitanie attendons d'eux.
Voici un brouillon que je livre, comme document de travail, pour amorcer la discussion, à ceux de Convergencia Occitana qui voudront bien se regrouper pour rédiger un document définitif et, si possible, consensuel :
« Les langues de France font partie des réalités millénaires de la France et elles sont l'une des sources permanentes de ce qui constitue le génie tout aussi millénaire de la France.

« Curieusement l'article 2 de la Constitution, dont le but était de préserver le français de l'intrusion progressive de l'anglais dans les expressions officielles de la République, n'a jamais été utilisé à cette fin, mais a servi avec constance d'arme contre l'ensemble des langues de France, contribuant ainsi à les mettre en péril. Paradoxalement, mais du fait de la même logique, il s'en est hélas aussi ensuivi un affaiblissement de la position du français au sein des usages de l'Union européenne. Les rédactions en français des textes officiels de l'Union européenne ne représentent plus que 25% de la masse des documents produits, le reste revenant à la langue anglaise, alors que ces proportions étaient encore inversées il y a 25 ans au sein de le Communauté européenne.

« Aujourd'hui nous voyons certaines institutions officielles de la République rédiger des notes internes ou des publications scientifiques internes en anglais. Aujourd'hui nous voyons la France être représentée au prochain concours Eurovision par une chanson en anglais, ce concours étant diffusé en France sur l'une des principales chaines de télévision française, en infraction avec l'article 2 de la Constitution.

« Ainsi aujourd'hui ce ne sont plus seulement les langues de France qui sont en péril mais c'est aussi la langue française elle-même.

« Aussi la France est-elle en droit d'attendre une importante mise à jour de ses lois et de sa constitution afin que soient définitivement protégées l'ensemble des langues françaises et afin que leur enseignement et leurs utilisations reprennent leur place au sein de la vie de la République.

« Pour parvenir à ces fins, trois mesures essentielles doivent être décidées par le Gouvernement et par le Parlement. Ce sont, par ordre de priorité :

(1) La création d'une loi spécifique autorisant l'usage, l'enseignement à tous les niveaux de l'éducation nationale et le développement de l'ensemble des langues de France telles qu'elles sont énumérées dans le rapport de la Délégation Nationale à la Langue française et aux Langues de France.

(2) Le création d'une loi spécifique interdisant totalement l'utilisation de quelque langue étrangère que ce soit dans l'ensemble des administrations et des institutions de la République.

(3) Des modifications de la Constitution de la République : (a) Modification de l'article 2 de manière à empêcher toute intrusion d'une langue étrangère dans les expressions de la République ; (b) Modification de l'article 2 spécifiant que la langue française est la seule langue de France exclusivement utilisée dans les actes officiels de la République ; (c) Modification de l'article 2 énumérant toutes les langues de France et spécifiant que ces langues sont imprescriptibles et font partie intégrante et inamovible des langues de la nation française.

(4) Rendre les libellés des modifications de la constitution compatibles, constitunionnellement avec la ratification de la Charte européenne des langues.

(5) Procéder à la ratification de cette Charte européenne des langues. Cette ratification est aussi nécessaire pour que la France, patrie des Droits de l'homme, puisse être exempte de toute contradiction lorsqu'elle défend les droits des minorités dans d'autres pays du monde (en Turquie, en Chine, etc…) et lorsqu'il est question, au niveau mondial, des Droits des luangues.

(S'ensuit : demande au député de défendre auprès de son groupe politique puis devant l'Assemblée Nationale, nos propositions ; avec une attention particulière au Député-Maire de Toulouse.)
Bien sûr en se concertant avec l'ensemble des initiatives en cours, sans exclusive, tant en Occitanie que dans les autres endroits concernés (Bretagne, Catalogne, Pays Basque, Corse, Alsace, Créoles, etc…)

Je tiens à souligner un point qui me paraît important : nous ne devons pas minimiser Convergencia Occitana. (Tant en cette circonstance qu'avec Anèm Oc et que lors de la très prochaine "assemblée constituante" de l'Académie de l'Occitan" qui va se réunir au Val d'Aran le 23 mai et où à ma connaissance Convergencia Occitana n'a pas été invitée). Ce point a déjà fait l'objet de débats il y a quelques années : notre combat est celui de toute l'Occitanie et pas uniquement celui de la petite portion d'Occitanie qui est autour de Toulouse. Donc nous sommes « Convergencia Occitana » et surtout pas « Convergencia Occitana Tolosa ». Ne soyons surtout pas restrictifs. Des Convergencia Occitana se créent ailleurs par exemple à Nice. Encourageons activement la création d'autres Convergencia Occitana et militons pour leur fédération. Entretenons ces réseaux. Notre but est l'Occitanie et rien d'autre. De même que nous savons tous que l'évidence est que l'union a toujours fait notre force de même nous savons que les désunions et les querelles de chapelle sont un mal endémique occitan qui est la cause des désillusions de notre passé. Ne retombons pas dans ce piège qui pourrait être mortel.

Amistats,
Bertran de La Farge

LIEN : ...

- 2013-06-16

A PROPOS DE RACE ET HISTOIRE DE AURELIEN SADI

Race et Histoire, Claude LEVI-STRAUSS
Aurélien SAIDI


A) Circonstances de production de l'œuvre

1) La vie de l'auteur
Fils d'un artiste peintre portraitiste, Claude Lévi-Strauss naît à Bruxelles le 28 novembre 1908. Il accomplit son second cycle universitaire au lycée parisien Janson de Sailly, avant d'entrer en hypokhâgne littéraire au lycée Condorcet (1926) où il suit le cours de philosophie d'André Cresson. Connaissant quelques difficultés en grec, il renonce à continuer en khâgne. Il ne passera alors les portes de la rue d'Ulm qu'en temps que secrétaire du « Groupe d'études socialiste des cinq Ecoles Normales Supérieures ». Fasciné par Marx, militant pour la SFIO, il choisit un double cursus de droit et de philosophie à la Sorbonne. Sous la direction de Célestin Bouglé, il valide son mémoire d'études supérieures, intitulé « Les postulats philosophiques du matérialisme historique » en même temps que sa licence de droit. En 1928, il prépare son agrégation de philosophie, au côté de Merleau-Ponty et Simone de Beauvoir, qu'il valide l'année suivante en compagnie de Ferdinand Alquié et Simone Weil. Sa rencontre avec Paul Nizan (marié à une de ses petites cousines) l'encourage sur le chemin de l'ethnologie ; la lecture du livre de Robert H. Lowie, Primitive Society (1920), lui fait définitivement franchir le pas. C'est ainsi qu'en 1934, après avoir accompli son service militaire, travaillé au ministère de la Guerre, professé au lycée de Mont-de-Marsan et abandonné toute carrière politique, il accepte la proposition de Célestin Bouglé, alors directeur de l'ENS, de postuler pour une chaire de sociologie à l'université de São Paulo, au Brésil. Il y enseigne durant trois ans jusqu'en 1938 ; jugé trop peu comtien et durkheimien par ses collègues, il lui faut l'appui de Pierre Monbeig et Fernand Braudel, membres de la mission française, pour se maintenir à son poste. Puis il effectue avec sa femme, Dina Dreyfus, une recherche pour le Musée de l'Homme qui le conduit dans le Mato Grosso à la rencontre des indiens Bororo et Caduveo, dont les conclusions seront soigneusement archivées dans ses Tristes Tropiques (1955). Nul enseignement universitaire ne lui confère son titre d'ethnologue, autre que ces articles (attirant notamment l'attention de Robert Lowie), ses collections exposées au Musée de l'Homme et l'aval de Lévy-Bruhl, Mauss et Rivet.
Il lève de nouveaux crédits auprès du Musée de l'Homme et de la Recherche scientifique qui lui permettent de lancer une nouvelle expédition au Brésil, à l'Ouest du Mato Grosso, entre Cuiabá et le Rio Madeira, le conduisant sur les terres des Nambikwara, séjour qu'il retrace dans son article « La vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara ». De retour en France, la seconde guerre mondiale ne tarde pas à éclater : mobilisé puis démobilisé pour retourner dans l'Education nationale, il est miraculeusement aidé par un fonctionnaire de Vichy qui refuse de l'envoyer au lycée Henri IV où il a reçu un poste, en zone occupée. Il se voit refusé un visa pour le Brésil mais, avec le soutien de la fondation Rockefeller notamment, il est accueilli aux Etats-Unis, à New York, où il retrouve André Breton et Alfred Métraux, et fait la connaissance de Yves Tanguy, Marcel Duschamp, Max Ernst, Pierre Lazareff, George Duthuit Peggy Guggenheim., ou encore trois grands de l'ethnologie américaine, Robert Lowie A.L.Kroeber et le retraité Boas ; mais la rencontre décisive du linguiste Jakobson lui fait prendre conscience du potentiel de la méthode structurale. Il enseigne alors au Etats-Unis avant de rentrer en France en 1947, via Londres. L'année suivante, il est nommé chercheur au CNRS et soutien sa thèse sur Les structures élémentaires de la parenté (1949) devant le doyen de la Sorbonne, Davy, président du jury, Emile Benveniste et Albert Bayet. Il fait la connaissance de sa seconde femme chez son ami Jacques Lacan. Sa thèse, appréciée de Simone de Beauvoir qui écrit un article dans Les Temps Modernes et de Georges Bataille, a un tel retentissement qu'il est chargé d'assurer des séminaires à la VIe section de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, à la demande de Lucien Febvre. Sa candidature au Collège de France est rejetée à deux reprises du fait de l'opposition de l'administrateur. En 1950, après un séjour en Inde et au Pakistan pour le compte de l'UNESCO, soutenu par Georges Dumézil et Marcel Bataillon, il est élu directeur d'Etudes à la Ve section de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (Sciences religieuses), à la chaire des « Religions comparées ». Il publie en 1952 le texte Race et Histoire à la demande du Département de Sciences Sociales rattaché à l'UNESCO.



2) L'œuvre
Au cœur de cet article repose ce qui constitue vraisemblablement le principal fondement des relations entre l'ethnologue, son milieu d'origine, l'Occident, et son milieu d'accueil, les « populations traditionnelles ». La qualification de ces dernières résume à elles-seules le fond du problème : il a souvent été question de « sociétés primitives » voire de « sociétés exotiques ». Lévi-Strauss fait donc le point sur les notions de progrès, de culture, ou encore de « sens de l'histoire ». Ne rejetant pas toute utilisation du vocable « race », il n'a de cesse de montrer les liens étroits qui unissent le racisme, pris dans une acception neutre d'une conception de la division de l'humanité en races, et d'ethnocentrisme. L'Occident, plus que tout autre civilisation, a à souffrir de la critique de Lévi-Strauss, compte tenu de la position dominatrice qu'elle impose sur tout mode de pensée.
Par ailleurs, Lévi-Strauss revient dans ce texte sur les dangers et les limites que pose la méthode historique - longtemps critiquée pour ses verbiages descriptifs et ses récits sans conclusion - reprenant ça et là les observations proposées dans son article de 1949, « Histoire et Ethnologie ». Race et Histoire nous replace en ce sens dans un débat vieux de quelques années, opposant l'histoire à l'ethnologie, et qui trouve ses sources dans les articles de Henri Hausser et François Simiand, respectivement, « L'enseignement des sciences sociales » (1903), et « Méthode historiques et science sociale » (1903). Ainsi, l'anthropologie structurale permet, par l'établissement d'une « structure », d'établir un modèle de la face « inconsciente » d'une société, ne se bornant pas à de simples considérations générales ethnographiques mais autorisant la comparaison et l'analyse des différents modèles instaurés, cette comparaison avec « l'Autre » sans aucune référence ni au progrès, ni à l'évolutionnisme. Mais loin d'opposer l'histoire et l'ethnologie, Lévi-Strauss préfèrera toujours insister sur leur complémentarité : « c'est donc aux rapports entre l'histoire et l'ethnologie au sens strict, que se ramène le débat. Nous nous proposons de montrer que la différence fondamentale entre les deux n'est ni d'objet, ni de but, ni de méthode ; mais qu'ayant le même objet, qui est la vie sociale ; le même but qui est une meilleure intelligence de l'homme ; et une méthode où varie seulement le dosage des procédés de recherche, elles se distinguent surtout par le choix de perspectives complémentaires : l'histoire organisant des données par rapport aux expression conscientes, l'ethnologie par rapport aux conditions inconscientes, de la vie sociale » (« Histoire et Ethnologie » in Anthropologie Structurale, 1985 [1956], p.31).
En conséquence, nous ne serons pas étonnés que les propos de l'ethnologue français aient déchaîné les foudres, peu enclines à accepter une relativisation des mérites de nos traditions. Nous souhaitons dans ce travail rétablir le plus honnêtement possible le contenu d'une pensée souvent mal comprise, mal acceptée, mais néanmoins extraordinairement révolutionnaire et subtile. Il nous faudra alors répondre cette question posée par le document de l'UNESCO de 1952 : y-a-t-il une contribution des races humaines à la civilisation mondiale ?
B) Race et Histoire


1. Races et diversité des cultures
Scientifiquement, il a été démontré que la notion de « race » n'avait aucun sens ; cependant, il y a un refus de Lévi-Strauss de réintroduire la vocable pour parler de contribution spécifique à un patrimoine commun et de refaire la doctrine raciste à l'envers. Reconnaissant cependant que le « péché originel de l'anthropologie » est d'avoir confondu les valeurs biologiques et les concepts de la sociologie et de la psychologie des cultures humaines, il constate que :
- certes, il y a une originalité de chaque continent au niveau culturel mais les causes n'en sont guère que géographiques, historiques ou sociologiques ; mais il s'agit là d'un lieu commun
- plus important est de souligner que l'humanité ne suit pas un développement uniforme et monotone mais qu'il existe une diversité intellectuelle, esthétique et sociologique parmi cette humanité.
Le fait même que les cultures ne soient pas homogènes les rend incomparables entre elles. Bien plus, pour Lévi-Strauss, « il y a beaucoup plus de cultures que de races humaines ». Le concept de « race » n'est donc pas réductible à un critère culturel. Dès lors, l'intérêt de la diversité des races provient de leur origine historique et de leur contribution dans l'espace, non de leur apport à un patrimoine commun. Il faut signaler pourtant que Lévi-Strauss ne souhaite pas se séparer de la notion de « race » car à quoi bon évacuer le problème en l'occultant alors même que la question de l'inégal progrès des sociétés est couramment soulevée ; cela reviendrait à « jeter le bébé avec l'eau du bain ».

La diversité des cultures pose plus de problèmes encore que celle des races : elles ne sont pas juxtaposées dans l'espace, mais plus ou moins éloignées spatialement, parfois d'époque différente, certaines sans écriture. Ainsi, l'historien ne peut connaître la vie des sociétés que de façon indirecte le plus souvent, au travers d'écrits, de récits ou de monuments. L'absence d'écriture signifie que nous ne saurons jamais rien sur un grand nombre de sociétés.
L'historien, lui, se voit confronté dans cette diversité à plusieurs types de différences lors d'une comparaison entre deux sociétés :
- différence entre deux sociétés partant d'un tronc commun (Grande-Bretagne et Etats-Unis)
- différence entre deux sociétés sans rapport direct (empire Incas et Dahomey d'Afrique)
- des sociétés au contact récent qui paraissent provenir de la même civilisation.
Certaines sociétés au passé commun tendent à accentuer leur particularisme (par exemple par le biais de la langue : France et Angleterre) ; d'autres, aux origines divergentes se rapprochent (langues russe et turque, se différenciant d'autres langues slaves). Ce qui est valable pour la langue l'est aussi pour l'art, les institutions sociales, la religion. De cette observation, Lévi-Strauss, sans y répondre, pose la question de l'existence d'un « optimum de diversité ».
Mais le plus important ne repose pas sur ces quelques remarques : la diversité n'est pas un problème seulement bilatéral entre deux sociétés, mais proprement interne : elle s'entend par la création de groupes, de castes, de classes, de milieux, de professions…et cette diversification évolue lorsque évolue l'effectif social ; ainsi, l'hégémonie aryenne qui caractérise l'Inde ancienne en est-elle l'exemple. Aussi, la diversité des cultures n'est pas un phénomène statique : une société ne reste jamais cloîtrée très longtemps : si les deux Amériques sont coupées du monde et d'elles-mêmes durant 10 ou 20 000 ans, en leur sein, beaucoup de sociétés ont des contacts et cherchent à se différencier. La diversité des cultures est moins le fruit de l'isolement que du contact : combien de règles, de coutumes sont le résultat au sein d'une société de l'observation insoupçonnée d'autres cultures ?



2. Les différentes approches de l'histoire et du progrès
Cette diversité des cultures n'a pas souvent été perçue comme un « phénomène naturel, résultant des rapports directs ou indirects entre les sociétés » sinon comme un scandale : ces sociétés parlant des autres ont employé les vocables de « barbares », « sauvages », « mauvais », « méchants » ou encore de « singes de terre »…L'Autre est rejeté hors de la culture, dans les entrailles de la nature. L'existence d'autrui est niée : les Indiens pourraient-ils avoir une âme ? Le procès de Valladolid tranche cette question. Mais loin de créer une ligne de démarcation entre les sociétés, cette volonté de discriminer crée une identification entre ces peuples qui agissent tous de la même manière.
Faut-il pour autant nier la différence ? Selon Lévi-Strauss, il ne faudrait pas faire l'amalgame différence biologique/différence culturelle : nier cette dernière conduit à considérer l'humanité comme une et unique et donc à y voir des stades d'évolution convergeant vers un but unique. De cela apparaît une « faux évolutionnisme », un évolutionnisme social, répandu au cours du temps par des auteurs comme Vigo, Comte, Condorcet ou encore Spencer et Tylor, au risque de voir resurgir un système d'infériorité. Mais une hache ne donne pas naissance à une hache : où est l'évolution ici ?

Une société peut répartir les cultures en trois catégories :
- celles qui sont ses contemporaines, mais en un autre lieu géographique
- celles qui sont situées dans un même lieu géographique, mais l'ayant précédée dans le temps
- celles situées en un autre lieu, à une autre époque ; ceux sont les plus difficiles à cerner, surtout si ces sociétés ne possèdent pas d'écriture et sont sans archive (ce qui serait le cas de la moitié des terres peuplées, soit 90 à 99% des sociétés selon les régions, depuis le début de la civilisation).
- Pour la première catégorie, il y a une tendance des historiens ou des scientifiques à vouloir créer un « faux évolutionnisme » : l'Orient est comparé au Moyen-Age, le Pékin d'avant la seconde guerre mondiale au siècle des Lumières, les indigènes australiens aux hommes de l'âge de pierre. Il existe un risque incessant de voir un rapprochement entre deux coutumes, deux techniques primitives et de voir une généralisation abusive des comparaisons, plus simples à formuler qu'une bonne compréhension de la technologie de ces sociétés. Et que souhaite-t-on comparer : les peintures rupestres sont tout aussi éloignées de l'art magdalénien que de l'art européen. Ne faisons pas non plus de notre ignorance la base d'une classification excessive qui en viendrait à parler de « peuple sans histoire » alors que nous ne la connaissons, puisque l'évidence même est bien de reconnaître que chaque peuple en possède une (par définition).
La conception de la diversité des cultures nous fait aboutir à deux sortes d'histoires :
- une « histoire progressive, acquisitive » qui considère l'augmentation du patrimoine des trouvailles et des inventions au cours du temps
- une histoire réactive, avec tout autant de talents mais où manque le don synthétique (chaque innovation ne s'ajoute pas à la précédente, elle s'y dissout).
Pour la deuxième catégorie, l'idée de progrès est plus difficile à repousser : deux sociétés à deux époques différentes. Et pourtant, ne nous y trompons pas, notre vision d'une histoire divisée en phases est empiriquement erronée : pour seul exemple, il est aisé de remarquer la coexistence, et non la séparation, des trois périodes préhistoriques que sont les paléolithiques inférieur, moyen et supérieur. Aisé de vérifier aussi que certaines techniques, tel le Levalloisien, ne sont pas reproductibles aujourd'hui. Aisé enfin de se souvenir que l'homme de Neandertal n'a pas précédé l'Homo sapiens, mais lui a été contemporain. En effet, le développement des connaissances tend à répartir dans l'espace ce que nous avons étaler dans le temps. Le progrès n'est ainsi ni nécessaire, ni continu : il y a mutationnisme, bonds, sauts, voire changements d'orientation, à l'image du cavalier aux échec. L'histoire n'est cumulative que de temps à autres, lorsque des combinaisons favorables s'opèrent. Et cette histoire ne reste pas l'apanage d'une civilisation et d'une période donnée : des Amériques, nous avons hérité de l'arboriculture, de la domestication des végétaux, de la perfection du tissage, de la céramique ou des métaux précieux ; de l'Ancien Monde, de la pomme de terre, du caoutchouc, du tabac ou de la coca (qui est à la base de l'anesthésie moderne) ; le maïs et l'arachide ont transité par l'Afrique avant de rejoindre l'Europe. Faut-il rappeler encore que le zéro était connu des Mayas 500 ans avant sa découverte par les Indiens qui l'ont transmis aux Arabes, puis aux Européens. De la même façon, les exemples politiques abondent : le système socialiste ou le système totalitaire ne sont-ils pas des « legs » de l'empire Inca.


3. Du rejet de l'ethnocentrisme au relativisme culturel
Parler d'histoire cumulative lorsqu'une société semble avoir apporté quelque chose au patrimoine commun ne correspond ni plus ni moins qu'à de l'ethnocentrisme car ce patrimoine et cet apport sont définis comme étant ceux dont se sert la société qui juge. Or il existe aussi en sciences sociales une loi de la relativité, mais renversée par rapport à celle qui caractérise la physique : les systèmes évoluant dans le même sens que le sien paraissent plus actifs, les autres semblent statiques. Dans le cas des sciences sociales, la vitesse correspond à l'information, à la signification : il y a une relation entre la notion physique de « mouvement apparent » et celle sociologique de « quantité d'informations ».
Ainsi, si les Etats-Unis nous paraissent les plus développés, c'est que nous choisissons comme critère le PIB par habitant (dominant dans nos sociétés) ; or il est possible de s'intéresser à nombre d'autres critères : le langage, les techniques, l'art, la connaissance scientifique, les croyances religieuses, l'organisation sociale, politique ou économique. L'immobilisme apparent de certaines sociétés résulte essentiellement de l'ignorance de leurs intérêts véritables. La culture d'une société ne consiste pas en son apport propre (écriture pour les Phéniciens, poudre à canon pour les Chinois, verre et acier pour les Indiens) mais dans la manière dont chacune groupe ces éléments, les retient ou les exclut. La civilisation mondiale n'est pas l'habit d'Arlequin : chaque société doit résoudre les mêmes problèmes humains ; l'originalité de chacune se trouve dans leur mise en perspective, dans la façon originale de les résoudre.

Est-il encore possible alors de porter un jugement vrai sur une autre société que la sienne ? Il suffit de remarquer que toutes les civilisations reconnaissent, l'une après l'autre, la supériorité de l'une d'entre elle : la civilisation occidentale. Pourtant, loin de récupérer son héritage, son infrastructure, elles se contentent d'en copier la superstructure. Cette adhésion au « modèle » n'est donc pas spontanée : la civilisation occidentale, en imposant ses comptoirs et son mode de pensée, a cassé les structures de ces sociétés, sans jamais rien y remplacer ; dès lors, l'adhésion se réalise par l'absence de tout autre choix. Si ce n'est le consentement, seule la plus grande énergie de la civilisation occidentale a pu conduire à sa supériorité ?En fait, ce phénomène objectivable, comme nous l'avons déjà dit, ne repose que sur deux valeurs qu'elle a su imposer : l'augmentation de la production disponible par tête et celle de l'espérance de vie. Et lorsque l'on rappelle que les découvertes les plus importantes sont le fruit des sociétés les plus archaïques - la révolution néolithique ayant débouchée sur le feu, l'agriculture, le tissage, l'élevage et la poterie - il est souvent rétorqué que ces découvertes sont les jeux du hasard, jamais du mérite ; l'effort de création intellectuelle est réservé à nos sociétés.
Loin de nier la part de hasard qui conduit aux grandes trouvailles, les découvertes préhistoriques ne sauraient être la seule résultante de la bonne fortune : la poterie nécessite par exemple de connaître la particularité des combustibles, la forme du foyer, le type de chaleur et la durée de cuisson…un travail d'expérimentation continue. Il n'y avait certainement pas moins de Pasteur dans ces civilisations ; aussi, si la révolution industrielle n'était pas née en Europe Occidentale, elle l'aurait été ailleurs, quelques années plus tard. Les Mexicains connaissaient la roue (présente sur des jouets d'enfants), les Chinois les rudiments de la poudre à canon : peu de choses ont séparé les premiers du chariot, les seconds des armes de guerre. Par ailleurs, la chronologie géographique des découvertes n'a pas de sens, elles sont souvent simultanées, sinon inéluctables partout. A l'échelle de l'humanité, nous ne pouvons retenir que deux grandes vagues d'innovations : les révolutions néolithique et industrielle.

La distinction histoire stationnaire/histoire cumulative n'a ainsi aucun sens, elle dépend de nos intérêts propres et ne parvient jamais à être assez nette : dans le cas des inventions techniques, aucune période, aucune culture n'est absolument stationnaire. Tous les peuples possèdent transforment, améliorent, oublient, sinon ils disparaîtraient. Toute histoire est cumulative, à des degrés différents. Ce degré de différence relève des probabilités : à un jeu de roulette, si un observateur veut recenser toutes les suites de 9 chiffres, il n'en verra jamais aucune et ne conclura qu'à un chaos des événements ; si un observateur cherche une loi gérant l'alternance rouge/noir ou pair/impair, il trouvera de l'ordre dans cette apparence de chaos. « L'humanité n'évolue pas dans un sens unique. Et si sur un certain plan, elle semble stationnaire, même régressive, cela ne signifie pas que d'un autre point de vue, elle n'est pas le siège d'importantes transformations » (pp.67-68).

4. La collaboration et le progrès : une question de probabilités ?
Rares seraient les joueurs qui pourraient se prévaloir de rassembler une longue série, observée lors d'un jeu de roulette. Mais, dès lors qu'il associe ses efforts avec ceux d'autres joueurs postés à d'autres roulettes, il voit ses chances de remplir sa séries décupler. L'un pourrait apporter le 1, le 2, le 6 ; un autre, le 7, le 9 et le 10 ; des autres encore, le 3 et le 8, le 4 et le 5. L'histoire cumulative diffère peu de cette suite de 10 chiffres : aucune civilisation ne peut se prétendre supérieure, elle est le fruit de coalitions de diverses cultures, de combinaisons plus ou moins volontaires (migrations, échanges, guerres). Cette histoire n'est pas le propre d'une civilisation, elle résulte d'une « manière d'être ensemble », par opposition aux « sociétés solitaires ». Si les neuf dixièmes de l'histoire de l'humanité tendent plus vers l'histoire stationnaire, la raison peut être exprimée par un manque de contact entre les civilisations : une question de chance, de probabilité somme toute. Il a fallu attendre longtemps avant qu'une combinaison favorable ne sorte. Fort de cette analyse, il est possible de déduire que le danger pour une culture n'est pas de se frotter aux autres, bien au contraire, mais de se marginaliser : elle court alors à sa perte. De là, il vient que le concept de « civilisation mondiale » n'a aucun sens ; souvent employé afin de considérer l'ensemble des contributions de chaque culture à un patrimoine commun, contributions choisies selon des critères arbitraires et ethnocentriques, ce concept ne peut représenté qu'une coquille vide ou qu'un processus complexe de coalition des cultures : en ce cas, la notion perd tout son sens car chaque culture préserve son originalité, et l'unité cache un phénomène fondamentalement multiple.

Ainsi le progrès est-il conditionné par la coalition des culture. Cependant ce « jeu en commun » conduit inéluctablement à une « homogénéisation des ressources de chaque joueur », donc à une diminution croissante des opportunités de gains. Deux solutions sont alors envisageables pour espérer une dynamique continue du progrès :
- un accroissement au sein de chaque culture des « écarts différentiels », parallèlement à l'homogénéisation des cultures ; Lévi-Strauss explique de cette façon le développement des inégalités qui accompagne chaque révolution technique (par exemple la naissance du Prolétariat)
- un accroissement du nombre de partenaires dans l'échange ; Lévi-Strauss prend alors comme exemple le rôle de la colonisation ou du l'impérialisme.
Aussi conclue-t-il que « la tolérance n'est pas une position contemplative, dispensant les indulgences à ce qui fut ou qui est. C'est une attitude dynamique qui consiste à prévoir, à comprendre et à promouvoir ce qui veut être » (p.84).
C) Portée de l'œuvre


1) Diogène couché
Roger Caillois n'apprécié guère les facéties de Lévi-Strauss. Il exprime son sentiment, dans La nouvelle revue française en 1954, dénonçant l'« Illusion à rebours ». L'article fustige l'attrait idéologique pour les sociétés primitives jusqu'à la négation de toute idée de progrès et prône le rétablissement de la hiérarchie culturelle. La réponse de l'ethnologue français ne tarde pas. Elle est publiée dans les Temps Modernes (volume 10, n°110, 1955) sous le titre de « Diogène couché ». Sur un ton tout aussi virulent que les paroles de Caillois, Lévi-Strauss fait remarquer : « Diogène prouvait le mouvement en marchant. M.Caillois se couche pour ne pas le voir. Il est vrai que son maître avait recommandé que l'on l'enterrât à plein ventre, convaincu que le monde ne tarderait pas à se mettre à l'envers et donc à le rétablir à l'endroit » (p.1187). Il s'agit dans ce texte d'une véritable leçon de commentaire de texte que nous livre l'auteur, reprenant méthodiquement chacune des critiques formulées à son encontre, la rapprochant soigneusement du passage de Race et Histoire sur lequel elle porte et la faisant voler en éclat ; tous les thèmes sont abordés : l'idée de progrès, la diversité des cultures, l'évolution des techniques, la question du hasard…Puis, toujours dans une optique d'exemplarité scolastique, il se penche sur l'argumentation même de Caillois, mettant en lumière les contradictions et les inexactitudes. Et puisque l'existence du métier d'ethnologue tend à constituer pour ce dernier la preuve de la supériorité de la civilisation occidentale sur toute autre, Lévi-Strauss en profite pour répondre une bonne fois pour toutes à la critique de relativisme culturel qui lui est souvent adressée.
Ainsi, se donne-t-il l'occasion d'expliquer sa situation de déraciné, s'écartant d'autant plus de chez lui qu'il s'en rapproche, ne trouvant une trace de domiciliation que dans l'exil : « il [l'ethnologue] ne circule pas entre le pays des sauvages et celui des civilisés ; dans quelque sens qu'il aille, il retourne d'entre les morts » (p.1217). L'absurdité de la critique de Caillois semble le toucher au plus au point ; rarement a-t-on vu réponse aussi acerbe de sa part : « M.Caillois se livre à un exercice hybride qui commence par des bouffonneries de table d'hôte, se poursuit en déclamations de prédicateur pour se terminer par des lamentations de pénitent » (p.1202). Il n'aura de cesse de défendre les positions prises dans Race et Histoire au cours de ses ouvrages postérieurs ; du moins se bornera-t-il à dialoguer avec des interlocuteurs qui le satisferont pleinement, balayant d'un coup de main les critiques d'auteurs jugés indésirables : « nous ne lui [Roger Caillois] faisons pas de querelle et nous lui demandons rien sinon qu'il nous permette de travailler en paix. Et qu'il aille chercher ailleurs ses imago » (p.1220).



2) Sur la relation histoire/ethnologie
Il semble que sur point, la critique de Lévi-Strauss ait été très mal comprise : il s'agissait bien pour lui de dénoncer une vision téléologique et historiciste de la réalité, une histoire purement narrative ou encore une « Histoire » hypostasiée par certaines philosophies.
Race et Histoire montre clairement la difficulté que doit surmonter la discipline historique devant des sociétés sans écrits ; en ce cas, les irréductibles historiens auront à travailler à partir de documents accumulés dans le temps qui devront être passés au crible d'une critique rigoureuse et utilisés avec le recul nécessaire. Lévi-Strauss s'insurge donc contre toute histoire imaginaire qui comble par l'invention les lacunes de ses sources. L'ethnologue permet alors de faire accéder cette histoire à des terrains où ses matériaux de travail n'existe pas ; mais ce dernier, ayant pour objectif de rendre compte de la situation contemporaine d'une société, ne doit se priver d'aucune source, et certainement pas de l'appui historique, dès lors que toute donnée est vérifiable. S'il fallait encore convaincre quiconque de l'adhérence de Lévi-Strauss aux vertus de l'histoire, nous citerions l'auteur dans le texte : « on ne fait pas de bonne analyse structurale, si on ne fait pas d'abord une bonne analyse historique. Si nous ne faisons pas une bonne analyse historique dans le domaine des faits ethnographiques, ce n'est pas parce que nous la dédaignons, c'est parce que malheureusement elle nous échappe » [« Philosophie et Anthropologie », Interview, Cahiers de Philosophie, n°1, janvier 1966].
Nous avons évoqué précédemment l'une des deux limites principales de l'histoire sur l'ethnologie dans le cadre de l'étude de telles sociétés : le problème des archives. Mais, un autre point ne semble pas moins primordial : les documents qui pourraient exister sur ces sociétés proviennent de représentants étrangers aux communautés indigènes ; ce sont des écrits de missionnaires, des récits d'explorateurs, ou encore des comptes rendus d'administrateurs et de colons. Autant de documents dont les prises de position sont ethnocentriques, ne voyant dans l'histoire de ces sociétés qu'un progrès tout factice : ce progrès dépend de normes occidentales que les colonisateurs n'ont cessé d'inculquer à ces sociétés pendant des siècles, confondant socialisation et idée de progrès. Pour reprendre une expression de Marcel Hénaff, « l'histoire narrée est celle des mutations provoquées par ces contacts ». L'historien doit se méfier non seulement du biais que son mode de pensée provoque, mais, de surcroît, de l'influence qu'il peut avoir sur la vie de ces indigènes. L'ethnocentrisme est alors une arme redoutable qui compromet toute bonne compréhension des civilisations et détourne les données disponibles du sens subjectif que les indigènes leur prêtent.
L'histoire, selon Lévi-Strauss, doit en tirer plusieurs enseignements. Il lui faut, en toute objectivité, accepter la diversité des races et des cultures, afin d'en finir avec l'histoire linéaire qui doit être envisagée comme multiple, comme un ensemble de séries discontinues. L'histoire doit être pensée en terme d'homologies et d'isomorphismes, non plus en terme de causalités. Nous soulignons ici le refus de l'auteur d'une histoire universelle, entendue comme valable pour toutes les sociétés ; reste alors à définir ce qui réalise l'unité de l'humanité. La réponse est à chercher dans les méandres de « l'esprit humain », conçu comme faculté à créer et recréer la diversité culturelle qui oppose mais rassemble : « ce sont les différences qui se ressemblent » [Le totémisme aujourd'hui, PUF, Paris, 1962, p.115]. En ce sens, et contrairement au fonctionnalisme, l'histoire comme récit de la diversité, ne peut représenter une épine dans le pieds du structuralisme, mais une aide à l'édification d'une structure.
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- 2007-04-08

CROISSANCE DES GOUVERNEMENTS AUTONOMES DES PEUPLES INDIGÈNES



L'autonomie des peuples indigènes a cessé d'être une revendication pour se
convertir en une réalité, malgré la résistance des institutions d'Etat à
la reconnaître, ce qui est une manière de la criminaliser. Des milliers de
communautés ont décidé de créer leur propre gouvernement, fondé sur des
pratiques traditionnelles adaptées à notre époque. Les communes autonomes
indigènes se développent particulièrement dans l'État du Chiapas,
cependant d'autres types d'autogouvernement voient aussi le jour dans les
États d'Oaxaca, du Guerrero, de Sonora, de Jalisco et de Michoacán. De
différentes manières, ils appliquent explicitement les Accords de San
Andrés.

L'autogestion indigène se fait dans la résistance : que cela soient les
Amuzgos de Suljáa, ou les communes où travaille la police communautaire
dans la Montagne de Guerrero, les centaines de municipalités oaxaquègnes
régies par leurs us et coutumes ou encore les gouvernements traditionnels
des Yaquis, Wixaritari, Mayo, Com'cac, Purépechas, Nahuas.

La création cette année de la commune autonome triqui de San Juan Copala
(qui, de plus, assume une géographie propre et distincte de
"l'officielle", mais certes établie par l'histoire et la véritable
démographie) est importante et significative, malgré les différences entre
le Mouvement unifié de la lutte triqui (MULT), identifié à un parti
politique régional, et le MULTI, indépendant.

La tendance des peuples indigènes à s'autogouverner est imparable. Ni la
corruption systématique de type priiste (qui persiste avec les Ulises
Ruiz, Peña Nieto, Mario Marín, etc.), ni la répression tout aussi
automatique, ni la violation de leurs droits communautaires, ni la
militarisation de leurs territoires n'ont réussi à l'empêcher. Parce
qu'elle est nécessaire. Sans elle, la République ne sera jamais saine. Les
peuples savent ce qu'ils veulent, possèdent de sages préceptes et ne
confondent pas servir le peuple avec la politique des servants. Ils ont
des formes de légitimité que voudraient bien les gouvernements du Parti
d'action nationale (PAN). Et ils sont disposés à apprendre.

Cette année également, les conseils de bon gouvernement zapatistes et les
plus de 40 communes autonomes rebelles ont célébré le treizième
anniversaire de leur soulèvement avec une remarquable exposition orale de
leurs expériences de gouvernement citoyen et collectif. Sur la base du
dialogue, ils ont plus cohabité que coexisté avec des groupes
progouvernementaux, souvent en opposition avec eux, mais pas toujours. La
participation des femmes à des fonctions communautaires et
gouvernementales a atteint un niveau historique pour les peuples indiens
et le pays dans son ensemble.

Dans son manuel "Normas de convivencia a través de acuerdos comunitarios"
(Normes du vivre ensemble à travers des accords communautaires), Melitón
Bautista Cruz décrit les terrains juridiques et de droit coutumier depuis
l'histoire ancestrale de son peuple : "Nos ancêtres zapotèques avaient la
grande intelligence de savoir comment s'organiser pour réaliser des
travaux agricoles de manière collective." Tous participaient à l'activité
économique de leurs communes. "De nos jours, le respect de la Terre-Mère
est toujours latent", écrit le promoteur culturel et, comme tant d'autres,
serviteur de ses peuples dans la sierra Juárez.

Les manifestations culturelles de gouvernement "sont toujours très
présentes au sein des peuples et des communautés indigènes et indiquent
que leurs racines ne se sont pas encore desséchées et que leur identité
reste ferme. Elles ont constitué les fondations de la nomination de leurs
autorités municipales, parce que les citoyens des villages voyaient
qu'elles participaient au 'fhen xhin che shexhe' (travail collectif) et
qu'elles obéissaient aux ordres qu'elles leur donnaient, c'est-à-dire :
commander en obéissant."

Les peuples zapotèques et mixtèques ont incorporé de manière intelligente
les phénomènes corrosifs de la modernité, tels que la migration vers les
Etats-Unis. Dans la cas de Tabaá, d'où est originaire Bautista Cruz, "les
compatriotes absents font partie des 'tables directives' à Los Angeles,
dans le District fédéral et dans la ville d'Oaxaca ", et apportent 40 % de
ce que coûte un jour de 'tequio' (travail collectif), "soit un apport
total de 700 000 pesos annuels".

Le chemin est encore long avant d'obtenir la reconnaissance légale,
néanmoins de nombreux indigènes travailleurs et des milliers de villages
s'appliquent déjà à dessiner leurs formes de gouvernement : effectuer du
travail collectif, défendre le territoire, chercher l'équilibre de justice
entre le droit collectif indigène et le droit fondé sur des lois
nationales ankylosées ou tout simplement injustes.

Source : "Ojarasca", supplément de "La Jornada", janvier 2007

LIEN : http://www.jornada.unam.mx/2007/01/15/oja117-umbral.html

- 2006-08-03

CLAUDE LEVI STRAUSS (RACE ET HISTOIRE !) POUR COMPRENDRE

Petit essai d'historiographie :
Race et Histoire, Claude LEVI-STRAUSS
Aurélien SAIDI


A) Circonstances de production de l'œuvre

1) La vie de l'auteur
Fils d'un artiste peintre portraitiste, Claude Lévi-Strauss naît à Bruxelles le 28 novembre 1908. Il accomplit son second cycle universitaire au lycée parisien Janson de Sailly, avant d'entrer en hypokhâgne littéraire au lycée Condorcet (1926) où il suit le cours de philosophie d'André Cresson. Connaissant quelques difficultés en grec, il renonce à continuer en khâgne. Il ne passera alors les portes de la rue d'Ulm qu'en temps que secrétaire du « Groupe d'études socialiste des cinq Ecoles Normales Supérieures ». Fasciné par Marx, militant pour la SFIO, il choisit un double cursus de droit et de philosophie à la Sorbonne. Sous la direction de Célestin Bouglé, il valide son mémoire d'études supérieures, intitulé « Les postulats philosophiques du matérialisme historique » en même temps que sa licence de droit. En 1928, il prépare son agrégation de philosophie, au côté de Merleau-Ponty et Simone de Beauvoir, qu'il valide l'année suivante en compagnie de Ferdinand Alquié et Simone Weil. Sa rencontre avec Paul Nizan (marié à une de ses petites cousines) l'encourage sur le chemin de l'ethnologie ; la lecture du livre de Robert H. Lowie, Primitive Society (1920), lui fait définitivement franchir le pas. C'est ainsi qu'en 1934, après avoir accompli son service militaire, travaillé au ministère de la Guerre, professé au lycée de Mont-de-Marsan et abandonné toute carrière politique, il accepte la proposition de Célestin Bouglé, alors directeur de l'ENS, de postuler pour une chaire de sociologie à l'université de São Paulo, au Brésil. Il y enseigne durant trois ans jusqu'en 1938 ; jugé trop peu comtien et durkheimien par ses collègues, il lui faut l'appui de Pierre Monbeig et Fernand Braudel, membres de la mission française, pour se maintenir à son poste. Puis il effectue avec sa femme, Dina Dreyfus, une recherche pour le Musée de l'Homme qui le conduit dans le Mato Grosso à la rencontre des indiens Bororo et Caduveo, dont les conclusions seront soigneusement archivées dans ses Tristes Tropiques (1955). Nul enseignement universitaire ne lui confère son titre d'ethnologue, autre que ces articles (attirant notamment l'attention de Robert Lowie), ses collections exposées au Musée de l'Homme et l'aval de Lévy-Bruhl, Mauss et Rivet.
Il lève de nouveaux crédits auprès du Musée de l'Homme et de la Recherche scientifique qui lui permettent de lancer une nouvelle expédition au Brésil, à l'Ouest du Mato Grosso, entre Cuiabá et le Rio Madeira, le conduisant sur les terres des Nambikwara, séjour qu'il retrace dans son article « La vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara ». De retour en France, la seconde guerre mondiale ne tarde pas à éclater : mobilisé puis démobilisé pour retourner dans l'Education nationale, il est miraculeusement aidé par un fonctionnaire de Vichy qui refuse de l'envoyer au lycée Henri IV où il a reçu un poste, en zone occupée. Il se voit refusé un visa pour le Brésil mais, avec le soutien de la fondation Rockefeller notamment, il est accueilli aux Etats-Unis, à New York, où il retrouve André Breton et Alfred Métraux, et fait la connaissance de Yves Tanguy, Marcel Duschamp, Max Ernst, Pierre Lazareff, George Duthuit Peggy Guggenheim., ou encore trois grands de l'ethnologie américaine, Robert Lowie A.L.Kroeber et le retraité Boas ; mais la rencontre décisive du linguiste Jakobson lui fait prendre conscience du potentiel de la méthode structurale. Il enseigne alors au Etats-Unis avant de rentrer en France en 1947, via Londres. L'année suivante, il est nommé chercheur au CNRS et soutien sa thèse sur Les structures élémentaires de la parenté (1949) devant le doyen de la Sorbonne, Davy, président du jury, Emile Benveniste et Albert Bayet. Il fait la connaissance de sa seconde femme chez son ami Jacques Lacan. Sa thèse, appréciée de Simone de Beauvoir qui écrit un article dans Les Temps Modernes et de Georges Bataille, a un tel retentissement qu'il est chargé d'assurer des séminaires à la VIe section de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes, à la demande de Lucien Febvre. Sa candidature au Collège de France est rejetée à deux reprises du fait de l'opposition de l'administrateur. En 1950, après un séjour en Inde et au Pakistan pour le compte de l'UNESCO, soutenu par Georges Dumézil et Marcel Bataillon, il est élu directeur d'Etudes à la Ve section de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes (Sciences religieuses), à la chaire des « Religions comparées ». Il publie en 1952 le texte Race et Histoire à la demande du Département de Sciences Sociales rattaché à l'UNESCO.



2) L'œuvre
Au cœur de cet article repose ce qui constitue vraisemblablement le principal fondement des relations entre l'ethnologue, son milieu d'origine, l'Occident, et son milieu d'accueil, les « populations traditionnelles ». La qualification de ces dernières résume à elles-seules le fond du problème : il a souvent été question de « sociétés primitives » voire de « sociétés exotiques ». Lévi-Strauss fait donc le point sur les notions de progrès, de culture, ou encore de « sens de l'histoire ». Ne rejetant pas toute utilisation du vocable « race », il n'a de cesse de montrer les liens étroits qui unissent le racisme, pris dans une acception neutre d'une conception de la division de l'humanité en races, et d'ethnocentrisme. L'Occident, plus que tout autre civilisation, a à souffrir de la critique de Lévi-Strauss, compte tenu de la position dominatrice qu'elle impose sur tout mode de pensée.
Par ailleurs, Lévi-Strauss revient dans ce texte sur les dangers et les limites que pose la méthode historique - longtemps critiquée pour ses verbiages descriptifs et ses récits sans conclusion - reprenant ça et là les observations proposées dans son article de 1949, « Histoire et Ethnologie ». Race et Histoire nous replace en ce sens dans un débat vieux de quelques années, opposant l'histoire à l'ethnologie, et qui trouve ses sources dans les articles de Henri Hausser et François Simiand, respectivement, « L'enseignement des sciences sociales » (1903), et « Méthode historiques et science sociale » (1903). Ainsi, l'anthropologie structurale permet, par l'établissement d'une « structure », d'établir un modèle de la face « inconsciente » d'une société, ne se bornant pas à de simples considérations générales ethnographiques mais autorisant la comparaison et l'analyse des différents modèles instaurés, cette comparaison avec « l'Autre » sans aucune référence ni au progrès, ni à l'évolutionnisme. Mais loin d'opposer l'histoire et l'ethnologie, Lévi-Strauss préfèrera toujours insister sur leur complémentarité : « c'est donc aux rapports entre l'histoire et l'ethnologie au sens strict, que se ramène le débat. Nous nous proposons de montrer que la différence fondamentale entre les deux n'est ni d'objet, ni de but, ni de méthode ; mais qu'ayant le même objet, qui est la vie sociale ; le même but qui est une meilleure intelligence de l'homme ; et une méthode où varie seulement le dosage des procédés de recherche, elles se distinguent surtout par le choix de perspectives complémentaires : l'histoire organisant des données par rapport aux expression conscientes, l'ethnologie par rapport aux conditions inconscientes, de la vie sociale » (« Histoire et Ethnologie » in Anthropologie Structurale, 1985 [1956], p.31).
En conséquence, nous ne serons pas étonnés que les propos de l'ethnologue français aient déchaîné les foudres, peu enclines à accepter une relativisation des mérites de nos traditions. Nous souhaitons dans ce travail rétablir le plus honnêtement possible le contenu d'une pensée souvent mal comprise, mal acceptée, mais néanmoins extraordinairement révolutionnaire et subtile. Il nous faudra alors répondre cette question posée par le document de l'UNESCO de 1952 : y-a-t-il une contribution des races humaines à la civilisation mondiale ?


B) Race et Histoire


1. Races et diversité des cultures
Scientifiquement, il a été démontré que la notion de « race » n'avait aucun sens ; cependant, il y a un refus de Lévi-Strauss de réintroduire la vocable pour parler de contribution spécifique à un patrimoine commun et de refaire la doctrine raciste à l'envers. Reconnaissant cependant que le « péché originel de l'anthropologie » est d'avoir confondu les valeurs biologiques et les concepts de la sociologie et de la psychologie des cultures humaines, il constate que :
- certes, il y a une originalité de chaque continent au niveau culturel mais les causes n'en sont guère que géographiques, historiques ou sociologiques ; mais il s'agit là d'un lieu commun
- plus important est de souligner que l'humanité ne suit pas un développement uniforme et monotone mais qu'il existe une diversité intellectuelle, esthétique et sociologique parmi cette humanité.
Le fait même que les cultures ne soient pas homogènes les rend incomparables entre elles. Bien plus, pour Lévi-Strauss, « il y a beaucoup plus de cultures que de races humaines ». Le concept de « race » n'est donc pas réductible à un critère culturel. Dès lors, l'intérêt de la diversité des races provient de leur origine historique et de leur contribution dans l'espace, non de leur apport à un patrimoine commun. Il faut signaler pourtant que Lévi-Strauss ne souhaite pas se séparer de la notion de « race » car à quoi bon évacuer le problème en l'occultant alors même que la question de l'inégal progrès des sociétés est couramment soulevée ; cela reviendrait à « jeter le bébé avec l'eau du bain ».

La diversité des cultures pose plus de problèmes encore que celle des races : elles ne sont pas juxtaposées dans l'espace, mais plus ou moins éloignées spatialement, parfois d'époque différente, certaines sans écriture. Ainsi, l'historien ne peut connaître la vie des sociétés que de façon indirecte le plus souvent, au travers d'écrits, de récits ou de monuments. L'absence d'écriture signifie que nous ne saurons jamais rien sur un grand nombre de sociétés.
L'historien, lui, se voit confronté dans cette diversité à plusieurs types de différences lors d'une comparaison entre deux sociétés :
- différence entre deux sociétés partant d'un tronc commun (Grande-Bretagne et Etats-Unis)
- différence entre deux sociétés sans rapport direct (empire Incas et Dahomey d'Afrique)
- des sociétés au contact récent qui paraissent provenir de la même civilisation.
Certaines sociétés au passé commun tendent à accentuer leur particularisme (par exemple par le biais de la langue : France et Angleterre) ; d'autres, aux origines divergentes se rapprochent (langues russe et turque, se différenciant d'autres langues slaves). Ce qui est valable pour la langue l'est aussi pour l'art, les institutions sociales, la religion. De cette observation, Lévi-Strauss, sans y répondre, pose la question de l'existence d'un « optimum de diversité ».
Mais le plus important ne repose pas sur ces quelques remarques : la diversité n'est pas un problème seulement bilatéral entre deux sociétés, mais proprement interne : elle s'entend par la création de groupes, de castes, de classes, de milieux, de professions…et cette diversification évolue lorsque évolue l'effectif social ; ainsi, l'hégémonie aryenne qui caractérise l'Inde ancienne en est-elle l'exemple. Aussi, la diversité des cultures n'est pas un phénomène statique : une société ne reste jamais cloîtrée très longtemps : si les deux Amériques sont coupées du monde et d'elles-mêmes durant 10 ou 20 000 ans, en leur sein, beaucoup de sociétés ont des contacts et cherchent à se différencier. La diversité des cultures est moins le fruit de l'isolement que du contact : combien de règles, de coutumes sont le résultat au sein d'une société de l'observation insoupçonnée d'autres cultures ?



2. Les différentes approches de l'histoire et du progrès
Cette diversité des cultures n'a pas souvent été perçue comme un « phénomène naturel, résultant des rapports directs ou indirects entre les sociétés » sinon comme un scandale : ces sociétés parlant des autres ont employé les vocables de « barbares », « sauvages », « mauvais », « méchants » ou encore de « singes de terre »…L'Autre est rejeté hors de la culture, dans les entrailles de la nature. L'existence d'autrui est niée : les Indiens pourraient-ils avoir une âme ? Le procès de Valladolid tranche cette question. Mais loin de créer une ligne de démarcation entre les sociétés, cette volonté de discriminer crée une identification entre ces peuples qui agissent tous de la même manière.
Faut-il pour autant nier la différence ? Selon Lévi-Strauss, il ne faudrait pas faire l'amalgame différence biologique/différence culturelle : nier cette dernière conduit à considérer l'humanité comme une et unique et donc à y voir des stades d'évolution convergeant vers un but unique. De cela apparaît une « faux évolutionnisme », un évolutionnisme social, répandu au cours du temps par des auteurs comme Vigo, Comte, Condorcet ou encore Spencer et Tylor, au risque de voir resurgir un système d'infériorité. Mais une hache ne donne pas naissance à une hache : où est l'évolution ici ?

Une société peut répartir les cultures en trois catégories :
- celles qui sont ses contemporaines, mais en un autre lieu géographique
- celles qui sont situées dans un même lieu géographique, mais l'ayant précédée dans le temps
- celles situées en un autre lieu, à une autre époque ; ceux sont les plus difficiles à cerner, surtout si ces sociétés ne possèdent pas d'écriture et sont sans archive (ce qui serait le cas de la moitié des terres peuplées, soit 90 à 99% des sociétés selon les régions, depuis le début de la civilisation).
- Pour la première catégorie, il y a une tendance des historiens ou des scientifiques à vouloir créer un « faux évolutionnisme » : l'Orient est comparé au Moyen-Age, le Pékin d'avant la seconde guerre mondiale au siècle des Lumières, les indigènes australiens aux hommes de l'âge de pierre. Il existe un risque incessant de voir un rapprochement entre deux coutumes, deux techniques primitives et de voir une généralisation abusive des comparaisons, plus simples à formuler qu'une bonne compréhension de la technologie de ces sociétés. Et que souhaite-t-on comparer : les peintures rupestres sont tout aussi éloignées de l'art magdalénien que de l'art européen. Ne faisons pas non plus de notre ignorance la base d'une classification excessive qui en viendrait à parler de « peuple sans histoire » alors que nous ne la connaissons, puisque l'évidence même est bien de reconnaître que chaque peuple en possède une (par définition).
La conception de la diversité des cultures nous fait aboutir à deux sortes d'histoires :
- une « histoire progressive, acquisitive » qui considère l'augmentation du patrimoine des trouvailles et des inventions au cours du temps
- une histoire réactive, avec tout autant de talents mais où manque le don synthétique (chaque innovation ne s'ajoute pas à la précédente, elle s'y dissout).
Pour la deuxième catégorie, l'idée de progrès est plus difficile à repousser : deux sociétés à deux époques différentes. Et pourtant, ne nous y trompons pas, notre vision d'une histoire divisée en phases est empiriquement erronée : pour seul exemple, il est aisé de remarquer la coexistence, et non la séparation, des trois périodes préhistoriques que sont les paléolithiques inférieur, moyen et supérieur. Aisé de vérifier aussi que certaines techniques, tel le Levalloisien, ne sont pas reproductibles aujourd'hui. Aisé enfin de se souvenir que l'homme de Neandertal n'a pas précédé l'Homo sapiens, mais lui a été contemporain. En effet, le développement des connaissances tend à répartir dans l'espace ce que nous avons étaler dans le temps. Le progrès n'est ainsi ni nécessaire, ni continu : il y a mutationnisme, bonds, sauts, voire changements d'orientation, à l'image du cavalier aux échec. L'histoire n'est cumulative que de temps à autres, lorsque des combinaisons favorables s'opèrent. Et cette histoire ne reste pas l'apanage d'une civilisation et d'une période donnée : des Amériques, nous avons hérité de l'arboriculture, de la domestication des végétaux, de la perfection du tissage, de la céramique ou des métaux précieux ; de l'Ancien Monde, de la pomme de terre, du caoutchouc, du tabac ou de la coca (qui est à la base de l'anesthésie moderne) ; le maïs et l'arachide ont transité par l'Afrique avant de rejoindre l'Europe. Faut-il rappeler encore que le zéro était connu des Mayas 500 ans avant sa découverte par les Indiens qui l'ont transmis aux Arabes, puis aux Européens. De la même façon, les exemples politiques abondent : le système socialiste ou le système totalitaire ne sont-ils pas des « legs » de l'empire Inca.



3. Du rejet de l'ethnocentrisme au relativisme culturel
Parler d'histoire cumulative lorsqu'une société semble avoir apporté quelque chose au patrimoine commun ne correspond ni plus ni moins qu'à de l'ethnocentrisme car ce patrimoine et cet apport sont définis comme étant ceux dont se sert la société qui juge. Or il existe aussi en sciences sociales une loi de la relativité, mais renversée par rapport à celle qui caractérise la physique : les systèmes évoluant dans le même sens que le sien paraissent plus actifs, les autres semblent statiques. Dans le cas des sciences sociales, la vitesse correspond à l'information, à la signification : il y a une relation entre la notion physique de « mouvement apparent » et celle sociologique de « quantité d'informations ».
Ainsi, si les Etats-Unis nous paraissent les plus développés, c'est que nous choisissons comme critère le PIB par habitant (dominant dans nos sociétés) ; or il est possible de s'intéresser à nombre d'autres critères : le langage, les techniques, l'art, la connaissance scientifique, les croyances religieuses, l'organisation sociale, politique ou économique. L'immobilisme apparent de certaines sociétés résulte essentiellement de l'ignorance de leurs intérêts véritables. La culture d'une société ne consiste pas en son apport propre (écriture pour les Phéniciens, poudre à canon pour les Chinois, verre et acier pour les Indiens) mais dans la manière dont chacune groupe ces éléments, les retient ou les exclut. La civilisation mondiale n'est pas l'habit d'Arlequin : chaque société doit résoudre les mêmes problèmes humains ; l'originalité de chacune se trouve dans leur mise en perspective, dans la façon originale de les résoudre.

Est-il encore possible alors de porter un jugement vrai sur une autre société que la sienne ? Il suffit de remarquer que toutes les civilisations reconnaissent, l'une après l'autre, la supériorité de l'une d'entre elle : la civilisation occidentale. Pourtant, loin de récupérer son héritage, son infrastructure, elles se contentent d'en copier la superstructure. Cette adhésion au « modèle » n'est donc pas spontanée : la civilisation occidentale, en imposant ses comptoirs et son mode de pensée, a cassé les structures de ces sociétés, sans jamais rien y remplacer ; dès lors, l'adhésion se réalise par l'absence de tout autre choix. Si ce n'est le consentement, seule la plus grande énergie de la civilisation occidentale a pu conduire à sa supériorité ?En fait, ce phénomène objectivable, comme nous l'avons déjà dit, ne repose que sur deux valeurs qu'elle a su imposer : l'augmentation de la production disponible par tête et celle de l'espérance de vie. Et lorsque l'on rappelle que les découvertes les plus importantes sont le fruit des sociétés les plus archaïques - la révolution néolithique ayant débouchée sur le feu, l'agriculture, le tissage, l'élevage et la poterie - il est souvent rétorqué que ces découvertes sont les jeux du hasard, jamais du mérite ; l'effort de création intellectuelle est réservé à nos sociétés.
Loin de nier la part de hasard qui conduit aux grandes trouvailles, les découvertes préhistoriques ne sauraient être la seule résultante de la bonne fortune : la poterie nécessite par exemple de connaître la particularité des combustibles, la forme du foyer, le type de chaleur et la durée de cuisson…un travail d'expérimentation continue. Il n'y avait certainement pas moins de Pasteur dans ces civilisations ; aussi, si la révolution industrielle n'était pas née en Europe Occidentale, elle l'aurait été ailleurs, quelques années plus tard. Les Mexicains connaissaient la roue (présente sur des jouets d'enfants), les Chinois les rudiments de la poudre à canon : peu de choses ont séparé les premiers du chariot, les seconds des armes de guerre. Par ailleurs, la chronologie géographique des découvertes n'a pas de sens, elles sont souvent simultanées, sinon inéluctables partout. A l'échelle de l'humanité, nous ne pouvons retenir que deux grandes vagues d'innovations : les révolutions néolithique et industrielle.

La distinction histoire stationnaire/histoire cumulative n'a ainsi aucun sens, elle dépend de nos intérêts propres et ne parvient jamais à être assez nette : dans le cas des inventions techniques, aucune période, aucune culture n'est absolument stationnaire. Tous les peuples possèdent transforment, améliorent, oublient, sinon ils disparaîtraient. Toute histoire est cumulative, à des degrés différents. Ce degré de différence relève des probabilités : à un jeu de roulette, si un observateur veut recenser toutes les suites de 9 chiffres, il n'en verra jamais aucune et ne conclura qu'à un chaos des événements ; si un observateur cherche une loi gérant l'alternance rouge/noir ou pair/impair, il trouvera de l'ordre dans cette apparence de chaos. « L'humanité n'évolue pas dans un sens unique. Et si sur un certain plan, elle semble stationnaire, même régressive, cela ne signifie pas que d'un autre point de vue, elle n'est pas le siège d'importantes transformations » (pp.67-68).

4. La collaboration et le progrès : une question de probabilités ?
Rares seraient les joueurs qui pourraient se prévaloir de rassembler une longue série, observée lors d'un jeu de roulette. Mais, dès lors qu'il associe ses efforts avec ceux d'autres joueurs postés à d'autres roulettes, il voit ses chances de remplir sa séries décupler. L'un pourrait apporter le 1, le 2, le 6 ; un autre, le 7, le 9 et le 10 ; des autres encore, le 3 et le 8, le 4 et le 5. L'histoire cumulative diffère peu de cette suite de 10 chiffres : aucune civilisation ne peut se prétendre supérieure, elle est le fruit de coalitions de diverses cultures, de combinaisons plus ou moins volontaires (migrations, échanges, guerres). Cette histoire n'est pas le propre d'une civilisation, elle résulte d'une « manière d'être ensemble », par opposition aux « sociétés solitaires ». Si les neuf dixièmes de l'histoire de l'humanité tendent plus vers l'histoire stationnaire, la raison peut être exprimée par un manque de contact entre les civilisations : une question de chance, de probabilité somme toute. Il a fallu attendre longtemps avant qu'une combinaison favorable ne sorte. Fort de cette analyse, il est possible de déduire que le danger pour une culture n'est pas de se frotter aux autres, bien au contraire, mais de se marginaliser : elle court alors à sa perte. De là, il vient que le concept de « civilisation mondiale » n'a aucun sens ; souvent employé afin de considérer l'ensemble des contributions de chaque culture à un patrimoine commun, contributions choisies selon des critères arbitraires et ethnocentriques, ce concept ne peut représenté qu'une coquille vide ou qu'un processus complexe de coalition des cultures : en ce cas, la notion perd tout son sens car chaque culture préserve son originalité, et l'unité cache un phénomène fondamentalement multiple.

Ainsi le progrès est-il conditionné par la coalition des culture. Cependant ce « jeu en commun » conduit inéluctablement à une « homogénéisation des ressources de chaque joueur », donc à une diminution croissante des opportunités de gains. Deux solutions sont alors envisageables pour espérer une dynamique continue du progrès :
- un accroissement au sein de chaque culture des « écarts différentiels », parallèlement à l'homogénéisation des cultures ; Lévi-Strauss explique de cette façon le développement des inégalités qui accompagne chaque révolution technique (par exemple la naissance du Prolétariat)
- un accroissement du nombre de partenaires dans l'échange ; Lévi-Strauss prend alors comme exemple le rôle de la colonisation ou du l'impérialisme.
Aussi conclue-t-il que « la tolérance n'est pas une position contemplative, dispensant les indulgences à ce qui fut ou qui est. C'est une attitude dynamique qui consiste à prévoir, à comprendre et à promouvoir ce qui veut être » (p.84).

C) Portée de l'œuvre


1) Diogène couché
Roger Caillois n'apprécié guère les facéties de Lévi-Strauss. Il exprime son sentiment, dans La nouvelle revue française en 1954, dénonçant l'« Illusion à rebours ». L'article fustige l'attrait idéologique pour les sociétés primitives jusqu'à la négation de toute idée de progrès et prône le rétablissement de la hiérarchie culturelle. La réponse de l'ethnologue français ne tarde pas. Elle est publiée dans les Temps Modernes (volume 10, n°110, 1955) sous le titre de « Diogène couché ». Sur un ton tout aussi virulent que les paroles de Caillois, Lévi-Strauss fait remarquer : « Diogène prouvait le mouvement en marchant. M.Caillois se couche pour ne pas le voir. Il est vrai que son maître avait recommandé que l'on l'enterrât à plein ventre, convaincu que le monde ne tarderait pas à se mettre à l'envers et donc à le rétablir à l'endroit » (p.1187). Il s'agit dans ce texte d'une véritable leçon de commentaire de texte que nous livre l'auteur, reprenant méthodiquement chacune des critiques formulées à son encontre, la rapprochant soigneusement du passage de Race et Histoire sur lequel elle porte et la faisant voler en éclat ; tous les thèmes sont abordés : l'idée de progrès, la diversité des cultures, l'évolution des techniques, la question du hasard…Puis, toujours dans une optique d'exemplarité scolastique, il se penche sur l'argumentation même de Caillois, mettant en lumière les contradictions et les inexactitudes. Et puisque l'existence du métier d'ethnologue tend à constituer pour ce dernier la preuve de la supériorité de la civilisation occidentale sur toute autre, Lévi-Strauss en profite pour répondre une bonne fois pour toutes à la critique de relativisme culturel qui lui est souvent adressée.
Ainsi, se donne-t-il l'occasion d'expliquer sa situation de déraciné, s'écartant d'autant plus de chez lui qu'il s'en rapproche, ne trouvant une trace de domiciliation que dans l'exil : « il [l'ethnologue] ne circule pas entre le pays des sauvages et celui des civilisés ; dans quelque sens qu'il aille, il retourne d'entre les morts » (p.1217). L'absurdité de la critique de Caillois semble le toucher au plus au point ; rarement a-t-on vu réponse aussi acerbe de sa part : « M.Caillois se livre à un exercice hybride qui commence par des bouffonneries de table d'hôte, se poursuit en déclamations de prédicateur pour se terminer par des lamentations de pénitent » (p.1202). Il n'aura de cesse de défendre les positions prises dans Race et Histoire au cours de ses ouvrages postérieurs ; du moins se bornera-t-il à dialoguer avec des interlocuteurs qui le satisferont pleinement, balayant d'un coup de main les critiques d'auteurs jugés indésirables : « nous ne lui [Roger Caillois] faisons pas de querelle et nous lui demandons rien sinon qu'il nous permette de travailler en paix. Et qu'il aille chercher ailleurs ses imago » (p.1220).
2) Sur la relation histoire/ethnologie
Il semble que sur point, la critique de Lévi-Strauss ait été très mal comprise : il s'agissait bien pour lui de dénoncer une vision téléologique et historiciste de la réalité, une histoire purement narrative ou encore une « Histoire » hypostasiée par certaines philosophies.
Race et Histoire montre clairement la difficulté que doit surmonter la discipline historique devant des sociétés sans écrits ; en ce cas, les irréductibles historiens auront à travailler à partir de documents accumulés dans le temps qui devront être passés au crible d'une critique rigoureuse et utilisés avec le recul nécessaire. Lévi-Strauss s'insurge donc contre toute histoire imaginaire qui comble par l'invention les lacunes de ses sources. L'ethnologue permet alors de faire accéder cette histoire à des terrains où ses matériaux de travail n'existe pas ; mais ce dernier, ayant pour objectif de rendre compte de la situation contemporaine d'une société, ne doit se priver d'aucune source, et certainement pas de l'appui historique, dès lors que toute donnée est vérifiable. S'il fallait encore convaincre quiconque de l'adhérence de Lévi-Strauss aux vertus de l'histoire, nous citerions l'auteur dans le texte : « on ne fait pas de bonne analyse structurale, si on ne fait pas d'abord une bonne analyse historique. Si nous ne faisons pas une bonne analyse historique dans le domaine des faits ethnographiques, ce n'est pas parce que nous la dédaignons, c'est parce que malheureusement elle nous échappe » [« Philosophie et Anthropologie », Interview, Cahiers de Philosophie, n°1, janvier 1966].
Nous avons évoqué précédemment l'une des deux limites principales de l'histoire sur l'ethnologie dans le cadre de l'étude de telles sociétés : le problème des archives. Mais, un autre point ne semble pas moins primordial : les documents qui pourraient exister sur ces sociétés proviennent de représentants étrangers aux communautés indigènes ; ce sont des écrits de missionnaires, des récits d'explorateurs, ou encore des comptes rendus d'administrateurs et de colons. Autant de documents dont les prises de position sont ethnocentriques, ne voyant dans l'histoire de ces sociétés qu'un progrès tout factice : ce progrès dépend de normes occidentales que les colonisateurs n'ont cessé d'inculquer à ces sociétés pendant des siècles, confondant socialisation et idée de progrès. Pour reprendre une expression de Marcel Hénaff, « l'histoire narrée est celle des mutations provoquées par ces contacts ». L'historien doit se méfier non seulement du biais que son mode de pensée provoque, mais, de surcroît, de l'influence qu'il peut avoir sur la vie de ces indigènes. L'ethnocentrisme est alors une arme redoutable qui compromet toute bonne compréhension des civilisations et détourne les données disponibles du sens subjectif que les indigènes leur prêtent.
L'histoire, selon Lévi-Strauss, doit en tirer plusieurs enseignements. Il lui faut, en toute objectivité, accepter la diversité des races et des cultures, afin d'en finir avec l'histoire linéaire qui doit être envisagée comme multiple, comme un ensemble de séries discontinues. L'histoire doit être pensée en terme d'homologies et d'isomorphismes, non plus en terme de causalités. Nous soulignons ici le refus de l'auteur d'une histoire universelle, entendue comme valable pour toutes les sociétés ; reste alors à définir ce qui réalise l'unité de l'humanité. La réponse est à chercher dans les méandres de « l'esprit humain », conçu comme faculté à créer et recréer la diversité culturelle qui oppose mais rassemble : « ce sont les différences qui se ressemblent » [Le totémisme aujourd'hui, PUF, Paris, 1962, p.115]. En ce sens, et contrairement au fonctionnalisme, l'histoire comme récit de la diversité, ne peut représenter une épine dans le pieds du structuralisme, mais une aide à l'édification d'une structure.----

LIRE LA SUITE PATIONNANTE DANS L'OUVRAGE DE AURELIEN SAADI












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- 2006-07-19

PNO ET ISRAEL

LE DEBAT SUR LA POSITION DU PNO ENVERS ISRAEL FAIT RAGE

Commentaire :

Si le PNO semble déconnecté de la société et tient des propos qui font peur aux gens, nous avons de bonnes raisons de penser qu'il en est de même pour une partie des jeunes gens que nous avions en face.
En effet au « sionisme obligatoire » du PNO correspond chez eux « la palestinophilie » de toute l'extrême gauche internationale à laquelle certains d'entre eux adhèrent philosophiquement. C'est leur droit le plus démocratique.
Le soutien à la guerre en Irak a fait débat dans le PNO et chacun des adhérents a gardé sa liberté d'opinion, en face l'opposition systématique à la guerre fait l'effet d'un bloc monolithique SANS TENIR COMPTE DES SOUFFRANCES DES KURDES ET DES ARAMEENS D'IRAK.

Devrions nous renoncer au « sionisme » c'est à dire à la défense du droit du peuple hébreu à avoir un état, pendant qu'eux ne renonceraient pas à une conception de l'internationalisme qui ne voit que le côté anti capitaliste des choses ? Au nom de cet anti capitalisme ils sembleraient prêts à cautionner des faits avérés d'impérialisme Arabe ou autre !
Pour le PNO, il n'existe pas de nation palestinienne. La Palestine est une partie de la nation Arabe qui nous le souhaitons vivement s'unira un jour, mais pas sur les décombres de la nation Hébreue appelée Israel.

Nous pensons que c'est d'abord aux arabes et aux hébreux de régler le plus pacifiquement possible leur querelle de voisinage.Nous nous autorisons le droit de dire que malgré les apparences qui sont trompeuses la nation hébreue est plus en danger que la nation arabe. Voilà à quoi se résume notre «sionisme».


Quant à la partie Gallo de la Bretagne héritée du temps des Ducs, si la population actuelle choisit démocratiquement de devenir bretonne de citoyenneté, puis de langue et de culture nous respecterons ce choix. Cependant nous pensons juste de rappeler que l'ethnicité de cette région géographiquement tampon entre la France et la Bretagne s'exprime encore aujourd'hui en gallo qui n'est rien d'autre que du français dialectal.

Le PNO est le Parti de la Nation Occitane. Nous militons pour que celle-ci ait des rapports amicaux et fraternels avec toutes les ethnies ou nations du monde entier. Notre objectif ethniste primordial est la libération nationale de l'Occitanie.

Pour le PNO, l'objectif de la création d'un Etat (si possible Fédéral) est une condition quasi obligatoire pour permettre au peuple occitan de récupérer l'usage social et public de sa langue historique et de construire son propre système politique le plus démocratiquement possible, sans fermer aucune porte à l'expression sereine de cette DEMOCRATIE à laquelle nous tenons.


Le 22 octobre à Carcassonne nous avons prouvé qu'il est possible de tous se mettre d'accord sur la défense de notre identité à travers la langue. Si des efforts étaient faits de tous côtés, d'autres points communs émergeraient … en plus de la défense de la langue. Au lieu systématiquement de discuter sur ce qui divise (l'international) parlons d'autres points de combats communs … A suivre espérons -le !

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- 2006-07-19

LE PEUPLE MAPOUCHE EXISTE ET SE BAT

Historiquement, le peuple Mapuche a été discriminé et pour ainsi dire nié au sein de l'Etat chilien. On ne respecte ni ses traditions, ni son organisation sociale, ni sa culture, ni même sa langue. A cette situation s'ajoute le dépouillement systématique de ses terres et l'expansion forestière menée par des latifundistes et des compagnies forestières nationales et multinationales depuis déjà plusieurs décennies. Ceux-ci ont transformé et dégradé l'environnement naturel des territoires mapuche. Cette situation oblige ainsi plusieurs secteurs de la société à vivre dans des enclaves appauvries et discriminées dont les niveaux de vie sont bien au-dessous de ceux de la moyenne des Chiliens. Face à cette triste réalité a surgit, dans les années '90, un mouvement mapuche revendiquant la récupération de ses terres, la préservation de sa culture et de son organisation sociale. Le but est, à terme, d'atteindre un niveau de vie meilleur et l'autonomie pour le peuple Mapuche. Des actions importantes ont été réalisées, destinées à la récupération des territoires ancestraux, aujourd'hui occupés par les compagnies forestières. Elles consistent aussi à la prise de conscience du peuple mapuche sur le degré d'abandon et de misère dans lequel il subsiste. Ces actions ont entraîné une recrudescence de la répression, qui est devenue systématique durant le mandat du dernier gouvernement. La recherche d'activistes mapuche est accompagnée de perquisitions de domiciles, durant lesquelles la police, de plus en plus raciste à l'encontre des mapuche, abuse de son pouvoir en recourant à une violence indiscriminante. Celle-ci se manifeste par la destruction d'habitations et de biens matériels, le vol d'ustensiles et d'outils, entre autre. La police a déjà frappé, agressé et insulté des hommes, des femmes, des enfants, des personnes âgées, et même des personnes handicapées physiquement. Elle utilise des plombs de chasse, des bombes lacrymogènes, des armes de guerres, des véhicules blindés, des hélicoptères et des centaines d'effectifs policiers pour accomplir les perquisitions dans les communautés indigènes dont les habitants sont en nombre restreint. Dans les territoires en conflit, la présence des policiers et des forces spéciales est permanente et excessive. Ils contrôlent ainsi systématiquement la population et harcèlent constamment les habitants et visiteurs des zones rurales. [1] <mhtml:mid://00000554/#_ftn1>

Le zèle de l'Etat contre le mouvement mapuche s'est intensifié avec les années. Le Président Frei (1994-2000) a mis en accusation des Comuneros mapuche en appliquant La Loi De Sécurité de l'Etat (une loi de 1958 destinée à combattre la « subversion, la rébellion et la violence politique »). D'un autre côté, la répression s'est renforcée contre le peuple Mapuche lors de l'adoption de la Loi Antiterroriste, appliquée afin de faire condamner les Comuneros mapuche. C'est sous le régime de cette loi que les Prisonniers politiques mapuche en grève de la faim ont été condamnés. Il est important de rappeler que la Loi Antiterroriste a été introduite par le dictateur Augusto Pinochet pour affronter l'opposition croissante à la dictature militaire. Paradoxalement, cette loi dictatoriale a été modifiée par le premier gouvernement démocratique afin de renforcer son application en incorporant des délits communs, tels que l'« incendie ou menace terroriste », figurant déjà dans le Code Pénal. Cette loi est la plus dure de l'ordre juridique chilien. En usant de cette loi, les autorités chargées d'appliquer le droit privent les accusés des garanties de procédure judiciaire et violent par là le Pacte International de droits civils et politiques et la Convention Américaine des droits de l'Homme, instruments ratifiés par le Chili. Elles nient le soutien qu'ont manifesté des organismes Internationaux de défense des droits de l'homme tels que Human Right Watch, Amnesty International, la FIDH, etc., contre l'application de cette loi arbitraire. L'une des violations graves des garanties de procédure judiciaire est l'utilisation de témoins sans visage, comparaissant au tribunal derrière des paravents et parlant à travers des micros distordant la voix. Il faut signaler en plus qu'à deux occasions où des juges avaient acquittés des accusés Mapuche, la Cour suprême est intervenue pour révoquer ces jugements et pour les condamner. Pour ces raisons, voyant leurs garanties de procédure violées, certains Mapuche accusés d'actes terroristes ou d'association illicite terroriste ont décidé de ne pas comparaître et ont ainsi opté pour la voie de la clandestinité. Ils sont aujourd'hui persécutés par l'Etat chilien.

Les déclarations des PPM en grève de la faim, soit de Jaime Marileo Saravia, Patricia Troncoso Robles, Juan Marileo Saravia, Juan Huenulao Lienmil, Juan Colihuinca Ancaluan et de Jose Cariqueo Saravia, nous sont parvenues et nous voulons dire ce qui suit à cet égard :
· Nous manifestons notre plus grand soutien à leurs revendications ;
· Non à la criminalisation de la mobilisation mapuche. Nous dénonçons la politique répressive déployée par l'Etat chilien, telle que nous l'avons décrite auparavant, et nous exigeons le respect du rapport de Rodolfo Stavenhagen, rapporteur des Nations Unies pour les droits de l'homme et les libertés fondamentales des indigènes, rendu en novembre 2003, selon lequel « les légitimes revendications venant des organisations et des communautés indigènes ne doivent être criminalisées ou pénalisées sous aucun prétexte. Les accusations de délits (« menaces terroriste » ou « l'association illicite ») prises dans un autre contexte ne doivent pas être appliquées à la lutte pour la terre et aux légitimes demandes indigènes »
· Nous exigeons la révision par un tribunal indépendant et impartial de toutes les inculpations faites à l'encontre des PPM, en particulier de l'accusation de Poluco-Pidenco. A cause de celle-ci, les grévistes sont accusés d'avoir incendié cent hectares de la Compagnie Forestière Mininco SA et ainsi condamnés à dix ans et un jour d'emprisonnement et à payer 400'000'000 pesos (environ un million de SFR) à titre d'indemnités. Tout cela en vertu de la fameuse Loi Antiterroriste.
· Nous dénonçons l'aberration que commet la justice chilienne en réalisant un procès à huis clos. L'Etat dans son désespoir d'arrêter le mouvement mapuche et d'emprisonner des innocents, effectue ce procès sans la présence des imputés en leur imposant d'office des avocats qui ne leur inspirent guère confiance. Les témoins sans visage ne suffissent-ils pas ?
· Nous rappelons à Madame la Présidente Michelle Bachelet qu'elle s'est engagée à cesser d'appliquer cette loi. Nous exigeons donc qu'elle respecte ses engagements.
· Nous saluons les mapuche qui, sans choix, vivent dans la clandestinité et nous partageons les raisons pour lesquelles ils ont décidé de ne pas comparaître devant les tribunaux.

àPar conséquent, nous invitons chaque personne qui partagerait les opinions évoquées dans cette déclaration à participer à une action qui se déroulera devant la mission permanente du Chili (bus 3, arrêt Petit-Saconnex) le jeudi 6 avril à onze heure du matin.

à Vu l'urgence de l'affaire et l'état de santé des PPM qui se dégradent avec l'écoulement des jours, nous invitons les médias à ce joindre à nous le jeudi 6 avril à 11h30 devant la mission permanente du Chili. A cette occasion, des explications pourront être demandées aux délégués de la mission.

à Nous insistons pour que le jeudi 6 avril soit déclaré comme une journée internationale de soutien au Prisonniers Politiques Mapuche. Pour mener à bien cette journée, nous invitons les organisations mapuche se trouvant dans tous les coins de la terre à réagir devant les ambassades chiliennes de chaque pays.
à A partir du jeudi 6 avril, nous initions un jeûne symbolique afin d'exprimer d'une part, notre répudiation contre les actions commises par l'Etat chilien à l'encontre des mapuche, et d'autre part, notre soutien à ce peuple qui lutte et résiste contre ceux qui ont « fixé comme seul nord de notre humanité originaire, l'argent ».

à Enfin, nous mettrons fin au jeûne par la réalisation d'une soirée culturelle le samedi 8 avril à 19 heures à la Maison des Associations. Le tract de l'activité et le lieu du jeûne seront envoyés et affichés ultérieurement.

Signataires :

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- 2005-03-11

RETOUR A L'ABBÉ GREGOIRE ?

j'ai trouve ce texte surle net je me permet de le joindre au debat langue et nation

“ Patois du pays ”, prévention de la délinquance et contrôle social

Pourquoi les hommes politiques actuellement au pouvoir sont-ils à ce point hostiles à tout autre langue que le français sacralisé, muséifié, artificiellement (et vainement) protégé de tout contact avec les autres idiomes du vaste monde ? Pourquoi l’anglais commercial, et lui seul, échappe-t-il à l’ostracisme général ? Pourquoi, en particulier, ce pouvoir pourchasse-t-il de plus en plus ouvertement les langues de l’immigration et les langues dites régionales ? La légitimité de ces questions peut-être montrée et une esquisse de réponse apportée par la
lecture croisée de deux documents publics qui, apparemment, n’ont rien de commun : le rapport préliminaire de la commission parlementaire sur la prévention de la délinquance daté d’octobre 2004 et le texte du débat parlementaire du 26 janvier dernier sur les amendements qu’il serait souhaitable d’apporter à l’article 2 de la constitution.
Le rapport de la “ commission prévention du groupe d’études parlementaire sur la sécurité intérieure ” présidée par J.-A. Bénisti, député du Val-de-Marne, composée de 20 parlementaires (dont 16 UMP, 2 UDF, 2 PS), rédigé dans un épouvantable charabia, bourré de fautes d’orthographe et de syntaxe, ne semble concerner en rien les questions de langue. Et pourtant. A travers une analyse absolument caricaturale, résolument étrangère à toutes les études sérieuses sur le sujet, “ les difficultés de la langue ” liées à la pratique non exclusive du français, sont proprement placées à l’origine du parcours type du délinquant. Le rapport propose en effet, graphique à l’appui, une sidérante “ courbe évolutive d’un jeune qui au fur et à mesure des années s’écarte du ‘droit chemin’ pour s’enfoncer dans la délinquance ”.

Tout commence, entre 4 et 6 ans, par une mauvaise maîtrise de la langue française, associée à une précoce indiscipline scolaire, qui se poursuit au long d’une terrible courbe s’éloignant de façon exponentielle du “ parcours normal ”, par la “ marginalisation scolaire ” (7-9 ans), la “ violence à l’école ” et le “ début des petits larcins ” (10-12 ans), relayés par la “ consommation des drogues douces ” (13-15 ans), puis dures (16-18 ans), jusqu’à sa fatale issue qu’est l’ “ entrée dans la grande délinquance ” (dès 19 ans). Ainsi le premier acte, qui signe une sorte d’entrée dans la déviance vient des parents, dont il n’est même pas précisé – car c’est une chose qui va de soi – qu’ils sont “ d’origine étrangère ”, est une acte de délinquance linguistique : le futur délinquant maîtrise mal le français, parce qu’on ne le parle pas exclusivement à la maison. C’est pourquoi il faut agir à la racine du mal : les “ mères ” ( puisque c’est manifestement à elles seules qu’incombe la tâche d’apprentissage linguistique ) “ devront s’obliger à parler le Français dans leur foyer pour habituer les enfants à n’avoir que cette langue pour s’exprimer ”.
Le rapport se montre confiant sur la coopération des mères, naturellement douces et obéissantes, mais elle est menacée par les “ pères, qui exigent souvent le parler patois du pays à la maison ”, et il “ faut alors engager des actions en direction du père pour l’inciter dans cette direction ”. Oui, vous avez bien lu : les immigrants ne parlent pas même des langues, mais des “ patois du pays ”. L’arabe, le berbère, le turc, le kurde, le woloff, les chinois ( mandarin, cantonais… ), le portugais, etc., tout cela n’est que “ patois de pays ”, culturellement débilitant et socialement criminogène. Qui a dit que le discours raciste, colonialiste et discriminatoire n’était plus en France qu’un mauvais souvenir ? C’est pourtant celui que tiennent aujourd’hui des élus dans leurs rapports sur la sécurité
intérieure. Il s’agira donc, dans les cités, comme autrefois, dans les provinces, d’éradiquer “ les patois du pays ”, conçus non plus seulement comme les foyers de l’ignorance et de la misère, mais aussi, et d’abord, comme la source première de la délinquance. L’ “ institutrice ” ( le féminin dans le rapport est de rigueur pour la classe maternelle ! ), aujourd’hui comme aux temps héroïques des “ hussards noirs de la République ”, devra intervenir auprès des parents pour “ qu’au domicile, la seule langue parlée soit le français ”. Si “ cela persiste, l’institutrice devra alors passer le relais à un orthophoniste pour que l’enfant récupère immédiatement les moyens d’expression et de langage indispensables à son évolution scolaire et sociale ”. L’orthophonie

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- 2005-02-08

LE PEUPLE ALSACIEN N'EXISTE PAS

en,
Je note dans ton texte que tu parles d'un: Peuple Alsacien.
A ma connaissance il n'existe pas et n'a jamais existé. (1)
Il n'y a qu'un peuple Germanique. C'est déjà pas mal. Il occupe une grande partie du centre de l'Europe.
Je crois que pour construire l'Europe il faut avant tout écouter les peuples.  Eviter de se retrouver en porte - à - faux avec des idées complétement fausses,  comme sait si bien le faire généralement l'administration.
Par exemple, il faudrait avoir l'intelligence de comprendre que les Allemands d'en face de l'Alsace, ceux qui sont juste de l'autre côté du fleuve, ne veulent pas du Francais en premiére langue pour leurs enfants. Les voilà remonté contre l'administration de leur Région qui voulait les obliger tout récemment encore à apprendre le Francais contre leur grés. Ils ont évidemment raison. Ils sont comme n'importe quel habitant de la planète, ils veulent le plus pour leurs enfants, c'est à dire l'Anglais. Moi-même, si je pouvais refaire ma scolarité, je ne choisirais plus l'Italien qui est pourtant la langue de ma mère, mais bien entendu l'Anglais.
Toi même sur ton site tu n'utilise que deux langues, le Francais et l'Anglais.
Alors pourquoi ce combat d'arrière garde sur les langues minoritaires en France?
Je ne vois comme réponse qu'une tentative désespéré de ta part de détourner ton attention, notre attention, des vrais problèmes qui  se posent en ce début de siècle.  André Malraux nous avait pourtant  prévenu, en disant que le siécle avenir verrait le retour des guerres de religions. 
Et voilà, malheureusement nous y sommes. Les attentats de New York, de Madrid, sont des crimes de guerres perpétrés par des fanatiques religieux au nom du dieu tout puissant de  l'Islam. Nous détourner de notre devoir d'y répondre, en prétextant d'autres combats prioritaire en Europe, alors que des soldats alliés tombent tous les jours pour la liberté et la démocratie en Afganistan et en Irak, ce n'est vraiment pas politiquement sérieux.
Robert Schwarz
(1) L'Alsacien est un dilecte et non un patois. Il est à la base et donc fondateur de l'Allemand actuel.
as

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- 2005-01-16

L'ETHNISME UNE REALITE


LU SUR VOLTAIRE AVEC GRAND ETONNEMENT LE TEXTE SUIVANT

LES VERTS, PARTISANS D’UNE EUROPE DES ETHNIES
Le parti des Verts européens souhaite promouvoir les identités régionales au sein de l’Union européenne à 25. Leur carte prévoit candidement un remodelage complet de l’Europe, fragmenté en une kyrielle d’entités ethniques. Initialement soutenu par l’Allemagne qui, compte tenu de l’importance des populations germanophones, serait sortie seule renforcée de cette redistribution, ce projet est aujourd’hui porté de l’extérieur par le département d’État et des fondations états-uniennes. En effet, en application de la " Doctrine Wolfowitz ", Washington considère comme prioritaire de priver les Européens de leurs États pour mieux les faire entrer dans un libre-marché globalisé. Pierre Hillard analyse cette ethno-Europe.

Mais qui est ce PIERRE HILLARD illard
Qui copie presque mot a mot Fontan
Alors je suis aller sur le net a google voir
ET J'AI TROUVE

JE VOUS CONSEILLE D'ALLER VISITER LES SITES SUIVANTS

http://www.diploweb.com/cartes/espaceturcophone1.htm
http://www.diploweb

LIEN : http://www.diploweb

- 2004-11-06

MA POSITION SUR l’ALTER MONDIALISATION


VOICI DONC MA POSITION SUR l’ALTER MONDIALISATION
Si on veut " changer le monde " l’alter mondialisation ne règlera rien et restera du verbiage si elle ne met pas au centre de sa problématique l’existence des 5000 peuples (langues) qui composent ce monde ainsi que leur désir légitime de gérer leur propre destin. En effet, qu’on le veuille ou pas, si on inventorie l’ensemble des conflits intérieurs et extérieurs qui affectent les Etats du monde aujourd’hui, plus de 95 % sont d’origine ethnique (c’est-à-dire conflits entre communautés linguistiques) là où un peuple en opprime un autre.
Les intellectuels, avec leurs schémas : lutte des classes, primauté de l’économie sur la langue, et qui avaient consciencieusement gommé le besoin d’identité des minorités, doivent faire marche arrière toute. L’alter mondialisation, avec toute sa bonne volonté et ses bonnes intentions ne sera qu’une boursouflure idéologique de plus, une omelette intellectuelle qui ne prendra jamais à moins qu’elle ne prenne en compte que pour changer le monde il faut en premier l’accepter comme il est c’est-à-dire avec sa diversité de peuples ayant tous une dynamique prête à la guerre et même, pour certains, au suicide pour survivre (pour leur droit légitime et juste à la survie de leur culture, langue et différence)
L’alter mondialisation, à juste titre, se focalise sur l’impérialisme économique du capitalisme sauvage et du libéralisme à tous crins, en oubliant que pour combattre ce mal, il ne faut pas refaire la même erreur que Rosa Luxembourg et le communisme idéologique avaient fait : proposer une solution universelle c’est-à-dire porter tous les mêmes chapeaux et les mêmes pantalons.
J’ai bien écouté ce qui s’est dit à Clichy et j’ai constaté que presque tous les débats sur l’alter mondialisation ont occulté la réalité des peuples pour mettre en avant l’injustice économique. Je n’ai pas entendu les Corses, les Inuits, les Sioux, les Basques, les Bretons, les Tamouls, les Occitans dire que pour changer le monde il fallait d’abord que l’on se sente libre de le changer.
L’ethnisme ne dit pas que l’injustice économique n’existe pas, mais il dit qu’elle n’est que l’infection sur l’abcès qui provient directement des situations de l’impérialisme, des injustices ethniques et des dynamiques ethnocentriques c’est-à-dire le non-respect du droit des peuples et l’impérialisme linguistique et ethnique de certains peuples sur d’autres.
Si je me souviens bien, à Rio, les petits peuples Amérindiens présents avaient donné à espérer que le mouvement anti-mondialisation devenu alter mondialisation irait dans un sens qui prendrait en compte le respect et le droit des petits peuples à décider de leur propre culture et de leur indépendance. Après Gênes et maintenant Clichy, je ne sais pas si j’ai raison et si je suis mal informé, mais j’ai l’impression que cet espoir s’amenuise et que l’alter mondialisation est devenue surtout la recherche d’une solution pour régler les problèmes économiques et sociaux des puissants entre eux.
Je vais donc résumer ci-dessous, au cas où, comme je l’aurais entendu sur France Inter, l’alter mondialisation est encore un mouvement ouvert aux propositions,
Ma vision pour une politique d’alter mondialisation.
Point 1 : Nous sommes tous d’accord : nous allons vers la catastrophe. Il faut changer le monde, nous voulons un monde nouveau or les inégalités augmentent (voir l’Afrique, le Cambodge…)
Point 2 : Nous sommes tous d’accord de l’effet mondialisation sur le plan de la circulation de l’information, de l’échange des marchandises, de l’impossibilité, pour une région du monde, de se séparer du reste du monde.
Point 3 : (c’est ici que l’ethnisme commence à différer sur l’analyse de la situation)
Le monde est et reste toujours un espace habité par des peuples ayant des langues différentes donc des cultures différentes, des ego de survie distincts. Ces peuples existent. Ils sont définis par une langue. Il y a un peuple Italien parce qu’il y a une langue Italienne, un peuple Arabe parce qu’il y a une langue Arabe, un peuple Juif parce qu’il y a une langue Hébraïque.
L’ethnisme croit que ces conflits et situations impérialistes entre langues, peuples, communautés, sont la cause principale de la situation catastrophique du monde.
Point 4 : Comme un docteur, si je devais chercher à guérir le mal je m’attaquerais à sa source qui est, d’abord et avant tout, contenue dans les situations impérialistes dans le monde.
Hélas ces situations impérialistes sont nombreuses, tellement nombreuses qu’on pourrait presque croire qu’elles sont naturelles à tous les peuples.
Pour en êtres persuadés, il suffit de remarquer que le plus petit peuple en lutte contre l’impérialisme qu’il subit, opprime souvent lui-même ou revendique un territoire qui ne lui appartient pas.
Point 5 : quand l’alter mondialisation propose des solutions : la taxe Tobin, de nouvelles lois régulatrices de l’économie mondiale, du FMI etc, son argumentation ne part jamais du simple axiome de base qui est le droit des peuples à gérer leur propre destin. Au contraire, ATAC, comme d’autres, se propose de ressembler à des ONG qui viendraient trouver la solution pour les autres. Celà dit, peut-on faire autrement quand on assiste à la destruction des Buchmen de Calgary, ou des peuples d’Amazonie ? Oui leur donner l’indépendance.
Point 6 : Aujourd’hui le mouvement alter mondialiste navigue dans la confusion parce que les ingrédients qui le composent sont contradictoires. En effet, bien qu’au départ nous soyons tous d’accord sur le fait qu’il faut changer le monde,
il y a ceux qui, pour les droits des femmes imaginent une femme idéale
il y a ceux qui rêvent d’une société modèle etc.
Résumons :
Ma position par rapport à la mondialisation et l’alter mondialisation
a) Pour ne pas tomber dans les travers d’une alter mondialisation qui occulterait sinon combattrait ce droit des peuples, il faut obligatoirement passer par le débat sur ce qu’est un peuple.
Il faut tout faire pour éviter que l’alter mondialisation ne
devienne pas une chasse gardée idéologique des intellectuels gauchistes, trotskistes, qui n’ont jamais pu se débarrasser de la vision du monde égalitariste de Rosa Luxembourg.
b) Cette alter mondialisation doit donc prendre en compte la réalité de l’existence des peuples et leur droit à la survie. (droit des peuples)
c) Cette alter mondialisation doit déceler et combattre la domination d’une ethnie (peuple langue) sur d’autres ethnies (peuples langues) c’est-à-dire qu’elle ne doit pas entériner l’impérialisme.

En ce qui concerne l’Inde puisque cette rencontre alter mondialiste a lieu aux Indes à Bombay,
Permettez- moi deux remarques
1- Il y a vingt ans, l’Inde était fortement centralisée sous la houlette impérialiste des Anglais, puis des Hindis. Aujourd’hui, parce qu’il était impossible de faire autrement, l’Inde s’est décentralisée. (voir la carte linguistique de l’Inde sur le site ethnisme .com) et cette décentralisation de l’Inde a été réalisée peu à peu sur la base des langues.
2 - Malgré le colonialisme et l’indépendance, l’Anglais bien que la langue de l’oppresseur, est restée en Inde la langue de communication entre ses peuples et comme langue internationale. Je dis cela car ça devrait donner l’exemple à la France qui pourrait se dire que même si elle décentralisait culturellement et politiquement, elle n’aurait rien à perdre mais tout a gagner

Ben nov- janv 2004.

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- 2004-01-17

LE PEUPLE TOUAREG

cette lettre de Mohamed Ag Ewanghaye répond au texte de jean louis Veyrac que vous pouvez lire sur ce site a "regions ethnies berberes "

la lecture de La lettre ethniste de Jean-Louis VEYRAC parue dans le journal occitan Lo Lugarn n° 73 du mois de mars 2000, je n’ai pas pu m’empêcher de réagir tant l’élan d’amitié qui l’a orienté est sincère. Il est donc normal que je commence par le saluer du fond du cœur. Cadre politique de la lutte de mon peuple, je suis amené à lire tout ce qui paraît sur nous. Cela m’a obligé souvent à lire toutes sortes d’écrits, les uns parfois plus fantaisistes que d’autres, tant les interrogations que soulèvent notre identité relèvent du mystique. Cette tendance peut se justifier par l’ancrage millénaire de notre civilisation qui, à certains points de vue, garde encore des aspects universels dans lesquels toute l’humanité pourrait, consciemment ou inconsciemment, se retrouver. Cependant, cette démarche passéiste a l’inconvénient de nous amputer d’une dynamique qui a pourtant caractérisé notre vie depuis maintenant 10 siècles. Les repères historiques qui soutiennent cette démarche nous sont souvent attribués en exclusive. En effet, les analystes nous isolent de l’environnement universel et mondial sans s’interroger sur les risques liés à cet examen in vitro. Par exemple, sur le sujet, tout passionnel, de l’esclavage, ceux qui nous étudient ont la fâcheuse tendance de faire de nous des esclavagistes sans vergogne. Or l’esclavage est l’apanage de l’humanité toute entière, à une certaine époque où il transcrivait les rapports de force qui ont dicté les modes de vie. Les peuples dont on nous accuse d’avoir abusé ont à certains égards été plus esclavagistes que nous. Ceux qui l’écrivent l’ont davantage été que nous tous. Je rappelle ici que le peuple amazigh touareg n’a pas pris part à la traite négrière des siècles passées. La présence d’une composante noire au sein de la mosaïque touareg participe d’une logique migratoire complexe qui a fini par nous ancrer dans une situation de peuple et non d’ethnie. Nous sommes le fruit d’un brassage séculaire dans le bassin saharien qui a vu défiler beaucoup de races. Nous sommes sans conteste le croisement de ces races. Cela nous a légué une ouverture sur le monde et une vision large des autres cultures qui nous amènent à développer une grande capacité à déceler leurs insuffisances et leur étroitesse. Cette ouverture nous a donné une forte propension à absorber d’autres plutôt qu’à les rejeter comme il est si souvent dit. C’est cette capacité d’absorption qui fait peur. Tous ceux qui nous ont côtoyé se sont au minimum enrichis à notre contact.
Pour revenir plus précisément aux rapports qui ont existé entre nous et les peuples noirs du sud du Sahara, je voudrais insister sur un fait majeur qui a marqué notre passé. En effet, les raisons qui nous ont poussé vers le Sud relèvent de l’expansion de l’Islam dont nous avons longtemps été le fer de lance au Sahara central et méridional. Ce rôle a eu son corollaire de domination et d’asservissement comme partout où il y a eu des conquêtes religieuses. Ce n’est pas une exclusivité amazigh. Nos voisins et frères peulh ont aussi joué ce rôle et leur domination de la bande qui va de l’Ouest africain au Cameroun, en passant par le Nigeria, en dit long. D’autres peuples peuvent être cités comme exemples. En ce qui nous concerne, cette partie de notre histoire date de notre allégeance à l’Empire Ottoman dont les limites méridionales se situaient dans le Sahel actuel. Donc nous avons été un peuple vivant qui a un passé fait de hauts et de bas, comme tous les peuples du monde. Il ne faudrait pas que nous continuions à faire les frais d’une histoire dont nous ne sommes pas les seuls acteurs. Il est en effet très facile et caricatural de nous opposer à nos frères du Sud sur la base de rapports passés qu’on ne cesse de brandir à tout bout de champ comme un épouvantail afin de nous opposer toujours. C’est une approche qui a été développée par le colonisateur français qui n’arrive pas encore à transcender notre volonté de lui avoir résisté. D’ailleurs, n’eût été son intervention à partir du 19e siècle, notre démarche historique à nous tous, nous aurait amené à la création d’entités géopolitiques viables où nous pourrions avoir des relations normales. Notre combat à nous Touaregs est de ramener ce dialogue afin de parvenir à un voisinage sans accrocs. C’est faute d’avoir été bien compris que nous avons pris les armes pour nous faire entendre. Nous n’avons pas encore réussi car la logique du colonisateur français continue de faire des effets, en ce sens qu’elle à réussi à amener d’autres peuples à accumuler des acquis au détriment de certains et ils ne voudront jamais lâcher ces acquis mal acquis. Seule la force les y amènera. C’est pour cela que notre lutte armée est loin de finir.
Le second sujet de ma note concernera les sécheresses et le rôle qu’on leur attribue dans nos malheurs. Ces dernières ont marqué notre existence depuis des millénaires. Elles ont revêtu un aspect particulier et ont eu des conséquences sur notre mode de vie, depuis que les rouages de notre existence nous ont échappé. Il a été en effet difficile pour nous de juguler leurs effets quand notre capacité de régulation est largement amputée par le colonisateur français qui a détruit toutes les bases structurelles de notre société. A ce sujet, je salue Pierre BOILLEY historien chercheur au CNRS qui, plus que tous ses prédécesseurs en la matière, a su expliquer les effets de la colonisation sur le peuple touareg dans son "livre-thèse" paru en 1999 sous le titre Les Touareg Kel Adagh, dépendances et révoltes. Les sécheresses n’ont joué ce rôle d’affaiblissement de notre société que très accessoirement.
Le troisième sujet que je voudrais aborder concerne la rentrée sur scène de Kaddafi dans notre vie. J’ai personnellement eu à maintes reprises l’occasion de m’exprimer sur le sujet directement ou indirectement avec le guide de la révolution libyenne dont le moteur essentiel est le panarabisme. Or, pour qui daigne jeter un coup d’œil sur l’histoire du panarabisme en Afrique, il est plus qu’évident que les Berbères que nous sommes n’accepteront jamais son avènement pour la simple raison que les Arabes en Afrique ont été et sont encore des usurpateurs. Kaddafi est bien placé pour le savoir puisqu’il se prévaut d’être nassérien. Son approche des Touareg visait tout simplement leur aliénation car il a beaucoup sous-estimé nos capacités de résistance. Il s’en est rendu compte maintenant et je crois bien que les ponts sont aujourd’hui coupés. Il a tout au plus freiné notre avancée. Notre lutte lui survivra certainement.
Le quatrième et dernier élément de ma note est réservé au nationalisme de notre lutte et à ses capacités à mettre sur pied une ébauche de pays ou de nation. Je ne serai pas long la-dessus. Je me limiterai seulement à quelques rappels historiques. D’abord il n’y a aucun doute qu’une nation amazigh a existé. Cependant, la difficulté réside dans sa définition. En effet, les Européens qui ont tenté jusque là de s’y pencher, se sont situés dans une sphère d’analyse qui est en deçà du champ historique, sémantique et géographique de notre compréhension de l’organisation étatique. Notre conception de la nation ne cadre pas avec les définitions applicables à d’autres espaces du monde. Pour nous appréhender, il faudrait nécessairement s’écarter de ces définitions. Je persiste de plus en plus à penser que le peuple amazigh a su développer une organisation très élaborée par rapport au cadre classique connu des autres sociétés. Le mode de conservation du fond d’archives étayant cette thèse n’est pas non plus accessible aux étrangers, car tous ses aspects physiques et visibles ont été altérés par les envahisseurs que sont les Européens et les Arabes. C’est pour cela qu’il est facile pour eux de conclure vite à la non-existence de ce qu’ils ne voient pas. Pour notre part, nous avons su garder la matrice fondatrice de notre identité dans nos mémoires et nos gènes. Nous sommes les seuls habilités à exploiter ce fond d’archives. Nous sommes en train de le faire et en temps opportun, les résultats seront publiés. C’est le lieu de saluer la ténacité, l’objectivité et la scientificité des thèses de Hélène-Claudot Hawad, chercheur au CNRS, ses thèses peuvent être une source d’inspiration à ceux qui s’intéressent à cet aspect de notre lutte. Une autre chose qu’on nous reproche est d’avoir tu les revendications nationalistes ou une tendance identitaire de notre mouvement de la dernière décennie du 20e siècle. Nous voulons rassurer les uns et les autres ici que cela participe plus d’une stratégie de lutte que d’une renonciation. Les étapes d’une lutte passent nécessairement par des phases de négation de ce type. Mais les prochaines phases éclaireront plus d’un sur nos réelles aspirations. Quand on analyse une lutte de l’extérieur, il est difficile de cerner toutes les contraintes et développements qui président à certains choix circonstanciés. Je ne peux pas en dire plus.
Pour conclure, je ferai une mention spéciale à tous nos amis d’Europe et du monde, peuples ou individus. Je voudrais qu’ils sachent que nous sommes à leur écoute dans une dynamique mondiale de révolution , même si des contingences matérielles ne nous permettent pas de garder un contact permanent. Je pense ici en particulier à nos amis occitans, qui ont aujourd’hui une représentation physique et matérielle chez nous. C’est sans doute un exemple qui mérite d’être suivi à l’échelle européenne, sinon planétaire.
Mohamed Ag Ewanghaye

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- 2004-01-11

OFM sur la phonetique reponse a ben

Désolé d'être brutal, mais avant de philosopher sur l'orthographe de
l'occitan qui dot être phonétique où je ne sais quoi, se serait bien de
savoir le parler.

Donc si tu sais le parler, utilise-le. Si tu sais pas le parler,
apprends-le. Je t'emmerderai ps sur l'orthographe que tu as choisi.

"On est jamais mieux servi que par soi-même": j'attends de voir ta super
orthographe révolutionnaire EN ACTION.

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- 2004-01-11

Marielle Astoul repond a ben


Bonjour !

Je dois avouer que votre discours me fait peur ...
Derrière le mot ethnisme je ne vois que haine, incompréhension et intolérance.
Pourquoi penser que l'Etat impérialiste cherche à brimer les peuples soi-disants minoritaires. J'avoue que
j'ai beaucoup de mal à comprendre.
Etnt moi-même originaire du Sud-Ouest, j'ai appris "le patois"de mes grands-parents à l'école et si je n'ai
pas continué à la pratiquer c'est parce que ça ne m'intéressait pas, tout simplement !
Et non pas parce que des forces obscures, sbires de l'Etat m'en ont empêché ....
Et puis quel amalgame grossier avec les conflits politiques.
Je suis fière de mes racines et je suis également fière d'être française.
Cordialement
Marielle Astoul

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- 2003-02-06

5 fevr HELENE SE CONTREDIT

Ce texte est doublement interessant si on se rapelle que Mme CARERE D'ENCAUSSE A écrit "l'empire éclatée" pour la russie dans le quel ouvrage elle déffendait le droit des peuples d'union sovietique de se liberer du joug russe et refuse aujourd'hui cette même argumentation aux basques corses occitans --alors Helene on se contredit gaiement !
Ben


Madame Carrère d'Encausse,
 Permettez-moi de vous écrire pour vous faire part de mon émotion, mon indi -gnation et ma révolte après la lecture de
votre intervention ci-dessous reproduite.
  Une personne de votre intelligence, de votre culture et de votre rang ne de -vrait pas s'autoriser de tels propos. Ils m'ont
profondément touché, blessé.Je conçois volontiers que l'on puisse défendre la langue et la culture françaises. Je ne dénie
pas ce rôle qui est le vôtre et celui de vos confrères immortels.
  Ce qui m'est insupportable, c'est qu'on puisse établir une hiérarchie, une échelle de valeur donnant au français une quelconque
"supériorité" face aux autres langues parlées dans l'hexagone.
  Vous bafouez ainsi la dignité des langues alsacienne, basque, bretonne,  catalane, corse, créole, flamande, lorraine, occitane, mais
aussi mélanésien- nes et amérindiennes parlées sur le territoire de la République.Non seulement vous les bafouez, mais vous
voulez leur refuser tout droit de cité.

  « Mais je dois pour finir évoquer une menace d'une tout autre nature et d'une extrême gravité qui pointe à l'horizon.
  Il s'agit de la disparition du principe fondateur de notre vie culturelle inscrit depuis 1539, dans l'Édit de Villers-Cotterêts qui
décréta le fran çais langue de notre pays. Aujourd'hui des voix s'élèvent pour plaider qu'il faut faire place aux côtés du français
dans l'enseignement, dans la vie publique aux langues qui étaient depuis le XVIe siècle du ressort de la vie privée. Depuis mars
dernier, une instance officielle s'intitule Délégation générale à la langue française et aux langues de France, intitulé qui les place
donc en situation d'égalité. »

  La menace dont vous parlez n'existe pas. Elle n'est que dans le fantasme des centralistes uniformisateurs qui vous ont
formée. L'unicité de la Républi -que qui écrase la diversité des langues et des cultures de son territoire est une véritable croyance, une
sacralisation de l'État-Nation à peine croyable à l'heure du droit reconnu des peuples à disposer d'eux-mêmes, sauf au sein même de
celle qui se dit la "Patrie des Droits de l'Homme". Au lieu de votre rouleau com- presseur dévastateur et négationiste de la
valeur des autres lan -gues et cultu res présentes sur le sol de notre République, ne reconnaîtriez-vous pas que la
diversité qui la compose est une richesse qu'il convient de préserver plutôt que la prédominance d'une langue et d'une culture sur  plu
sieurs autres.
 L'UNESCO a reconnu depuis fort longtemps l'égalité des langues, de toutes les langues de la planète, elle préconise leur
sauvegarde et leur promotion. La France, en restant bientôt le seul état étriqué, replié sur cette position archaï -que,
risque d'être mise au banc des États modernes qui composent l'Europe et le Monde.Tel le coq, ergots plantés sur son tas
de fumier de cultures anéan ties et décomposées, de langues sacrifiées sur l'autel de la République, putré- fiées par les
siècles d'ethnocide culturel dont elles ont été victimes, la France est là, bien recroquevillée sur ses principes d'un autre temps,
contrai -res même à sa propre déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.

Qu'on fasse de la Délégation Générale à la Langue Française une Délégation  Générale à la Langue Française et aux
Langues de France, voilà qui vous chifonne !
  Heureusement que certains ont ce courage de reconnaître la richesse de la diversité. Et je salue Monsieur Cerquilini, l'actuel
directeur de cette institution, dont l'ouverture d'esprit contraste avec votre enfermement.

« Comment aussi ne pas être alarmé par la volonté affirmée, louable certes, d'un haut responsable politique d' "assurer sur notre
territoire la primauté du français, langue de la République"? Primauté implique la coexistence du français avec d'autres langues,
alors que c'est prin cipe d'unicité, c'est-à-dire qu'elle était unique, qui depuis 5 siècles a défini son statut. »

  Vous êtes au coeur du problème : il s'agit bien d'un statut (qu'on a voulu imposer) et non d'un état de fait, puisque les
langues doivent être placées tou- tes sur un même pied d'égalité. Vous voudriez garder le français sur le piedestal où les guerres de
conquête et d'annexion l'ont placé. N'oubliez pas qu'à l'épo -que où le roi de France (d'Île-de-France, devrais-je dire) signait
d'une croix, le comte de Toulouse écrivait déjà son nom. Ce n'est qu'après la croisade des albigeois (prétexte religieux couvert
par la papauté pour masquer une guerre territoriale) et l'anschluss des terres occitanes comme d'autres territoires
"rattachés" à la couronne qu'on a voulu imposer le français comme langue unique du Royaume, puis de la République.
 Au lieu d'accepter de cohabiter, de s'enrichir mutuellement dans l'intercultura- lité, de laisser vivre en harmonie le français et les autres
langues autochtones, on a voulu mettre sous l'éteignoir, écraser, étouffer et anéantir les langues an- cestrales sous pretextes
qu'elles feraient de l'ombre à La Langue Supérieure ! Cette primauté a existé & existe encore aujourd'hui.Aujourd'hui, tout
le monde en France parle le français. Le problème est ce monolinguisme institutionnali- sé que vous ne voulez pas
remettre en cause. Ignorez-vous tout des recher -ches actuelles établissant le bilinguisme et le multilinguisme comme des facteurs
enrichissants de l'équilibre humain, de l'acquisition de connaissances ?
  Arcs-boutés derrière vos certitudes, ne voyez-vous pas que vous allez à l'inverse du mouvement du monde ? Vous êtes
à contre-sens de l'histoire.
 
« Le péril aujourd'hui est d'autant plus grand que l'évolution probable de l'Europe vers une régionalisation, la décentralisation
promise en France que d'aucuns souhaitent voir dépasser le cadre politique et administratif pour englober les langues pourraient
conduire à un affaissement de la cohésion et de la conscience nationales. Dans cette évolution déjà engagée et probablement
irréversible, c'est la langue commune, la langue française qui seule incarnera et maintiendra l'unité morale et culturelle des
Français. Qu'elle soit condamnée à partager ce rôle avec les langues de France, elles sont d'ailleurs légions et notre patrimoine
culturel, notre identité voleront en éclats. » 

  Votre patrimoine culturel ne volera pas en éclats s'il s'enrichit de la diversité  qui l'entoure. Votre identité francilienne sera
renforcée si elle connaît, si elle reconnaît les identités qui l'ont accompagnées et côtoyées au sein du royau -me, puis de
la République. Il n'y a pas "Une" identité française, mais de multi ples identités que vous avez voulu noyer dans une
uniformisation sans borne.
Je ne reconnais pas mon identité occitane dans votre République sacralisée, ma République détournée.
  L'Europe a édicté la Charte des langues régionales ou minorisées, que la France a signée, mais pas ratifiée. Elle se différencie par là de
l'esprit borné de notre État hypercentralisé qui, la même année (en 1992), a fait voter par son parlement la modification de l'article II de la
constitution pour instaurer le français comme langue de la République... (entre parenthèses : à l'exceptionde toute autre ! )
  Cette modification, qui devait au départ combattre l'invasion linguistique du territoire français par l'anglais, n'a été dès
lors qu'un pretexte pour défendre aux autres langues de la République toute reconnaissance de leur droit à exister, à être
sauvergardées et promues.
  Vous criez à la « balkanisation » mais vous ne voyez pas que c'est en appuyant trop fort sur le couvercle du chaudron
que vous risquez de faire exploser la cocotte minute dans laquelle vous enfermez les cultures minorisées de votre France
éternelle et sacramentelle.
«Ce n'est pas un avenir de science fiction que j'évoque en cet instant, mais des projets précis qui se développent insidieusement
dans l'ombre de quelques insti- tutions et chapelles.C'est pourquoi je lance ici un véritable cri d'alarme. N'igno rons pas ce péril,
sauvons notre langue quand il en est encore temps, car ce qui est en cause c'est nous tous, notre longue histoire, notre vie
commune, notre identité.»
  Défendez votre histoire, votre identité, mais notre vie commune ne pourra continuer que si vous respectez vos
partenaires et que vous arrêtez de vous conduire en colonisateurs face aux pauvres petits pequenots de province qui ne parlent que
des patois et ne sont là que pour lécher les bottes des parisiens, les vrais français pas excentrés, les habitants du vrai
nombril pas de «l'embo rígol ».

A Diu siatz
  Coralament e amistosament.    De còr e d'òc.      Michèu Prat
  "Pretz, Paratge, Larguesa"   Memòria trobadorenca, Occitània encuei.

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- 2003-01-23

IDENTITE, EGALITE, LAÏCITE TEXTE DE MICHEL CAHEN

TEXTE DE MICHEL CAHEN
DE INSTITUT D’ETUDES POLITIQUES DE BORDEAUX
LE 10 JANVIER 2002


" L ‘UNIVERSEL, C’EST LE LOCAL MOINS LES MURS "
MIGUEL TORGA

Indépendamment même du complexe d’identités sociales qui constituent la jeunesse en tant que telle dans la société, les enseignants et éducateurs sont, dans leur labeur quotidien, confrontés à au moins trois types d’identités dans la jeunesse, qui apparaissent porteuses de malaise ou font fortement débat dans l’école publique et les mouvements laïques d’éducation : une identité sociale d’exclusion, issue tant d’une " conscience de quartier " dans les faubourgs déshérités que de l’échec scolaire, les identités issues des secondes générations d’immigrations prolétaires, et enfin les identités produites par les anciennes nations historiquement présentes sur le sol de la République (Corse, Bretagne, Pays basque, etc.). C’est volontairement que l’on essaiera ici de traiter conjointement des problématiques relatives à ces catégories de faits de conscience, alors pourtant qu’au moins une partie d’entre elles – celles qui sont relatives aux anciennes nations – semble bien distincte. Il se trouve pourtant que, d’une manière ou d’une autre, elles interpellent la réflexion des enseignants et éducateurs sur le " multiculturalisme " et, par là, notre idée de la République et notre imaginaire de la nation. C’est par ce biais qu’elles interagissent tant dans les milieux enseignants que parmi les éducateurs, et c’est pourquoi aussi on n’a pas voulu, ici, séparer les deux " secteurs " d’action (école et éducation populaire).
Le moins que l’on puisse dire est que le climat n’est pas très serein pour une telle discussion…

La République contre l’identité ?

Le succès d’estime – si l’on en croie les sondages au moment où cet article est écrit – d’un Jean-Pierre Chevènement, construit sur les thèmes d’unicité de la République et de la " nation politique " contre lesdits " communautarismes " refuges de défaitismes post-munichois ; le recours victorieux, à l’automne 2001, du Comité national d’action laïque (soutenu par divers syndicats de gauche et la Fédération des Conseils de parents d’élèves) auprès du Conseil d’État, cassant les mesures prises par le ministre Jack Lang en vue d’intégrer au service public les écoles diwan d’apprentissage du breton par immersion ; et plus généralement, un climat international délétère de suspicion contre tout ce qui, vu du centre du monde globalisé, semble relever d’" identités particulières " posées comme anti-universalistes, et qui mélange en un beau chaos des peurs disparates venues d’Algérie, de Bosnie, de Palestine, de New York, d’Afghanistan ou du ghetto immigré voisin ; tout ce fatras d’angoisses produites, en un post-stalinisme soi-disant " désidéologisé ", par un capitalisme à son apogée, rend difficile, particulièrement en France, le débat sur les identités et leur intégration à la démocratie politique dans le respect de ce qui est l’un de ses fondements : la laïcité. Plus particulièrement, ces questions divisent profondément ceux qui, de par leur idéal et leur insertion dans les mouvements syndicalistes, pédagogiques ou associatifs de l’enseignement, de la culture, de la recherche et de l’éducation populaire, devraient à l’inverse être à la pointe de l’expression, non point nécessairement d’opinions uniformes sur les mesures concrètes à prendre, mais au moins de valeurs fortes fondées sur un universalisme concret et sur lesquelles appuyer une approche constructive.
Certes, dans la France franco-française, certaines questions sont automatiquement passionnelles, de la moindre réforme de l’orthographe censée massacrer notre exception d’excellence, à l’introduction d’une heure hebdomadaire de langue corse dans les écoles maternelles corses, prélude à la destruction de la République . On s’en souvient, grosso modo de 1988 à 1995, les affaires de " fichus fichus " – belle expression du même Chevènement – n’avaient pas opposé un " camp religieux " contre un " camp laïque ", mais totalement brouillé les cartes de la discussion du problème, réel mais concret et non principiel, que posait l’apparition de jeunes filles à la chevelure couverte d’un foulard (et non d’un " voile " !) dans les établissements publics. Au lieu de répondre à la seule question qui valût : " y a-t-il remise en cause concrète du déroulement des cours dans l’école laïque ? ", on s’attacha à l’image, à l’existence même de symboles, culturels au-delà du religieux, qui, dans un contexte spécifique – l’apogée du terrorisme islamiste en Algérie, les attentats dans le métro parisien – favorisaient la confluence fantasmée entre diversité culturelle et angoisse de régression. Très souvent, les mêmes qui s’opposèrent par principe à ce que des jeunes filles à la chevelure couverte suivent les cours de l’école laïque, se retrouvent aujourd’hui en tête du combat contre l’intégration des cultures " régionales " au service public d’enseignement. Quel est donc le lien ?
Mais inversement, dans les milieux ouverts à la problématique de la diversité culturelle, il semble régner parfois une confusion, au nom du multiculturalisme, dans les approches de ce qui relève de deux choses complètement différentes : les éléments sociaux-culturels portés par les immigrations prolétaires, et la prégnance maintenue d’une partie des nations minorisées historiquement présentes sur le sol de la République.

Crispation des débats et pénibilité du travail

Bien entendu, ces questions ne sont nullement théoriques ou abstraites, et l’on ne saurait sous-estimer, dans les crispations qu’elles provoquent souvent, l’aggravation considérable des conditions de travail des enseignants, en particulier dans les collèges et les lycées professionnels. Il est typique de voir se reconstituer des perceptions – et donc des phénomènes – de type " classes dangereuses " . La ségrégation sociale – ou l’" échec scolaire ", comme on voudra – n’affecte jamais uniformément les milieux socioculturels, et stigmatise différemment (ce qui ne veut pas toujours dire, mais le dit bien souvent, plus gravement) ceux qui cumulent les handicaps : par exemple une condition prolétarienne, un chômage de masse et durable dans les familles, un habitat sinistre dans de " grands ensembles " qui sont tout sauf des villes ; mais aussi, et peut-être plus violemment encore, la souffrance de jeunes de deuxième génération face à ce que la France – nation à laquelle ils s’intègrent – a fait de leurs pères immigrés . Cela revient à dire que la ségrégation se conjugue inévitablement à une certaine tendance à l’ethnicisation. Celle-ci commence évidemment dans les milieux issus de l’immigration , mais gagne sur les milieux " français " d’égale condition prolétarienne : il n’y a qu’à voir l’expansion d’un verlan franco-arabo-ouolof auprès de jeunes d’origine française et le phénomène des " bandes ". La tendance n’est nullement française et, pour ne prendre que l’exemple d’un pays européen de même tradition politique (jacobine, centralisée, etc.), on a aujourd’hui au Portugal un phénomène strictement similaire avec la jeunesse capverdienne dans les écoles et les bairros degradados (quartiers déshérités).
En dernière analyse, le problème est social, mais il n’est pas spontanément ressenti comme tel. Le problème social a provoqué l’émergence d’un problème identitaire, et il est vain de vouloir résoudre un problème identitaire seulement par un " traitement social ". Nombre d’enseignants n’ont pas seulement affaire aux problèmes sociaux (y compris pédagogiques) de leurs élèves, mais à une identité facilement hostile envers eux, puisqu’ils sont l’institution et puisqu’ils sont la France. Cela se traduit ne serait-ce que dans l’argot, quand des élèves veulent " niquer sa race " à tel ou tel professeur : tout semble se passer comme s’il y avait des sortes d’individus – des races –, distinctes, complexe mélange d’identité de classe et d’identité ethnique. Pour affronter durablement cela, il faut non seulement une solide formation disciplinaire et pédagogique, mais aussi de profondes convictions politiques. On peut penser que de nouveaux " hussards noirs " de la République seraient nécessaires, mais cette figure est désormais impraticable puisque que la croyance en la République – idéal du bien public – est devenue relative au temps du néolibéralisme, des privatisations et de la marchandisation de tout ce qui relevait encore de la valeur d’usage. Pour " tenir " – et certains tiennent ! –, il faut être prêt à mettre son propre enfant dans l’établissement où l’on enseigne, il faut être un maître au double sens de la maîtrise de la discipline enseignée et de la maîtrise sur sa classe, ce qui ne peut advenir que d’un profond respect ressenti pour ces élèves et de la capacité d’écoute correspondante. Mais les enseignants ne sont pas des militants, ce sont des travailleurs comme les autres. À l’hostilité agressive de nombre de jeunes, beaucoup ne peuvent que répondre par le dépit, la fatigue, la crainte, le mépris et, finalement à l’image de leurs élèves, " avoir la haine " tant contre ces derniers que contre l’Éducation nationale. On peut en dire autant de nombre d’éducateurs intervenant en situations comparables.
Dans ce contexte délétère, certains événements apparaissent alors comme fixant la dernière limite au-delà de laquelle le métier n’a plus de sens. Sur une seule question se focalise d’un coup une angoisse faite de raisons bien plus vastes. Je crois que c’est fondamentalement ce qui s’était produit avec les " foulards " en 1988-95, exprimant en creux la nostalgie (fantasmée) d’une école de qualité par l’aspiration à une école publique " chimiquement pure " et protégée. C’est pourquoi les lignes de clivage ont été si étonnantes, divisant tant la droite que la gauche, tant le camp laïque que le camp religieux (sur le plan scolaire essentiellement catholique) . Cela peut se reproduire à tout moment sur d’autres points de fixation apparemment très différents, comme la " défense de la dissertation " ou de la " division " lors de telle ou telle reformulation des programmes.

Des foulards et des Gascons

Les polémiques actuelles sur les langues corse, bretonne, basque, occitane, etc., sont, sauf dans les périphéries françaises les plus directement concernées, bien moins véhémentes puisqu’elles ne touchent pas souvent à des situations vécues dans l’école, mais relèvent principalement de projets, ou d’écoles associatives par définition (encore) extérieures au secteur public. Elles posent pourtant des questions symboliques de même ordre qui exaspèrent les associations en pointe contre la " dissolution de la République dans le breton par immersion " . Elles regroupent de petits secteurs militants, souvent très radicaux , qui ont sans doute une assez faible influence propre, mais qui en revanche bénéficient d’un climat plutôt favorable notamment auprès des milieux enseignants. Ceux-ci, en effet, sont généralement disposés à accepter qu’existe une offre d’enseignement des " langues régionales ", à l’image (réduite) de celle existant pour les langues étrangères ou mortes, mais sont plutôt, tout à fait, voire véhémentement, défavorables à ce que les premières puissent être considérées, dans l’institution scolaire, comme un vecteur de la vie sociale et donc comme des langues d’enseignement d’autres matières – le summum étant l’immersion . Bien évidemment, la fréquente restriction, pour des raisons budgétaires, de l’offre d’enseignement dans les " grandes langues " étrangères , ne peut que provoquer un climat de suspicion quand, à budget constant, un ministre prend des mesures pour les " langues régionales " ainsi directement concurrentes des langues telles que l’allemand, le portugais, l’italien, le russe. D’aucuns en concluent vite qu’elles ne sont que le cheval de Troie de l’anglais (qui, seul, survivra), et ainsi, ô paradoxe, de la globalisation ! L’" Europe des régions " n’est-elle pas le fossoyeur de la République et de sa langue ?
Sur fond de problèmes sociaux, ces diverses crispations créent une hostilité à la diversité culturelle, mais sur la base de la confusion déjà citée relative à deux problématiques socialement distinctes : celle relative aux immigrations prolétaires et à leurs secondes générations, et celle relevant des anciennes nations historiquement présentes sur le sol de la République. Or, les praticiens de l’enseignement ou de l’éducation et les militants favorables aux diverses problématiques de la diversité culturelle – et parmi eux, les militants politiques régionalistes – font grosso modo la même confusion en prônant le " droit à la différence " et en mêlant immigrations et nations minorisées dans le même océan du multiculturalisme. La confusion conceptuelle portée par la tradition néojacobine et bonapartiste , est ainsi renforcée par la réponse symétrique de ceux qui cherchent à s’y opposer. En quelque sorte, de l’anti- au pro-différencialisme des uns et des autres, on a du mal à déboucher sur une problématique de non-différencialisme, en d’autres termes sur un universalisme concret qui, dans son combat pour l’égalité (et non la différence), n’ignore pas les inégalités des conditions de départ et les historicités distinctes.
Ce qui provoque l’authentique répulsion de certains enseignants à accepter dans leurs classes des jeunes filles à la chevelure couverte n’est donc pas tant ce que cela veut dire pour eux (signes religieux confondus avec le prosélytisme, oppression de la femme – mais qui n’est qu’un procès d’intention pour les intéressées), puisque ce serait une raison de plus pour permettre à ces jeunes filles d’entendre, en classe, le discours laïque et scientifique. C’est le symbole même de devoir accepter de voir une différence dans leur classe, et il est bien évident que ce " devoir accepter de voir " se porte sur l’inhabituel : le hidjeb sera ainsi plus " vu " que le médaillon de la Vierge. Ce qui est interpellé n’est pas une atteinte à l’égalité, mais à l’uniformité. Les tabliers gris n’ayant pas survécu à Mai 68, le masque républicain est ainsi à nouveau fragilisé puisque le port vestimentaire " normal " (français) est désormais parfois contesté. Alors que le vert fluo de certaines chevelures ou le piercing de certaines lèvres peuvent continuer à être vus comme " normaux " (français), au détriment du hidjeb.
Ce qui est interpellé n’est donc rien moins que l’imaginaire de la nation France, profondément ancré notamment parmi les professionnels de l’enseignement et de l’éducation. Cet imaginaire est celui d’une nation supposément non communautaire (sauf la communauté politique de la République), dans laquelle l’identité est censée ne pas être " française " mais seulement " citoyenne ", dont les citoyens sont des individus atomisés sans histoire propre et liés directement à l’État sans que nulle catégorie intermédiaire ne puisse avoir une quelconque pertinence. Ainsi, puisque la nation France existe, donc la nation Corse n’existe pas. Il n’est pas nécessaire d’aller sur le terrain enquêter sur les faits de conscience identitaires, c’est une déduction constitutionnelle totalisante qui ne saurait voir les emboîtements d’identités fréquents dans toutes les sociétés et dont les historiens et sociologues ont depuis longtemps souligné la prégnance.
Cette théorie politique a de toute évidence de solides racines historiques (Révolution française et, au-delà, absolutisme royal et universel catholique) et confond systématiquement État et État-nation, nation et République, nationalité et citoyenneté. Alors que la nation n’est que la communauté historiquement dessinée (et non point " définie " ) par des gens qui ressentent une " identité en commun ", alors qu’elle est donc une représentation subjective et mouvante – une trajectoire identitaire, disent les sociologues –, alors que la République est l’une des formes possibles d’organisation politique de la nation, le néojacobinisme contemporain rend la République synonyme de la nation : la République est la nation, est l’identité. Ce n’est pas un hasard si notre carte de citoyenneté s’appelle " carte d’identité nationale ". On ne niera pas ici l’existence historique de cette " théorie française " de la nation, souvent opposée de façon simpliste à la " théorie allemande ". Ce qui est fortement contestable en revanche est la confusion entre une théorie de la nation et la nation elle-même, comme si la première disait tout sur la perception des citoyens envers la seconde, sur la manière dont les Français se sentent français et les Allemands allemands. Dans cette théorie faite nation, les identités peuvent être folklores, mais ne sauraient entraîner de quelconques mesures politiques.
Ainsi se comprend la commune hostilité aux " foulards " (par exemple) et aux langues " régionales ", tous deux censés remettre en cause l’uniformité de la collection d’individus appelée nation, puisque dessinant des " communautés " qui ne sont pas elles-mêmes la totalité de la nation.

Us et abus du discours laïque

Ce qui est grave est que l’on prend ainsi l’égalité pour l’outil qui doit permettre sa matérialisation, l’égalité des droits. Puisque la constitution proclame – avec raison ! – l’égalité des droits, cette proclamation elle-même constituerait l’égalité et donc interdirait que l’on puisse prendre des mesures spécifiques pour telles ou telles catégories d’individus. L’uniformité devant la loi est ainsi faite synonyme d’égalité devant la loi, ce qui, de fait, la remet frontalement en cause puisque l’on ignore les inégalités de départ : ainsi, dans la République française, une partie des citoyens jouissent du droit de faire alphabétiser leurs enfants dans la langue maternelle et affective (le français) au sein de l’école publique et laïque. D’autres citoyens français (basques, bretons, corses, etc.) ne jouissent pas de ce droit. Or, la même loi, identique pour tous, pourrait parfaitement permettre une diversité des langues d’alphabétisation quand des historicités distinctes de sociétés locales le justifient, sans préjudice de l’apprentissage du français. Ainsi l’universalisme abstrait, refusant de prendre en compte les inégalités de situation de départ, nie l’égalité des droits en refusant à l’État la nécessaire diversification des moyens pour y parvenir.
C’est à ce point du raisonnement qu’il faut revenir sur la laïcité. Il est en effet saisissant de voir des organisations laïques, par conséquent attachées à ce que nul prosélytisme (religieux ou politique) ne vienne nuire à l’unité réalisée au sein de l’école de la République, monter au créneau sur la question des langues " régionales ". En effet, ne sont-elles pas totalement " hors-sujet " ? Pourtant, c’est systématiquement au nom de la laïcité qu’elles attaquent un tel enseignement quand il dépasse la seule discipline linguistique (un cours d’occitan) pour devenir outil de socialisation (des cours en occitan, la cantine en occitan), puisqu’il dessinerait des " communautés " que la nation ne saurait contenir. Même en acceptant, à ce stade, leur raisonnement, on ne peut que questionner en quoi l’existence (supposée) de communautés a un rapport avec la laïcité. Cette dernière en effet est relative au rapport à l’État des citoyens quelles que soient leurs confessions, origines ethniques ou opinions politiques , dans l’objectif du droit à l’égalité, et ne s’oppose nullement à un usage diversifié d’un droit commun au profit de catégories de citoyens pour des besoins spécifiques : la communauté des femmes bénéficiant spécifiquement du congé de maternité n’est pas antilaïque ! Ce qu’il ne peut y avoir, c’est un fédéralisme juridique, ou droit des groupes, qui définirait un droit particulier généraliste pour tous les aspects de la vie (code civil, etc.) pour une catégorie de citoyens (comme, à une autre époque, sous l’empire ottoman ; ou à l’époque contemporaine, sous l’apartheid ou dans l’État religieux d’Israël).

De l’usage social d’une liberté publique

Il n’empêche que la " communauté " est remarquée et dénoncée quand il s’agit des langues " régionales " dans l’espace social. Pourquoi ? On peut en trouver une illustration – mais point encore une explication – dans l’abus du principe républicain d’usage privé d’une liberté publique définissant la liberté religieuse : l’espace social de la République est laïque, mais la même République garantit aux individus-citoyens la liberté de culte dans des espaces privés (églises, etc.). L’usage des langues minorisées relèverait du même principe, autrement dit, du vieux slogan " parlez patois à la maison ! " – mais pas même dans la cour de récréation de l’école publique. Or le principe d’usage privé d’une liberté publique est fondé sur l’idée que certaines pratiques ne peuvent historiquement relever de l’entièreté de la société : tous les Français sont français, mais certains sont catholiques, d’autres pas. À l’évidence, ce principe nécessaire ne devrait pas concerner les langues minorisées qui, même en déclin sous les coups de l’universalisme abstrait, traduisent historiquement l’expression de sociétés entières. Dans ces sociétés-là, tous les Basques sont basques, tous les Corses sont corses. L’usage de ces langues devrait donc relever de l’usage social d’une liberté publique. Le fait que ces sociétés entières – appelons-les nations ou autrement ! – aient été largement francisées au cours de l’histoire de nos républiques ne modifie pas le rapport social à la langue des individus qui la parlent encore ou " y tiennent " pour des raisons familiales. Il s’agit bien de leur langue maternelle ou affective, exactement comme le français l’est pour d’autres. Le problème, on l’aura compris, est qu’il est constitutionnellement impossible de reconnaître qu’existent une société corse, une société basque, une société bretonne, dans la société française ! Les langues sont ainsi forcément réduites à des traits privés d’individus sans rapport à l’espace social.
Une deuxième confusion vient logiquement s’ajouter à ce qui précède, à savoir que les " langues régionales " seraient, comme les religions, rien moins que des opinions particulières. Partant de l’idée incontestable qu’une langue est toujours " plus qu’une langue " puisqu’elle exprime un système culturel et des manières de penser, etc., certains en viennent ouvertement à l’idée que le français, " langue de la révolution ", est en lui-même progressiste et laïque, alors que les " langues régionales ", attachées à des " sociétés archaïques ", n’expriment qu’un " repli ethniciste ". L’argument est fréquemment repris dans l’argumentation de la presse du CNAL ou de la FCPE . C’est très intéressant et révèle deux glissements sémantiques : premièrement, ladite " culture " portée par la langue française devient univoque (la Révolution, la République) et ignore qu’aux côtés de l’abbé Grégoire ou de Louise Michel, elle inclut aussi Gobineau et Brasillach – et donc le reproche fait aux " langues régionales " devrait s’appliquer au français, langue assimilable à une opinion ; deuxièmement, l’attachement de qualités intrinsèques à la langue française, quels que soient les contextes politiques et sociaux qui se sont succédé, est un raisonnement relevant du droit du sang parfaitement racial si ce n’est raciste. Ainsi, le français reste " progressiste " sous Napoléon III et Pétain, mais le breton reste collabo pendant la bataille du rail. On pointera dans l’argumentation ceux des autonomistes bretons qui ont aidé les nazis, sans voir que le même raisonnement appliqué à toute la France (largement pétainiste) devrait conduire à adopter… l’anglais ! Plus généralement, accoler des qualités intrinsèques à une langue n’est rien d’autre que reprendre les théories essentialistes du Volk.
Bien évidemment, une langue est porteuse d’un système culturel (ou de plusieurs, quand cette langue s’étend à d’autres sociétés). Mais un système culturel n’est, par définition, pas une opinion. Il inclut la vitalité intellectuelle d’une société entière, il inclut toutes ses opinions, il relève de l’espace social. Ce qui est vrai pour le français l’est tout autant pour le basque.
On retrouve certes ici l’imaginaire de la nation néojacobine, un imaginaire qui ne voit pas la communauté parce que c’est la sienne – la française –, qui s’identifie seul à la citoyenneté et repousse les autres dans l’ethnicité, mais qui simultanément ne considère " citoyen ", " politique ", " moderne " et " légitime " que ce qui est en français – à tel point qu’il a fallu la manipulation d’un article de la constitution française pour le préciser (cf. infra). Il s’agit bien d’un particularisme au pouvoir qui, classiquement, se nie dans un discours universaliste pour sa légitimation moderne. Ce type de discours laïque est une expression du nationalisme français. Alors que l’identité française (tiens donc !) est interpellée par la mondialisation, il s’agit de parachever la francisation de la France et de nier aux anciennes nations le droit à l’existence dans la République. Pour cela, il suffit de ne… rien faire ! Deux siècles après Grégoire, le simple refoulement des langues minorisées à l’espace privé suffira maintenant à leur disparition totale au cours des deux ou trois générations qui viennent.

L’espace social de la langue

Il convient ici d’ouvrir une parenthèse, car un certain autre discours se développe, à savoir qu’il faudrait " protéger les langues régionales ", mais hors l’école et l’État : si une langue a des fondements solides et est portée par une population, elle n’aurait pas besoin d’école, d’administration, d’hôpital, etc., pour vivre. Bien entendu, cela est partiellement vrai, mais à condition que demeure un espace social suffisant et pertinent, au regard des besoins sociaux de la population concernée, pour cette langue. Ainsi les langues polonaise et yddish en Pologne survivaient-elles, malgré la russification tsariste, parce que l’organisation socio-religieuse de la société (noblesse polonaise, Église catholique, villages juifs) dégageait cet espace. Si l’espace social pour une langue, au regard des besoins sociaux d’une population concernée, n’est plus suffisant ou pertinent dans un nouveau contexte, la langue reculera : si seule la maîtrise du français donne l’accès à la modernité et à la mobilité sociale dans un village, c’est vers cette langue que les parents dirigeront leurs enfants. L’argument pourrait du reste être retourné contre le français, capable de survivre avec la totalité de nos écoles en anglais… Or l’école n’est évidemment pas dissociable de l’espace social dans son ensemble : elle prépare au métier, elle influe sur la langue parlée à la maison, elle crée un sentiment de génération parmi les élèves, etc. Même si les associations militantes et les mouvements d’éducation populaire ont déjà montré qu’ils peuvent recréer partiellement un espace social pour les langues minorisées, l’école publique reste au cœur de toute problématique de démocratie linguistique.
C’est du reste bien pour cela que la crispation ne s’est pas faite sur la langue bretonne en elle-même, mais sur le principe de pratiques d’apprentissage du breton par immersion dans l’école publique. Le français étant constitutionnellement la langue de la République, il serait ipso facto la langue de la totalité de son espace social, et donc la seule langue utilisable à l’école pour les activités, à l’exception évidemment des disciplines linguistiques. On pourra bien sûr avoir une discipline scolaire de breton, mais pas question de manger à la cantine ou de faire des maths en breton. Or ceci est, effectivement, la question capitale, justement parce que les langues nationales minorisées ne sont pas des langues étrangères pour les populations concernées. On peut faire de l’anglais en tant que discipline, parce que cette langue est portée par des sociétés entières qui la pratiquent. Mais si on n’apprend plus le breton que comme discipline, alors que cette langue est chassée, en pratique, de tout son espace social en Bretagne même et qu’elle ne peut être sauvée par un espace étranger, alors cette discipline devient celle d’une langue morte . Les petits-enfants la parleront encore parfois avec leurs grands-parents, mais ne la parlent jamais entre eux puisqu’aucun espace social n’existe en pratique pour cela, et ne la parleront pas à leurs propres enfants. C’est pourquoi la problématique de défense et promotion des langues minorisées ne peut se limiter à l’introduction de disciplines scolaires : elle implique que l’institution scolaire elle-même permette qu’on la parle dans l’espace social, et donc qu’elle s’institue comme espace social. L’immersion est donc un impératif.
Alors ressurgit inévitablement la polémique sur l’unité de la République, sur l’enfant qui aura déménagé de Paris vers la Bretagne ou le Pays basque et qui ne saura pas la langue… Ces lamentations de mauvaise foi reproduisent en fait le discours de l’uniformité : on ne parlerait plus que breton en Bretagne, que corse en Corse (ledit " corse obligatoire " !), le pays serait éclaté, etc. Or rien ne s’oppose à ce que des moyens pédagogiques diversifiés répondent à des besoins diversifiés, avec des classes ayant une " langue-base " distinctes dans la même école, ou avec des écoles distinctes si le nombre des élèves le justifient, étant entendu que dans toutes on apprendra le français et que partout, à une distance raisonnable, il y aura au moins un établissement " classique ". Mais avant de se préoccuper du sort de l’enfant qui déménage, il faut fonder une politique éducative sur la base des populations majoritaires et résidentes, en fonction des besoins historiquement fondés qu’elles expriment. Or les besoins identitaires sont des besoins sociaux comme les autres. Refuser l’immersion et n’accepter les langues " régionales " que comme disciplines scolaires revient concrètement à les considérer comme des langues étrangères, à refuser de les appréhender comme des langues des sociétés de France, comme des langues de la République.
Il est piquant de constater que l’on s’inquiète d’une " discrimination " dont souffrirait l’élève non bascophone au pays basque, qui devrait s’inscrire dans une école un peu plus éloignée de son domicile alors que l’école pratiquant l’immersion est à deux pas de chez lui. Outre que l’on ne s’inquiète pas du tout de la discrimination flagrante à l’égard de l’enfant bascophone qui ne peut trouver une école d’immersion dans l’enseignement public, la supposée discrimination à l’égard de l’enfant non-bascophone qui devrait aller un peu plus loin, relève pourtant d’une situation pédagogique ultra-banale, quand des lycéens vont dans des établissements diversifiés en fonction de leurs options d’études. Mais la " communauté " des élèves ayant choisi l’option " musique " ou " sciences économiques et sociales " et ne pouvant par conséquent fréquenter un établissement proche qui ne les délivre pas, n’est pas remarquée, alors que celle apprenant le basque par immersion l’est. Tout cela est limpidement idéologique.

Immigrations prolétaires et multiculturalisme

Mais cela exprime aussi toute la différence avec la problématique pédagogique relative aux immigrations prolétaires. En effet, si l’on crée des écoles en basque, pourquoi n’en créerait-on pas aussi en portugais, arabe, turc ? Constatons tout d’abord qu’une telle demande n’est jamais avancée par les communautés concernées. Elle n’existe pas non plus parmi les éducateurs et enseignants intervenant auprès des milieux migrants, bien que tout le monde s’accorde sur le fait que l’apprentissage des langues et cultures d’origine (LCO) est un référent extrêmement favorable à la stabilisation de l’intégration à la France . Mais c’est justement cet accord général sur la nécessité de développer l’enseignement des LCO qui masque la spécificité à accorder aux langues minorisées historiquement présentes sur le sol de la République. Les langues minorisées ne seraient finalement que des LCO. Pourtant, le rapport à la société française des unes et des autres est totalement différent à plusieurs niveaux.
Premièrement, il ne faut pas se tromper dans l’analyse du sens des trajectoires identitaires portées par les immigrations. Ces trajectoires provoquent l’émergence d’" identités de transit ", dont l’une des plus connues est le phénomène " beur " : mais ces phénomènes relèvent justement de processus de déconstruction ethnique – qui évidemment prennent du temps – et non point d’ethnogenèse. Il peut y avoir une forte expression d’" identité " ethnosociale s’exprimant face à l’institution scolaire dans certains quartiers, rendant la vie impossible aux professeurs (cf. supra), elle n’en est pas moins, historiquement, parfaitement transitoire. Jusqu’à preuve du contraire, aucun phénomène tangible et durable de genèse de minorités nationales ne s’est fait jour. Certaines rares persistances communautaires ne sont pas non plus des ethnogenèses, mais des emboîtements d’identités Outre que les populations issues de l’immigration ne sont pas territorialisées comme le sont encore largement les anciennes nations minorisées, elles n’ont pas produit l’émergence de " conditions minoritaires stabilisées " (pour reprendre l’expression de Jocelyne Césari). Quoi qu’on dise, le sens est à l’intégration et même à l’assimilation.
Deuxièmement, il n’y a donc guère de sens à parler de " multiculturalisme " à propos de ces identités de transition. Le multiculturalisme suppose la coexistence de plusieurs systèmes culturels entiers, même s’ils ne sont pas nécessairement en relations égalitaires. Or, s’il est plus que certains que les immigrations prolétaires portent avec elles et font pénétrer en France des bribes des systèmes culturels d’origine et participent ainsi au mouvement général d’internationalisation de la société française, il n’en reste pas moins que leur vie sociale non territorialisée dans l’espace français interdit la reconstruction de systèmes culturels entiers – reconstruction qui, seule, fonderait un multiculturalisme en France. La question est ainsi la même que celle des ethnogenèses. Si multiculturalisme il y a dans notre pays – coexistence ou rivalité de deux systèmes culturels entiers –, c’est bien entre la culture latino-française et l’influence anglo-saxonne. Cela signifie donc très clairement qu’il n’y a pas de " société portugaise ", de " société arabe ", de " société turque ", de " société ouoloffe " en France, qui pourrait porter le besoin d’écoles entièrement en langue propre. Quand un petit Portugais sort dans la rue, il sort dans une rue française, structurée par une vie sociale française . L’espace social est bel et bien français – et j’emploie ici le mot " français " au sens identitaire, ethnique, historiquement produit, du terme.
Troisièmement, on le voit, la situation est complètement différente pour les nations minorisées historiquement présentes sur le sol de la République. Même si elles sont, en raison de la francisation portée par les Républiques, en crise identitaire plus ou moins profonde, en tant que nations elles gardent des traits de sociétés, sans la rupture, que l’on vient d’évoquer, entre la sphère privée du domicile familial et la " rue ". Si cette rupture surgit en raison d’une crise encore plus profonde, d’un recul encore plus poussé (où est l’Occitanie quand plus personne ne parle occitan ?), il n’en reste pas moins que ceux pour qui cette langue fait encore sens ont à elle le rapport social ordinaire d’un individu à la langue de sa société. L’histoire fait la différence : forte ou très faible, la place sociale du gascon en France ne sera jamais comparable à celle du turc. Les moyens pour parvenir à la démocratie linguistique et à la réalisation de l’égalité des droits culturels sont donc nécessairement distincts. Cultures d’immigration (dont survivent des bribes), comme cultures des nations minorisées, ont une dignité et des droits à défendre : mais les moyens pour les respecter et les promouvoir ne peuvent être identiques, noyés dans l’océan d’un multiculturalisme général.
Si l’on prend la République et l’égalité au sérieux, la crise profonde des nations minorisées de France, provoquée par la francisation, devrait ainsi impliquer d’aller au-delà de la réponse aux besoins pédagogiques encore " statistiquement " existants – combien d’enfants, indépendamment du désir de leurs parents, ont-ils encore réellement le basque comme langue maternelle ? –, en un devoir de récupération. Ce dernier n’est pas artificiel, car si la langue, même dans les régions concernées, n’est souvent plus réellement maternelle, elle reste encore fortement affective et inscrite dans tous les lieux de vie. L’immersion n’en est que plus déterminante. Quant au français, il ne serait pas enseigné, à l’inverse de ce que disent les laïques nationalistes, comme une " langue étrangère ". En effet, si j’insiste pour parler de nations à propos des nations minorisées (" régionalismes "), c’est pour des raisons historiques et présentes, mais cela ne saurait cacher qu’on a partout des phénomènes d’emboîtements identitaires : ce n’est pas parce que, ici, on ressent la nation basque qu’au même endroit, on ne ressent pas aussi la nation française, elle-même largement une nation de nations . Ainsi l’immersion n’" étrangériserait " pas l’enseignement du français : certes son horaire scolaire serait réduit, mais il disposerait tout autour de tout l’espace social nécessaire à le faire vivre comme une langue seconde (et non étrangère). C’est l’inverse qui n’est pas vrai, l’absence d’écoles par immersion faisant des langues minorisées des langues étrangères, en France et dans leurs propres terreaux historiques. C’est pourquoi l’immersion doit désormais, en quelque sorte, permettre de " forcer " la dose. Le reste n’est qu’hypocrisie pour mieux cacher l’imaginaire d’une France, nation simple faite d’uniformité française, et laisser faire le temps, c’est-à-dire la loi du plus fort et du marché, qui mène inéluctablement à l’anéantissement de langues non rentables.

Un étrange article 2

L’article 2 de la Constitution française, stipulant que " la langue de la République est le français ", voté comme amendement à une très forte majorité, illustre bien les glissements français : au départ il s’agissait de doter l’État du moyen constitutionnel de freiner l’avancée de l’anglais (une langue étrangère) en France même. C’est dans ce contexte aussi que fut votée la " loi Toubon ", pour empêcher des contrats de travail et des concours publics en anglais, pour éviter que des congrès scientifiques subventionnés par la France et se déroulant en France soient exclusivement en anglais, etc. Le débat ne portait absolument pas sur les langues minorisées (" langues régionales ") et l’on insista même sur ce point auprès de ceux qui faisaient pointer leur inquiétude…Près de dix ans plus tard, le bilan est accablant : la " loi Toubon " (contre les abus d’anglais) est largement inappliquée, et l’article 2 est systématiquement appliqué… contre les langues minorisées. Mais il est clair que c’est le contexte, autant que la lettre de l’article 2, qui a permis cela.
En effet, le fait que " la langue de la République soit le français " n’implique pas ipso facto que le français soit la langue unique de la République, et plus encore, non seulement de la République en tant qu’État, mais de la totalité de l’espace social de la République française, jusqu’aux cantines scolaires ! Il implique en revanche que partout on doit pouvoir être en mesure d’utiliser le français dans son rapport à la République (on devra donc pouvoir faire alphabétiser son enfant en français en plein Pays basque basconnant) et que seul le français fait légalement foi en cas de contestation légale. C’est du reste cette solution qu’utilisent les Asturies, c’est-à-dire une région d’Espagne au degré d’autonomie pourtant bien plus faible que celui accordé au Pays basque ou même à la Galice : les textes des collectivités territoriales peuvent être en bablé (asturo-léonais), mais seule fait foi la version castillanne en cas de contestation. Où est la destruction de la citoyenneté ?! C’est bien le contexte français et son imaginaire national qui provoquent l’interprétation extrêmement restrictive de la lettre de l’article 2 et interdit la réalisation de l’égalité des droits culturels.

Le nationalisme français contre la laïcité

Dans les textes des militants régionalistes exprimant leur colère à l’encontre du CNAL et associations affines, on retrouve très souvent des expressions assassines telles que " ayatollahs de la laïcité ", " intégristes de la République ", " laïques ultras ", etc. Elles démontrent que nombre de régionalistes souffrent paradoxalement d’une forte influence des idées qu’ils combattent. Stigmatisés comme différencialistes, ils acceptent finalement le stigmate. En effet, ces slogans signifient que les courants hostiles à la démocratie linguistique (CNAL, etc.) seraient " trop laïques ", seraient les " extrémistes " de la laïcité. Il faudrait donc être " un peu moins laïque ", faire des " concessions ", pour mieux défendre les langues minorisées. Ces régionalistes placent ainsi eux-mêmes le débat sur un plan de critique de la laïcité, dans lequel ils sont dans le fort mauvais voisinage de mouvements confessionnels ou lucratifs qui cherchent à profiter du marché ouvert par les insuffisances du secteur public.
Il en va exactement de même de la revendication du " droit à la différence " qui, satisfaite, ne pourrait concrètement signifier que la différence du droit. L’expression " droit à la différence " est typique d’un vocabulaire de vaincu : pourquoi serait-ce le Pays basque, et non point Paris, qui serait différent ? Ce dont il est question en termes de droits n’est pourtant nullement la " différence ", mais à l’inverse la réalisation concrète de l’égalité des droits dans l’espace de la République. Revendiquer que l’école publique assume la diversité des langues de la République n’est pas imposer une différence de droits mais rechercher une égalité entre tous les citoyens. Or la laïcité est inséparable de l’égalité. Elle est fondée sur l’idée que certaines caractéristiques des citoyens (confessions, engagements politiques) ne doivent pas entrer en ligne de compte dans le fonctionnement de l’État parce qu’elles remettraient concrètement en cause les conditions pour la réalisation de l’égalité : aligner l’école publique sur les valeurs catholiques serait une discrimination flagrante à l’égard de ceux qui ne les partagent pas. La laïcité n’est pas " neutre ", et n’ignore pas les différences entre citoyens, mais elle fonde l’unité sur l’égalité des droits dans la République. La possibilité d’être alphabétisé en langue " régionale " n’est pas un droit spécifique d’une " communauté ", c’est à l’inverse l’application de l’égalité des droits à tous les citoyens. Quand le CNAL refuse que des langues françaises autres que le français bénéficient de l’espace social de la République, il n’est pas " trop laïque ", à l’inverse il remet en cause l’égalité des droits, principe fondateur de la laïcité. Quand le CNAL rend synonyme réalités sociolinguistiques et communautés religieuses, il n’est pas " trop laïque ", à l’inverse il développe de toute évidence une conception religieuse de la question linguistique – sauf pour le français, évidemment. Ce qui caractérise le CNAL n’est ainsi pas du tout un hyper-laïcisme, mais à l’inverse l’abandon des principes laïques au profit du nationalisme français.
Plus généralement, il faut souligner que la recherche de la démocratie linguistique ne peut aboutir sans se situer résolument dans le cadre de l’aspiration à l’égalité. Il ne s’agit pas seulement d’une question de principe – importante – mais de la praticabilité d’une telle lutte. On ne mobilise pas des gens autour d’" exceptions culturelles ", mais autour de l’aspiration à une égale dignité et au progrès social dans un contexte donné. Cela est vrai pour les langues minorisées, mais l’est autant pour affronter l’identité hostile de ces " enfants de pères détruits ", de ces jeunes de seconde génération immigrée qui refusent ce que la France a fait de leurs parents.

Promotion sociale et promotion identitaire

L’école ne pourra jamais soigner la société de l’existence des classes sociales : pourtant c’est précisément ce dont souffrent les enseignants, qui cherchent désespérément à pallier les inégalités sociales et culturelles de leurs élèves. Les militants laïques, face à cette situation, ont été très attachés au caractère national des programmes et des diplômes, à une égalité dans l’exigence. S’il est évident que l’on n’enseigne pas de la même manière dans un collège des quartiers nord de Marseille ou de Montfermeil, et dans un " lycée bourgeois " de centre ville, en revanche il est indispensable que les objectifs soient les mêmes. Cela doit interdire les dérives du genre " programmes à la carte " et autre " autonomie des établissements ", tous concepts qui, concrètement, ne font qu’accompagner dans le secteur de l’éducation les principes libéraux du marché. En rester là revient cependant, une fois de plus, à confondre l’uniformité (" la même école partout ") avec l’égalité. On reste " coincé " entre le refus – indispensable – d’une école différenciée, selon les préceptes libéraux, en fonction des milieux sociaux, et une réponse qui présente de manière incantatoire une uniformité d’objectifs sans créer les conditions de leur réalisation.
Il faut partir des réalités, à savoir qu’en fait, l’école différenciée existe : les collèges dans leur majorité, et les LP de manière écrasante, sont l’école des enfants du prolétariat moderne. La crise vient précisément du fait que l’école différenciée existe, et non point du fait qu’on refuserait de la créer pour des raisons d’attachement républicain ! C’est de la " différence " que crève l’école ! Autant il faut donc réaffirmer l’impératif du caractère national des programmes et l’unité des objectifs, autant il faut se demander comment y parvenir alors que, de toute évidence, la simple incantation de l’uniformité ne suffit pas à produire des résultats.
Entre le différencialisme (qu’il soit ethnonational ou de classe) et l’incantation uniformisante, il ne peut y avoir qu’une problématique de mobilisation des élèves eux-mêmes, dans toutes leurs différences présentes, vers l’égalité des droits – en ce cas vers la réalisation des conditions permettant un succès scolaire de masse. Mais cela suppose que les élèves puissent prendre possession de l’institution scolaire, alors que tout est fait pour qu’il n’en soit rien. Il ne s’agit pas de rêver que la pédagogie puisse, en elle-même, résoudre les problèmes relevant des différences sociales entre élèves, mais de considérer la pédagogie comme un moyen de lutte. Cela est vieux comme Célestin Freinet, mais il n’y a pas de meilleur outil contre la ségrégation sociale que la classe-coopérative telle que les enseignants de l’École Moderne (le mouvement de Freinet) la pratiquent. Le fonctionnement quotidien de l’école est en effet, profondément et quotidiennement, anti-démocratique et infantilisant pour les élèves, d’autant plus qu’ils avancent en âge. Des pratiques pédagogiques fondées sur l’égalité – qui ne nient pas le rôle de l’enseignant adulte – sont le meilleur moyen de partir des différences des élèves pour les unifier vers la réussite. Le simple " traitement social " de la différence – cas actuel des Zones d’éducation prioritaire – ne pourra jamais être efficace si la structure même de l’école reste inchangée.
De ce point de vue, le problème est identique en ce qui concerne la défense des cultures minorisées et la promotion scolaire des élèves issus de milieux sociaux défavorisés. C’est l’aspiration à l’égalité qui permet le mieux l’expression des êtres sociaux dans toutes leurs différences. Quiconque aura vu le dynamisme culturel de certains petits villages ou d’associations basques comprendra qu’il ne s’agit pas seulement de l’affirmation d’une " basquitude " – même s’il s’agit aussi de cela – mais de l’affirmation, grâce à la basquitude, langage commun de ces habitants-là, d’une mobilisation sociale. Il ne s’agit en rien d’un " enfermement identitaire " ou d’un " repli ethnique " – reproche fréquent et paternaliste de gentils censeurs républicains (français) – mais du moyen trouvé, dans un contexte donné, par des citoyens, pour mieux participer à l’universalisme .
La censure du Conseil d’État contre l’intégration des écoles diwan au système public, à coup d’arguments tirés de l’universalisme le plus abstrait, est un échec pour la réalisation de l’égalité des droits. Elle a eu des effets dévastateurs immédiats au Pays basque, dans lequel un mouvement similaire de réunification dans le public était discuté par l’un des courants pédagogiques (les ikastolas du mouvement Seaska). Ce que ressentent les personnes concernées est que la République (française) n’est pas fiable, qu’elle ne représente pas l’idéal du bien public et qu’il vaut mieux faire sans elle. C’est cet universalisme abstrait-là qui provoque les véritables dangers de repli ethnique et pousse des jeunes vers ETA.
Seul un universalisme concret, mobilisé autour de l’objectif de l’égalité, et partant des vécus sociaux réels des gens, dans toute leur diversité, permettra de récuser tant le différencialisme que le paternalisme autoritaire de ceux qui confondent une identité particulière (française) avec l’universel.
De ce point de vue, il n’y a aucune différence entre promotion sociale et promotion identitaire, tant il est vrai que les besoins identitaires sont des besoins sociaux comme les autres. Seule l’aspiration concrète à l’égalité y répond conjointement. Et si ça s’appelait la République ?

Le 10 janvier 2002
Michel Cahen
Institut d’études politiques de Bordeaux


Michel Cahen, chercheur CNRS, est historien de l’Afrique contemporaine au Centre d’étude d’Afrique noire (IEP de Bordeaux). Ses travaux sur le continent noir et l’ethnicité l’ont mené à réfléchir plus généralement sur l’ensemble de la problématique identitaire et de son intégration à la démocratie politique. Dernier ouvrage paru sur le sujet : La nationalisation du monde. Europe, Afrique, l’identité dans la démocratie, Paris, L’Harmattan, 1999.

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- 2002-07-16

Roumanie

l'objet: La carte de la Roumanie
la date: Mon, 26 Nov 2001 18:50:14 +0100
De: arusu" Alexandru.Rusu@ens-lsh.fr
à: <ethnisme@ben-vautier.com>

Bonjour, je suis un étudiant roumain en géographie qui travaille sur les minorités ethniques de la Roumanie dans un contexte plus large, celui de la régionalisation de pays dans la perspective de l'intégration européenne. J'ai trouvé votre carte et je me permets de vous attirer l'attention, dans l'esprit le plus scientifique possible, qu'elle n'est pas complète et qu'elle comporte quelques fautes, probablement issues de la qualité des statistiques ou des matériaux que vous avez utilisé. Et ici je suis tout à fait d'accord avec vous qu'il est très difficile de trouver des statistiques impécables sur la Roumanie. Biensur on peut mettre sous le signe de la doute n'importe quel matériel statistique mais je suis sur que le plus viable jusqu'au moment est le recensement de 1992 et l' interprétetion des chifres de ce recensement présente une situation différente de celle de votre carte.

Tout d'abord une carte pareille, pour ne pas etre soumise à une crittique, devait se réaliser à une échelle communale, c'est à dire de reprendre les unités minimales de population et d'y calquer les données statistiques. A cette échelle départementale la carte que vous avez rédigé exclut le département de Satu Mare, dans le Nord-Ouest du pays, de la zone de peuplement hongrois et l'inclut dans celle de peuplement tsigane. Comme vous, savez sans doute, les taux de population hongroise varie significativement selon les départements. Seulement deux départements sont majoritairement hongrois, les reste ont des pourcentages variant de 6% à 45%. L'image qu'on peut avoir selon cette carte est celle d'homogéneité ce qui ne correspond pas avec la réalité. En plus le corridor qui relie l'Hongrie à la zone de peuplement hongrois est interrompu dans le département de Cluj par une bande de communes majoritairement roumaines. Je vous assure aussi qu'on parle l'hongrois au délà des Carpates dans des communes isolées où la population hongroise est assez représentative mais qui ne sont pas pasées sur la carte.C'est vrai, très peu communes. La Roumanie et nottament la Transylvanie ne doit pas etre régardée donc à l'échelle départementale à cause de brassages ethniques y produits dans des divers contextes de l'histoire. La seule échelle véritablement compréhensible est, je me repete, celle communale.

En ce qui concerne la minorité rrome, nommée aussi tsigane, elle se trouve plutot dans le sud de pays et non pas dans le nord comme vous présentez sur la carte. Elle est une minorité qui peut etre considérée à la limite comme concentré et dissipée dans la masse majoritaire roumaine. Il est vrai que les Rromes atteignent rarement la majorité dans des communes (presque insignificatif) mais il aussi vrai qu'on peut les trouver dans tous les départements de pays. Au moment où leur nombre ne dépasse pas 450 000 dans un pays de 22 milions et que leur communauté soit présente dans tout le pays, il est clair qu'il ne peut pas exister une zone où on parle la langue rromanes commevous présentez sur votre carte. Comme il n'existe pas une légende je ne peux pas me rendre compte quel serait le critère que vous avez choisi dans vos délimitations ethno-linguistiques:le taux de présence ethnique ? Vous avez utilisé un certain seuil ? C'est une reproduction ? Faute de légende on ne peut pas savoir.

Vous oubliez de passer les communes roumaines en Hongrie par exemple et la ligne de peuplement roumain en Ukraine doit etre raffiné, beaucoup de changements y se sont produits qu'on ne connait pas très bien.

En espérant que la vision que je vous ai présenté sur les découpages ethno-confessionels de la Roumanie vous servira comme support de reflexions dans vos démarches, je vous assure de mes sentiments les plus distingués.

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